Législatives togolaises:
Les premières tendances pas avant
mercredi, la CEDEAO trouble-fête?
16 octobre 2007
Alors que les rumeurs vont bon train sur les éventuelles
fraudes en cours et qui seraient perpétrées par
le RPT (parti au pouvoir), la Mission d’observation de
la CEDEAO, comme à son habitude commence à faire
des déclarations intempestives et à créditer
le vote de dimanche.
Lors d’une conférence de presse
tenue à Lomé,
la CEDEAO observe que tout s'est déroulé dans l’ordre
et minimise les dysfonctionnements liés à la fourniture
en nombre de timbres des bureaux de vote, alors que les observateurs
européens affirment que ces dysfonctionnements auraient
privés au moins 5 % des électeurs à accomplir
leur devoir civique.
On se rappelle la précipitation de la CEDEAO en 2005 à apporter
sa caution au régime Gnassingbé lors de la boucherie électorale
présidentielle d’avril qui avait fait plus de 1000
morts, malgré les rapports alarmants de l’ancien
ministre de l’Intérieur François Boko et
sa demande d’un report du scrutin pour éviter le
carnage.
Aujourd’hui, la CEDEAO semble adopter le même profil
alors qu’elle aurait pu laisser la CENI finir la centralisation
des résultats et avoir l’avis des autres missions
d’observations avant de se prononcer.
Quoi qu’il en soit, les premières tendances des
législatives togolaises de dimanche ne seront pas connues
avant mercredi, la CENI voulant prendre le temps nécessaire
pour la centralisation des résultats et les vérifications
des procès verbaux des bureaux de vote.
Les opérations de centralisation des résultats
ont commencé à la Commission électorale
nationale indépendante (CENI) après le dépouillement
public effectué dès la fermeture des bureaux de
vote, a appris APA de bonne source.
«Il faut d’abord que les Commissions électorales
locales indépendantes transmettent les résultats
des opérations de dépouillement à la CENI»,
a précisé la source pour qui le scrutin s’est
déroulé sur l’ensemble du territoire sans
incidents majeurs.
Elle a tout de même reconnu la pénurie des timbres
d’authentification des bulletins de vote dans certains
centres de vote.
L’Union des forces de changement (UFC), le principal parti
de l’opposition togolais a indiqué par la voix de
son responsable de la communication, que la pénurie a été constatée
dans une dizaine de préfectures du pays.
«La CENI a trouvé une solution à ce problème,
nous avons demandé aux présidents des bureaux de
vote de continuer à faire voter les électeurs
sans timbre», a expliqué Olivia Amédjogbé,
membre de la CENI.
La Commission électorale nationale indépendante
a, dans un communiqué, demandé aux membres des
bureaux de vote de tirer au sort deux des leurs pour apposer
leurs signatures au dos des bulletins en lieu et place des timbres
d’authentification.
Plusieurs voix des togolais de l’extérieur notamment
celles du M05 (Mouvement patriotique du 5 octobre) demandent
une mobilisation contre toutes fraudes afin de barrer la route
au clan Gnassingbé qui veut se pérenniser au pouvoir.
Des associations de la société civile et des
militants des partis de l’opposition principalement ceux
de l’UFC sont visibles aux abords des locaux de la CENI
et de l’Hôtel de ville de Lomé. Ils entendent
faire pression sur Tozim Potopéré, président
de la CENI afin qu’il proclame les vrais résultats
sortis des urnes.
D’après des journalistes présents à Lomé,
même si la tension est perceptible et monte selon que la
rumeur de fraude se fait grande, aucun incident n’est pour
l’instant à déplorer et aucune mobilisation
de l’armée et des forces de sécurité visible.
Près de 3 millions d’électeurs ont voté dimanche
pour l’élection des 81 députés de
l’Assemblée nationale à l’issue d’un
scrutin qui a enregistré 2150 candidats inscrits sur 395
listes de partis politiques et d’indépendants.
Jules Symféïtchéou
avec APA
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