Togo: le
parti au pouvoir fondé par Eyadéma remportent
les législatives
18 octobre 2007
LOME (AFP) — Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)
a remporté les premières législatives pluralistes
depuis la mort en février 2005 de son président
fondateur Gnassingbé Eyadéma, qui fut maître
du Togo pendant 38 ans, mais le résultat a été contesté par
le principal parti d'opposition.
Dans le petit pays d'Afrique de l'ouest, dirigé depuis
2005 par l'un des fils du général Eyadéma,
Faure Gnassingbé, le parti au pouvoir a remporté la
majorité absolue au parlement avec 49 sièges sur
81.
Ces résultats provisoires partiels, annoncés mercredi
soir par le président de la Commission électorale
nationale indépendante (Céni), Tozim Potopéré,
doivent encore être définitivement validés
par la Cour constitutionnelle.
Malgré les satisfecit internationaux sur la régularité du
scrutin, les opposants de l'Union des Forces de Changement (UFC)
ont estimé jeudi que le RPT leur avait "encore une
fois volé" la victoire.
Ce parti dirigé par l'opposant historique Gilchrist Olympio
- fils du premier président du Togo assassiné en
1963 lors d'un coup d'Etat auquel participa Gnassingbé Eyadéma
- avait dénoncé dès mardi de nombreuses
irrégularités dans une lettre au président
de la Céni.
Pour sa première participation depuis 17 ans, l'UFC a
gagné 21 sièges, tandis que quatre ont été enlevés
par le Comité d'Action du Renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo,
l'actuel Premier ministre d'opposition.
Sept sièges restent à pourvoir pour deux circonscriptions
non encore dépouillées, notamment celle de Lomé où l'UFC
semble en position dominante.
Le parlement sortant était "écrasé" par
le RPT avec 72 sièges sur 81, l'opposition ayant boycotté les
législatives de 2002.
"C'est un test réussi pour le +vieux+ parti de ce
pays", commentait un observateur international après
l'annonce de ces résultats.
La participation a été extrêmement forte à 95%,
avec plus 2.820.845 votants sur 2.974.718 électeurs inscrits.
L'Union européenne, l'Union africaine (UA), la Communauté économique
des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) et l'Organisation
internationale de la francophonie (OIF), ont estimé que
le déroulement de la consultation avait été "satisfaisant" et "transparent".
Près de 3 millions de Togolais étaient appelés à départager
plus de 2.000 candidats de 32 partis ou indépendants dans
un scrutin de liste à la plus forte moyenne.
La veille du scrutin, le porte-parole du RPT Pascal Bodjona
avait prédit la victoire, en mettant en avant la politique
d'ouverture du président Faure Gnassingbé. "Notre
vision est claire: gagner avec une majorité absolue pour
permettre au président de poursuivre son travail",
avait-il déclaré à l'AFP.
Après une arrivée au pouvoir controversée
et violente en avril 2005 - les militaires avaient voulu installer
Faure Gnassingbé sans élection dans le fauteuil
paternel - le jeune président avait favorisé la
signature par tous les acteurs politiques d'un "accord politique
global" le 20 août 2006. Puis un vieil opposant, l'avocat
Yawovi Agboyibo, avait été nommé à la
primature en septembre 2006.
Jeudi, plusieurs journaux togolais, dont certains d'opposition,
ont salué la bonne tenue de ce scrutin. "Les Togolais
ont décidé dans la transparence de faire confiance
au RPT pour diriger les débats au Parlement", écrit
ainsi le journal Carrefour (proche de l'opposition).
Selon des observateurs, ces législatives ont dessiné la "vraie" carte
politique du pays: le RPT a raflé tous les sièges
(27) dans son fief historique du nord, tandis que l'UFC a enlevé la
plupart de sièges dans les régions centrale et
du sud.
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