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- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Le Contrat Première embauche mort avant son application:
Fracture sociale, chômage galopant, mécontentement général, la chute du règne Chirac

Le bras de fer se poursuit en France entre pro et anti CPE depuis la promulgation de la très controversée loi sur l’égalité des chances qui comporte la clause du Contrat première embauche.

Même si la tendance est à l’accalmie depuis quelques jours, tout semble fait croire que le CPE est un contrat mort-né et le profil bas de Dominique de Villepin depuis que le dossier a été confié à la majorité parlementaire UMP, les déclarations de Sarkozy et de Accoyer appelant à une relecture de la loi, montrent clairement que les étudiants et les syndicats sont en train de remporter une victoire importante sur le chef du gouvernement, lequel va devoir revoir sa stratégie s’il compte se repositionner pour la présidentielle de 2007.

A l’origine était la crise des banlieues
La crise des banlieues de l’automne dernier en France a été révélatrice de la fracture sociale et du chômage chez les jeunes. Voulant profiter de cette crise sociale née des fracassantes déclarations de Nicolas Sarkozy, le Président de l’UMP qui stigmatisait les jeunes des banlieues presque tous issus de l’immigration en les taxant de «racaille», le Chef du gouvernement français s’est fixé pour objectif d’être le champion de la lutte contre le chômage. L’objectif est tout simple, dribler son rival et N°2 du gouvernement dont la côte de popularité, dans les sondages était au plus bas, pour se lancer dans la course à l’Elysée. Dans cette perspective, le Contrat nouvelle embauche (CNE), trouvaille de Matignon, a été ventilé comme la baguette magique qui endiguerait le chômage.

Dans les ANPE, l’office français du chômage, on procédait aux radiations de chômeurs afin de donner des chiffres avantageux de diminution du chômage tandis que le nombre de bénéficiaires des Assédic, le revenu minimum d’insertion augmentait, surtout chez les jeunes de moins de 26 ans. Voyant que la supercherie allait être découverte, Matignon sort à la mi janvier, le CPE qui sera à l’origine de la plus grave crise sociale, qui actuellement, secoue la France.

Depuis la présentation de ce contrat, les jeunes de tous les bords (étudiants, lycéens et chômeurs) ainsi que les salariés et les syndicats ont vivement manifesté leur mécontentement contre l’attitude de De Villepin de ne pas associer les partenaires sociaux aux négociations qui avaient accouché du CPE. Malgré les appels des syndicats et le risque de débordement qui pointait à l’horizon, le Premier ministre français était resté de marbre et Chirac son parrain, plus loin de la réalité quotidienne des français.

Chirac, de l’huile sur le feu
Des manifestations éclatèrent par les blocus des universités. L'intervention du Président de la République Jacques Chirac le vendredi 31 mars, loin d’apaiser les tensions, est venue comme de l’huile sur le feu.

Alors qu’on croyait que l’autorité suprême de l’Etat allait prendre la mesure de la situation pour appeler au dialogue social et mettre en veilleuse la loi tant controversée, Jacques Chirac promulgua le CPE, tout en demandant sa non application. Son appel à des modifications sur les deux points fondamentaux qui font l'objet des contestations à savoir la durée de la période d'essai qui doit passer de deux ans à un an et la proposition que les licenciements soient motivés, n’y firent rien. Pour beaucoup de français, leur président a manqué le coche et est resté en déphasage des problèmes quotidiens de ses compatriotes. Si d’aucuns ont même appelé à une démission de celui qui aura passé toute sa vie en politique, d’autres ont trouvé dans le discours chiraquien, une nouvelle façon du locataire de l’Elysée de se moquer du peuple.

Quoi qu’il en soit, l’image de Chirac et de son dauphin sort ternie de ce bras de fer et l’entêtement de l’exécutif français a permis de faire renaître des cendres, des syndicats qui longtemps, se cherchaient sans trouver des moyens de renaître.

Les syndicats ressuscités et déterminés que jamais
Le CPE a permis de redorer le blason des syndicats selon beaucoup d’analystes politiques. Alors qu’ils étaient incapables d’apporter des réponses claires aux licenciements au sein des sociétés EDF, HP et que la fusion de Suez et gaz de France sont comme des arêtes entre leur gorge, les principales centrales syndicales françaises sortent plus que revigorés de la crise du CPE et en font leur fonds de commerce. Toutes tablent sur le retrait en bloc du CPE qui doit être un préalable à toute négociation. Dans ce sens, Bernard Thibault le secrétaire général de la CGT a déclaré que rien n'a fondamentalement changé avec l'intervention de Jacques Chirac. Pour lui, son syndicat n'ira pas à la négociation du 5 avril voulue par les députés UMP qui entendent trouver un accord avec les partenaires sociaux. Son homologue de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly atteste que la proposition du chef de l'Etat était incompréhensible et inacceptable. Même son de cloche chez Rémi Jouan, le porte parole de la CFDT pour qui «la mobilisation reste vraiment nécessaire». Quant aux syndicats étudiants et lycéens, ils restent toujours dans la même posture de refus irréductible.

Nicolas Sarkozy qui est monté au créneau après l’intervention télévisée de Chirac, souhaite qu'un nouveau texte soit rédigé en accord avec les partenaires sociaux alors que son rival Dominique de Villepin ne veut pas entendre parler d'un nouveau texte qui pourrait ternir son image.

Pour éviter toute polémique et ne léser aucun des deux principaux responsables du gouvernement, le président de la République est intervenu à nouveau lundi soir pour demander que l'élaboration du nouveau contrat soit fait en tenant compte de l’ancienne mouture et en accord avec les deux présidents des groupes UMP à l’Assemblée nationale et au Sénat Bernard Accoyer et Josselin de Rohan.

