Echos de la campagne pour
les législatives du 14 octobre 2007
Les partis et les candidats à l’assaut
des électeurs, film des meetings
08 octobre 2007
Ouverte depuis vendredi 28 septembre dernier, la campagne électorale
continue de battre son plein. Tout le pays est pris d’assaut
par les différents candidats. Caravane, meeting, réunion
de proximité, match de football etc. sont les stratégies
adoptées par les concurrents pour séduire l’électorat.
Et l’ambiance bon enfant qui règne jusqu’à ce
jour dans les villes et campagnes du Togo, démontrent
encore une fois la maturité politique des togolais malgré des
souvenirs douloureux liés aux différents scrutins électoraux
que notre pays a connu. Nos collaborateurs et notre partenaire
le journal Liberté se sont déployés à travers
le pays pour faire le film de ces moments de ferveur politique.
Ambiance
Le CAR dévoile les grandes lignes
de son programme
En cette première semaine de campagne électorale,
le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a organisé le
mercredi 03 octobre dernier une conférence de presse à la
Salle Kéran de l’Hôtel 2 février à Lomé.
L’objectif de cette rencontre avec la presse selon le
Président du CAR, Me Yawovi Agboyigbo dans son mot introductif, «est
de porter à la connaissance du public, les grandes lignes
du programme élaboré par notre parti pour le redressement
socio-économique du pays, à l’issue des élections
en perspective».
Il a ensuite évoqué les enjeux politiques du scrutin
du 14 octobre prochain et les positions du CAR par rapport à ceux-ci.
Par ailleurs, il n’a pas manqué de souligner qu’il
revient aux électeurs de dégager la formation politique
qu’ils jugent plus apte pour le pilotage de la phase prochaine
du consensus national concernant les questions délicates
que sont les réformes constitutionnelles et institutionnelles,
le règlement de la question de l’impunité et
la détermination des modalités d’apaisement
des victimes des actes de violence à caractère
politique du passé, avant de préciser que son parti
n’entend pas, à la suite des prochaines législatives
se prêter à une quelconque alliance de nature à compromettre
la volonté populaire, le consensus en cours et les chances
du redressement socio-économique du Togo.
Les grandes lignes du programme de redressement pour le Togo
proposé par le CAR, ont été présentées
par le Professeur Amégnizi Maurice Edorh.
A travers ce programme de redressement de la situation de notre
pays, le Comité d’Action pour le Renouveau propose
des solutions porteuses d’espoir pour les populations.
Par conséquent, l’architecture de ce programme
tourne autour de trois points à savoir : Les 10
projets prioritaires du CAR pour le redressement du pays ;
Mobilisation des ressources pour la réalisation des dix
projets ; Préalables politiques et institutionnels
indispensables pour la mise en œuvre des projets.
Parmi ces 10 projets prioritaires, le CAR, dans le cadre de
sa politique agro-industrielle entend mettre en valeur par la
création de Zones Vertes, les groupements à unités
autonomes et le recours aux techniques agricoles modernes, les
bassins des fleuves, rivières et toutes autres terres
fertiles du pays à des fins de lutte contre la pauvreté et
le chômage des jeunes.
Entre autres, le CAR entend faire de la jeunesse le socle
de sa politique de développement du pays en prenant des
mesures de revalorisation du sport et de la culture, de
promouvoir un environnement économique qui offre à la
jeunesse des opportunités d’emplois, et d’auto
emploi. Optant pour l’économie sociale de marché comme
stratégie de développement, il veut apporter son
plein appui aux différents domaines du secteur privé (commerce,
finance, microfinance, industrie, secteur informel, artisanat,
télécommunication, transport).
Concernant les préalables politiques et institutionnels,
le CAR estime qu’il importe que les prochaines élections
législatives se déroulent de façon consensuelle
conformément aux prescriptions de l’Accord Politique
Global.
Quant à la mobilisation des ressources pour la réalisation
des dix projets, le parti entend tout d’abord accroître
substantiellement le niveau actuel des ressources internes (fiscales,
douanières, portuaires ou autres) par des mesures visant à assurer
une application rigoureuse des textes en rigueur.
Faisant de la volonté populaire le fondement de l’organisation
politique de la société, le CAR entend promouvoir
les conditions politiques efficaces à l’édification
d’une société démocratique, paisible
et prospère.
