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Législatives du 14 octobre 2007 au
Togo:
A vaincre sans gloire… ou le gangstérisme
d’Etat à relents ethno-tribalistes
09 novembre 2007
Le
vrai doyen de la presse togolaise, Kodjo Afatsao Siliadin alias
K.A.S suscite une fois de plus notre admiration à travers
ce diagnostic qu'il fait de la vie politique nationale. Il décrypte
l’actualité politique
et démontre à travers une analyse,
les méfaits du clan Gnassingbé au pouvoir après
les élections législatives du 14 octobre dernier. Plus que jamais,
il est temps pour les démocrates
togolais de se mobiliser pour l’avènement de l’Etat
de droit au Togo et de se méfier de ce qu'on considère sous le
label de "communauté internationale". Lecture...
Plus qu’avant, l’interpellation de la communauté internationale
et des grands pays: UE, UA, CEDEAO, PNUD, HCR, AI, USA, Allemagne
et France est pressante. Le Togo est plus que jamais menacé d’incertitudes
du lendemain.
Les résultats des législatives du 14 octobre 2007
au Togo sont connus. Mais le réalisme et le bon sens commandent,
eu égard à la tradition et au comportement du Pouvoir
togolais, de s’interroger sur l’authenticité,
la véracité et la valeur de ces résultats
avant tout euphorisme. Le laxisme, la corruption ou du moins
l’inexpérience au Togo de bon nombre d’observateurs,
la naïveté et l’engagement politique masqué de
nombreux d’autres, ont inspiré le sentiment de satisfecit
largement exprimé ça et là dès la
clôture du scrutin ce 14 octobre 2007 à 17 heures.
Juste après, le gangstérisme d’Etat du Pouvoir
togolais s’est révélé au grand jour.
La volonté exprimée par le peuple togolais dans
les urnes a été littéralement violée.
Résultat: voilà le Togo fissuré en deux,
arpentant une configuration drôlement entretenue, un tribalisme
néfaste pour le peuple togolais.
La presse privée, de façon aussi laxiste, s’est également
inféodée à une HAAC (Haute autorité de
l’audio-visuel et de la communication) politiquement engagée.
Bradant la déontologie de la profession, la presse a piétiné la
sacralité du fait, c’est-à-dire l’information
brute sortie de l’urne, en l’occurrence, le résultat
primaire contenu dans un procès- verbal (PV) du bureau
de vote (BV) régulièrement signé par l’ensemble
des membres du BV, au profit d’un «prétendu
code de bonne conduite» qui n’était en
fait qu’un musellement.
Enfin, dernier élément, le tribalisme mode Me
Agboyibo, Président national du CAR et Premier ministre
du Gouvernement d’union nationale, qui n’a d’ailleurs «d’union» que
celle que lui-même il entretient avec le RPT, aurait-il
pu ou pourrait-il contrebalancer ou rivaliser avec celui du Pouvoir
RPT mis en œuvre depuis près d’un demi-siècle?
Contre le tribalisme et la division du Togo en «Nord» et «Sud»,
que le pouvoir RPT développe depuis des décennies,
il n’a cessé de prôner l’unité nationale
et la réconciliation, comme le Président Faure
Gnassingbé vient encore de le préconiser dans son
discours post-électoral du 1er novembre 2007.
1- Les résultats traficotés d’un
scrutin apaisé
Il paraît paradoxal d’évoquer un scrutin
apaisé et des résultats traficotés. En effet,
au soir du 14 octobre 2007, la quasi-totalité des différents
groupes d’observateurs ont salué le déroulement,
dans un climat apaisé, du scrutin législatif au
Togo, fait rarissime dans ce pays. Ce satisfecit général
distribué à tour de bras par les observateurs a
choqué les Togolais qui connaissent bien leur pays et
la nature cynique des hommes qui le dirigent. La perplexité du
peuple togolais est d’autant plus grande que les observateurs,
par naïveté, inexpérience au Togo, laxisme
ou par corruptibilité, n’ont ni fait la nuance,
ni pris la précaution d’avertir les organisateurs
du scrutin et la classe politique togolaise que l’appréciation
portait seulement et exclusivement sur le déroulement
du processus électoral jusqu’à la clôture
du vote à 17 heures ce 14 octobre 2007 et que l’observation
se poursuivrait pour la suite des opérations électorales,
notamment le dépouillement et la proclamation des résultats
sur toute l’étendue du territoire togolais. Et en
fait, il a été clairement constaté que les
observateurs ont pratiquement débrayé dès
l’attribution des premiers satisfecit à la clôture
du vote. Seule l’UE laissera entendre lors d’un point
de presse mais de façon furtive que l’observation
n’était pas terminée. En outre, si les observateurs
s’étaient davantage attardés à la
tâche et avaient obtenu quelques procès-verbaux
(PV), cela aurait eu l’effet de dissuader le traficotage
ou le tripatouillage des résultats au niveau des CELI
lors des transmissions ou des recensements des résultats
de base. Tous ces aléas font douter de l’andragogie
des observateurs. Ceux-ci n’ont apporté aucun élément
pour situer les querelles de chiffres, de stratégies et
de méthodes.