D’ailleurs Bernard Accoyer a déclaré au cours d'une réunion des parlementaires UPM en présence de Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy que «l'ouverture d'esprit d'écoute dans laquelle nous nous trouvons sera bien entendu ciblée sur ce qui est notre feuille de route, c'est-à-dire les raisons de blocage actuel, c'est-à-dire aussi les moyens d'en sortir en écoutant nos interlocuteurs». C’est ainsi que dans une correspondance aux partenaires sociaux et aux syndicats étudiants et lycéens, il a précisé que le débat sera sans préjuger du contenu de la proposition de loi». Une manière de céder à la pression de la rue.

Galouzeau de Villepin, un entêtement jusqu’à la perdition
Le chef du gouvernement a été particulièrement rigide durant la crise du CPE. Décidé à poursuivre la bataille au regard de l'enjeu politique de cette crise, notamment les élections présidentielles de 2007, Dominique de Villepin n’a voulu écouter personne. Pour lui, il faut prôner le «pragmatisme» que «l'immobilisme» de ses adversaires et mettre en avant l’argument qu’il faut tout faire pour mettre fin à «la galère des 25% des jeunes qui ne trouveront pas de travail».

Ses propositions, loin de soulager les jeunes, avaient été rejetées par les partenaires sociaux, les étudiants et lycéens ainsi que les partis de gauche qui estiment qu'elles condamnent ceux-ci à la précarité.

Voulant passer en force son texte sur le CPE, il le présente à la mi janvier à l'Assemblée nationale pour son adoption. Celui-ci n'a d’ailleurs fait l'objet que d'une seule lecture à l'hémicycle et au Sénat. Ce qui a choqué ses opposants, notamment l’UDF (Union pour la démocratie française) qui a critiqué l'accélération du calendrier parlementaire. François Sauva, le porte-parole du parti centriste «trouve choquant de faire passer à la hussarde ce texte».
Devant cette vague de contestation un appel à la première manifestation pour le 7 février avait été lancé collectivement par les organisations représentant les lycéens, les étudiants et les salariés. Le succès fulgurant de cette manifestation qui s’est déroulée dans plus de 150 villes françaises, ne fera pas fléchir Dominique de Villepin. Il restera d’ailleurs sourd aux succès des mobilisations des 7, 14 et 28 mars ainsi qu’à la manifestation de plus de 3 millions de français dans les rues le 4 avril. Malgré ces signes forts, le Chef du gouvernement croit dur comme fer que son projet est le seul apte à apporter des solutions au chômage des jeunes français.
Face à une telle tension, les observateurs qui planchaient sur une probable démission du Premier ministre ont vite déchanté, car lors de sa conférence de presse du 6 avril, ce dernier a déclaré qu'il voulait mener jusqu'au bout la bataille pour l'emploi en ajoutant qu'il en avait pris «l'engagement auprès des français» et qu'il sera toujours «au rendez-vous des actes». Allez comprendre quelque chose…

L’UMP sort affaibli
Ce 10 avril et comme la plupart des observateurs s’y attendaient, un communiqué de l’Elysée d’abord, puis une déclaration de Dominique de Villepin annonce la mort du CPE. Avec un visage grave et une voix de stentor, le Premier ministre, jusque là intransigeant sur sa loi, annonce que le CPE est rentré dans l’histoire et qu’une nouvelle disposition allait être prise pour parier à la précarité des jeunes. Même s’il ne s’avoue pas vaincu, la majorité UMP a lâché le dauphin. Et celui-ci se retrouve à la croisée des chemins.

Une petite consolation tout de même, le dauphin chiraquien n’est pas le seul à avoir subi un revers. Son parrain élyséen qui, il y a 10 jours, avait promulgué la loi, en sort très abattu. Car si tout le monde sait depuis que Chirac n’a plus les moyens de la gestion de l’Etat, la crise du CPE est venue confirmer que le déclin est bien là et visible et que celui que beaucoup d’affaires de détournement et d’abus de biens sociaux ont éclaboussé durant ces 10 dernières années compte ses derniers jours de gloire.

En briguant la magistrature suprême en 1995, Chirac avait promis lutter contre la fracture sociale. Mais plus de 10 ans plus tard, le problème est toujours d’actualité à cause de la duplicité du langage d’un Chirac plus apte à soutenir les milieux mafieux et les dictatures africaines qu’à penser à alléger les souffrances de ses compatriotes.

Même si Nicolas Sarkozy tente de se soustraire de la gestion catastrophique du CPE, en tant que n° 2 du gouvernement, il en porte une lourde responsabilité. D’ailleurs, depuis le vote de la loi à l’Assemblée nationale, il n’a pas arrêté de lui apporter sa caution avant de commencer à la critiquer au regard de l’ampleur des contestations de rue. C’est dire toute la duperie et la duplicité d’un personnage qui s’illustre beaucoup plus par des déclarations à l’emporte pièce que par un réel engagement à dessiner les contours d’une politique volontariste qui inclut l’ensemble des différentes couches sociales de la population française.

La fin de l’ère Chirac pointe effectivement à l’horizon. Le dauphin peut, tout comme ses prédécesseurs Juppé et Raffarin, commencer à faire ses valises et à se reconvertir dans une autre activité, à moins de vouloir pour la première fois de sa vie, jauger sa popularité en affrontant l’épreuve du suffrage des urnes.

Rédaction Etiame.com

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