La CDPA présente son Projet de Société aux populations
d’Akodésséwa
Lancée en campagne depuis le samedi 29 septembre dernier,
la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
du Prof. Léopold Mensan Gnininvi, continue à «cautiser» les électeurs.
Dans sa logique du rapprochement de la société le
parti a organisé le mercredi 3 octobre dernier à Akodésséwa
un meeting.
C’était l’occasion pour MM. Logo Tony
Apélété et Gokan Komlanvi, candidats de
la CDPA dans la commune de Lomé, de se succéder à la
tribune pour expliquer à la foule composée de militants
et sympathisants le contenu du programme de société de
leur parti.
M. Logo a d’abord fait l’historique du processus électoral,
et du combat démocratique qui a vu depuis la nuit
des temps la CDPA oeuvrer pour l’instauration de l’Etat
de droit. C’est ainsi qu’il a invité les
Togolais à ne pas être ingrats à l’égard
du parti dont le leader, le Prof. Léopold Messan Gnininvi
a tout donné pour l’avènement de la démocratie
au Togo. Celui-là qui n’a jamais baissé les
bras quand il s’agit de la cause nationale, a-t-il ajouté. «Les
voix de chacun de vous comptent. Elles permettront à la
CDPA de combler vos aspirations profondes pour lesquelles vous
vous battez depuis plusieurs années. Alors votez la CDPA
pour qu’ensemble nous libérions enfin l’avenir», a-t-il
souligné.
M. Gokan Komlanvi, quant à lui, est monté à la
tribune pour expliquer point par point les seize (16) promesses
inscrites dans le projet de société de la CDPA
qui sont entre autres : «Créer la richesse
et les emplois pour le développement du pays pour permettre
aux Togolais de mieux vivre; assurer la santé pour tous
et tout de suite en évitant aux compatriotes de mourir
de maladies que l’on sait parfaitement guérir ;
assurer l’éducation de base pour tous et améliorer
les conditions d’éducation et de formation», a-t-il
martelé.
Il faut souligner que c’est dans une ambiance de fête
que s’était déroulé le meeting pour
lequel les habitants d’Akodésséwa ont fait
le déplacement. «Nous faisons confiance à la CDPA
par rapport à l’intégrité de son
leader pour qui je ne trouve pas d’inconvénient à voter.
Il est toujours resté égal à lui-même»,
a témoigné un manifestant à l’issue
de la rencontre.
Le RPT en offensive de charme à Bè
Quelques jours après l’ouverture de la campagne
pour les élections législatives du 14 octobre
2007 prochain, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) à l’instar
des autres partis politiques en quête du suffrage des électeurs
est en offensive de charme. Après Agoè et Adéwi,
le samedi 29 septembre 2007, en passant par la place Anani Santos,
le lundi 1er octobre 2007, le RPT était, le mercredi
3 octobre dernier à Bè, sur l’esplanade de
la Cour Royale. L’objectif est de sensibiliser et
d’informer l’électorat sur la nécessité de
voter le maïs.
En effet, M. Bodjona Pascal a, dans son allocution insisté sur
le rôle du maïs dans la vie de l’homme: «Le
maïs symbolise la vie. Qu’on soit du RPT ou qu’on
vienne d’un autre parti et quelles que soient ses activités,
on a toujours besoin du maïs», a-t-il souligné.
Il a ainsi, et partout où il passe, appelé l’électorat à porter
massivement son choix sur les candidats du RPT afin que de ces
législatives triomphe le parti pour le bonheur de tous.
C’est dans une ambiance bon enfant de grand jour, entretenue
par la fanfare et des groupes folkloriques que les dix candidats
du RPT dans la commune de Lomé ont été présentés
aux populations ayant fait massivement le déplacement
de Bè. Pour les cadres du RPT, il est indispensable de
voter les candidats du parti afin de permettre à Faure
Gnassingbé, Président de la République,
de poursuivre sa politique de réconciliation dans la paix,
dans la sérénité et de reconstruction du
Togo. «Il en a besoin pour ses vastes chantiers de
développement pour une nation unie et prospère.
Il en a besoin pour la relance de l’activité économique,
pour l’accélération de la croissance, pour
le développement harmonieux du pays et surtout pour la
réduction de la pauvreté», a déclaré M.
Bodjona Pascal.