Dans Lomé Commune par exemple, au moment où la
CELI affirme dans un communiqué «…il
a été décelé de nombreuses fiches
de résultats dont les bureaux de vote (BV) n’ont
pas pu être localisés car ne figurant pas sur le
fichier de la CENI», au même moment, la même
institution fait état d’urnes revenues au siège
de la CENI protégées de ruban adhésif non
réglementaire au lieu de scellés exigés
par les textes. L’UFC a noté 34 urnes non prises
en compte par la CENI. C’est donc dans cette confusion
que le Président de la CELI Lomé centre a sauté par
la fenêtre à la Mairie de Lomé, lieu de centralisation
des résultats de Lomé Centre. Il a été rattrapé et vu
avec des fiches de résultats dans les mains. Celui-là peut être
soupçonné d’être à l’œuvre,
en train de tripatouiller des fiches de résultats, soit
pour le changer, soit pour les rendre invalides, s’agissant
de Lomé considérée comme fief de l’opposition.
De tout cela procède l’ambiguïté du
rôle des observateurs. Leurs constats n’ont contribué en
rien au redressement des dérives. Dans le même
temps, certaines de leurs conclusions simulent l’approbation
des résultats avant même la proclamation de ceux-ci.
Ainsi, quelques membres de délégation de la CETA
(Conférence des Eglises de Toute l’Afrique) écrivent,
dans un article sur l’observation des législatives
togolaises du 14 octobre 2007 rendu public à Nîmes
(France) le 21 octobre 2007 ceci: «…Mais si
nous partageons l’avis des observateurs sur le déroulement
formel de ces élections, nous comprenons en même
temps la profonde frustration que nous avons ressentie chez tous ceux
qui notamment dans les rues de Lomé, se sentent
dépossédés d’une victoire qu’ils
avaient tant espérée et qu’ils sont certains
d’avoir obtenue…».
La question récurrente est de savoir pourquoi à chaque élection,
il est impossible de connaître le vrai résultat
sorti des urnes. Que dire des hommes qui puissent s’accommoder à chaque
fois de résultats frauduleux des élections?
2- La tare du Pouvoir RPT: la pratique d’un gangstérisme
d’Etat imparable et impénitent
Le peuple togolais a encore frais en mémoire les violences
qui ont émaillé l’élection présidentielle
du 24 avril 2005 et le fantastique hold-up électoral qu’elle
a constitué. Les forces armées togolaises et les
milices du Pouvoir RPT ont soumis le peuple togolais dans tous
les coins et recoins du pays à des violences inouïes.
Et sans aucun scrupule, le pouvoir RPT s’était adjugé le
résultat du vote des Togolais. Si tant était
que les tenants du Pouvoir RPT avaient le sentiment de
décrocher la victoire par les urnes, auraient-ils besoin
d’user de tant de violences que tout le monde avait déplorées?
Les Togolais ont encore bravé ce passé récent
et le sentiment de peur persistant pour exprimer massivement
leur volonté dans les urnes. Cette fois encore, des stratagèmes
ont été montés pour violer la volonté populaire.
Prétextant des intempéries et des inondations survenues
un peu partout au Togo, le Pouvoir togolais a systématiquement extorqué le
vote des citoyens par la distribution des vivres et de secours
aux sinistrés et aux populations en insistant que «s’ils
ne votent pas pour le RPT, ils reviendront».
Et lors des dépouillements du scrutin, le moyen a été:
achat de conscience pour tronquer les résultats, annulations
massives des votes favorables aux adversaires du RPT et tripatouillage
des fiches de résultats lors des recensements des votes
au niveau des CELI, tout y a passé. Les observateurs de
la CETA ont noté ceci: «…Dans une des
CELI dans laquelle nous étions, il a eu à un moment
un affrontement dont nous n’avons pas pu connaître
l’objet. Tous les membres de la CELI sont alors partis,
hors de vue des observateurs, dans un bureau à côté pour
discuter ou négocier ? Ils sont ensuite revenus et ont
repris l’enregistrement des résultats comme si de
rien n’était …».