A l’issue de cette rencontre, certains électeurs
se disent touchés par les messages, à en croire
les témoignages recueillis. «J’ai été séduit
par le message. Il y a lieu de faire table rase du passé et
de faire face à l’avenir. Il faut reconnaître
que beaucoup de choses ont changé depuis l’avènement
du jeune Président. Aujourd’hui, il faut être
sincère, le RPT m’a séduit sur plusieurs
plans. D’abord le ton a changé ; en plus l’attitude
des responsables laisse présager un avenir plus radieux.
J’en tiendrai compte le moment venu», nous a
témoigné Kokou, un habitant du quartier apparemment ému
par les discours du meeting.
Le MRC très actif dans la conquête
de l’électorat
Meetings, caravanes et autres activités populaires ont
marqué les débuts de campagne électorale
chez les militants et sympathisants du Mouvement des Républicains
Centristes (MRC).
Après l’étape de Lomé où les
responsables du parti ont eu à dévoiler à plusieurs
endroits les grandes lignes de leur programme, les Centristes
sont actuellement à la quête de l’électorat à l’intérieur
du pays. Le mercredi dernier, le président national du
parti, Abass Kaboua et sa suite étaient dans l’Avé.
Ils ont animé un meeting à Noépé puis à Assahoun.
Partout où la délégation est passée,
le président national a axé son message sur
le slogan, «c’est l’Union qui fait la force» symbolisé par
le balai et délivré un message de paix, de réconciliation
et de non violence.
Ces rencontres ont également été l’occasion
pour le président du parti de présenter aux foules
enthousiastes les différents candidats qui représenteront
le parti lors des prochaines compétitions électorales
ainsi que leurs suppléants. Les populations sont de même
appelées à voter massivement les listes du MRC
qui promet de meilleures conditions de vie à tous. Le
parti compte lutter contre l’exorbitance des taxes municipales
dans les marchés qui pénalisent les femmes et faire
en sorte que les soins médicaux soient gratuits pour
les enfants et les femmes enceintes. La mise à la disposition
des agriculteurs des moyens de productions modernes et
l’amélioration des conditions des travailleurs togolais
font également partie du programme du MRC.
Hier, Abass Kaboua et ses compagnons sont allés porter
le même message aux populations d’Agou. Ce matin,
ils sont à Danyi et demain samedi ils seront à la
quête de l’électorat de Badou. Le dimanche,
la délégation retournera à Lomé pour
animer un grand meeting à Attiégou.
Dans la Binah, le préfet brièvement
interpelé
Lors des élections précédentes, les préfets
ont toujours joué un mauvais rôle en prenant fait
et cause pour un candidat. C’est l’une des raisons
fondamentales pour laquelle nombre de Togolais ont souhaité leur
remplacement en la faveur de l’Accord Politique Global
(APG) et du gouvernement d’union nationale. Mais contre
toute attente, le chef de l’Etat n’a procédé qu’à un
remaniement zonal en changeant uniquement les préfets
de la région méridionale. Quant à ceux du
septentrion, ils sont, à l’exception de celui de
la préfecture de Tône, maintenus à leur poste.
Entre-temps, le chef de l’Etat a réuni à Kara
tous les préfets pour leur enseigner l’art de servir
ses administrés et leur rappeler leur mission dans ce
processus de réconciliation.
Ne dit-on pas que «chasser le naturel, il revient
au galop»? En tout cas, le préfet de la Binah,
M. N’Faba M’Bigue, a fait montre d’un zèle
intempestif aux premiers jours de la campagne électorale.
Il se serait chargé de systématiquement faire
arracher les affiches de tout parti autre que le RPT. Plusieurs
sources concordantes indiquent que M. N’Faba aurait été interpellé par
la FOSEL, force chargée de la supervision des élections
et gardé pour quelques heures le dimanche dernier.
Après l’étouffement de ces sautes d’humeur
du préfet, tout serait rentré dans l’ordre
et aucun candidat n’est plus entravé dans l’exercice
de ses activités.
Comme au Togo la politique se fait tout en ayant les yeux rivés
sur les espèces sonnantes et trébuchantes, M. N’Koh
Julien, directeur de campagne du candidat Toumkame Similia Innocent
du CAR dans la Binah aurait retourné la veste et bat plutôt
campagne pour le RPT. Ce militant du CAR depuis de longues dates
se chargerait aujourd’hui de distribuer des billets de
banque pour le compte du RPT.
Dans la Kozah, le PSR empêché d’animer
un meeting au stade de Kara
A en croire les informations qui nous parviennent, les candidats
du RPT ont supplanté dans la Kozah tous les autres concurrents.
Des moyens colossaux sont mis en jeu et les voitures 4X4 ont
envahi les montagnes de la région. «On dirait
qu’ici, on achète les 4X4 à 20F»,
a déclaré un paysan. C’est une démonstration
de force de Kpatcha Gnassingbé, ministre de la Défense
et tête de liste RPT dans la Kozah. Malgré l’accident
de samedi qui aurait coûté la vie à sept
personnes et fait plusieurs blessés, il continue de mobiliser
avec ses moyens les foules. La campagne se déroule dans
un climat apaisé.
La seule fausse note est la discrimination dont a été victime
mercredi 03 octobre dernier le Pacte Socialiste pour le Renouveau
(PSR) de Me Abi Tchessa. Après une caravane dans les artères
de la ville de Kara, les candidats de ce parti ont prévu
animer un meeting au stade municipal. Mais arrivés sur
les lieux, ils ont constaté que le stade n’était
pas ouvert. Les tractations enclenchées pour avoir accès
au terrain n’ont rien donné. Ceux qui ont en charge
la gestion du stade ont tout simplement refusé de donner
la clé. Devant cette situation, les militants du PSR se
sont repliés sur l’Ecole Evangélique de Kara
ville où ils ont finalement tenu leur meeting.
Didier LEDOUX, Tora Tana, R. K, G.K.,
collaborateurs de Etiame.com
142 femmes sont en course pour les législatives
au Togo
Quelque 142 femmes sont inscrites sur les 395 listes de partis
politiques et d’indépendants en vue des élections
législatives du 14 octobre au Togo, a constaté APA
sur place. La Commune de Lomé enregistre le plus grand
nombre de candidatures féminines avec 41 femmes alors
qu’aucune femme ne s’est positionnée dans
les préfectures de Kpendjal, Binah, Blitta et Est-Mono.
Elles sont 12 femmes sur les listes de l’Union des forces
de changement (UFC), 8 sur les 104 candidats du parti Alliance
et 7 sur les 130 investis par le Pacte Socialiste pour le Renouveau
(PSR).
Le parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT),
a présenté 22 femmes sur 162 candidats, alors que
le Comité d’action pour le renouveau (CAR) en a
aligné 17. Les femmes sont également présentes
sur la centaine de listes indépendantes sur les 395 validées
par la Cour Constitutionnelle du Togo.
Les associations féminines considèrent cependant
que la présence féminine sur les listes demeure
faible. «A l’examen des listes, nous nous rendons
compte que les femmes représentent 10 % sur les listes
alors que nous pensions avoir une représentativité de
30 %», a réagi Kafui Kouwonou, responsable
du Groupe de réflexion et d’action Femmes, Démocratie
et Développement (GF2D), une association de femmes. «De
plus nous regrettons que ces 10% de femmes n’ont pas été bien
positionnées sur les listes des partis politiques et des
indépendants parce qu’on les retrouve en bas de
liste, ce qui ne leur facilitera pas la tâche»,
a déploré M. Kouwonou, rappelant que la question
du quota de candidatures féminines a été bien évoquée
dans l’Accord Politique Global signé entre les acteurs
politiques togolais et la société civile le 20
août 2006.
«Les parties prenantes au Dialogue se sont engagées à œuvrer
en vue d’assurer la représentation équitable
des femmes dans les processus électoraux et dans la
vie politique nationale. Dans cette optique, elles encouragent
les partis politiques à s’imposer un minimum de
candidatures féminines aux élections»,
lit-on dans l’accord.
Depuis l’indépendance du Togo en 1960, 693 députés
se sont succédé à l’Assemblée
nationale dont seulement 29 femmes. Elles étaient 6 dans
la précédente représentation nationale.
Les Togolais seront aux urnes le 14 octobre prochain pour élire
les 81 députés de l’Assemblée nationale.
Pour la première fois, le Togo a choisi un scrutin proportionnel
de liste à plus forte moyenne, avec la préfecture
comme circonscription électorale.
Source: APA
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