Avant le scrutin, le RPT a ostensiblement fait obstruction à la
recherche d’une parade à la fraude. L’authentification du
bulletin de vote par la signature de deux (2) membres de chaque
bureau de vote (BV) désignés sur place parmi et
par l’ensemble des sept (7) membres a été rejetée
par le RPT. La solution d’un timbre autocollant a été retenue à 48
heures du scrutin. D’aucuns pensent que cette solution
préexistait et considèrent qu’il s’agirait
d’une complicité entre le facilitateur burkinabé et
les sommités du Pouvoir togolais, parce qu’il était
pratiquement et techniquement impossible d’imprimer ces
timbres et de les distribuer aux lieux du scrutin – c’est-à-dire
dans tous les bureaux de vote (BV)-avant le jour du vote. En
plus de cela, la distribution de ces timbres de façon
incohérente et disproportionnée eu égard
aux listes d’électeurs dans les bureaux de vote
(BV) bien connues de la CENI était également une
stratégie. Il s’était agi donc d’un
désordre créé et entretenu pour les besoins de
la cause.
Par ailleurs, il y avait l’accompagnement des électeurs
invalides, y compris les analphabètes pour le vote à bulletin
unique et par empreinte sur des symboles qui leurs sont peu communs
ou par signature alors qu’ils n’ont pas l’habitude de
signer. Tout cela a ouvert la voie à la fraude et
la porte aux allées et venues en toute liberté – surtout
dans la partie septentrionale du pays- au chef traditionnel
du coin ou à son représentant. Et comme ces personnages
sont souvent des gens acquis au Pouvoir et à son
parti, le RPT, l’indication du vote à ces électeurs
et à tous les autres était plus qu’évidente.
La déclaration des observateurs de l’UE a retenu
ceci: «…Les cas d’irrégularités
constatés ont généralement été attribués à des
interprétations maladroites des procédures dont
certaines n’ont été établies que très
tardivement et par conséquent mal assimilées. Le
principal problème observé est la manière
dont les dispositions sur l’aide aux personnes invalides
ont été interprétées dans plusieurs
bureaux de vote où soit l’accompagnement ne s’est
pas conformé aux dispositions sur le libre choix de la
personne aidée, soit il a été étendu
abusivement aux personnes non analphabètes…».
Il est donc caractéristique que le pouvoir RPT s’est
engouffré dans toutes les failles ou brèches contenues
dans le dispositif électoral. L’on comprend que
le pouvoir ait trouvé plus de facilité à prendre
le contrôle des bureaux de vote dans la partie septentrionale
du pays. En cumulant ces manœuvres avec la stratégie
d’annulation massive des bulletins votés UFC, l’on
obtient la configuration qui est donnée du vote sur le
territoire national. A vaincre sans gloire, le pouvoir RPT au
Togo s’accommode d’un Togo divisé en deux,
faisant de la partie Nord à dominance Kabyè et
autres ethnies apparentées – en instrumentalisant
tout simplement ces dernières – son fief et de la
partie Sud celui de l’opposition. Et ce même pouvoir
RPT au Togo se met sur tous les toits à travers le monde
pour prôner «la politique d’union et de
réconciliation nationale». Le Gal Eyadèma
a prôné cette même politique durant tout
le temps de son règne.
Cette politique de division du Togo en deux (2) régions
Nord-Sud antagonistes ne date pas d’aujourd’hui.
Le régime Eyadèma (père) a construit le
découpage électoral tant décrié aujourd’hui à ce
dessein. Et l’on considère que cette question du
découpage électoral dans le contentieux politique
togolais fait partie des concessions tacites faites par Me Agboyibo
pour se faire octroyer par le RPT la conduite du dialogue intertogolais
et celle du gouvernement d’union nationale. Ainsi ce dossier
a été royalement occulté. Or cette question était
d’importance avec celles de l’impunité et
de la réforme de l’armée qui auraient dû obtenir
des débuts de solution afin d’infléchir l’évolution
de l’antagonisme Nord-Sud avant l’adoubement
du pouvoir Faure Gnassingbé, au moyen de l’APG.
On a vu «la rage facile», c’est-à-dire
la sévérité avec laquelle la FOSEL a réprimé une
manifestation de l’UFC le 20 octobre 2007, sans scrupule.
Or, s’agissant de la FOSEL, le sens de la mesure devrait être
observé dans le comportement de ses éléments.
Il n’y a qu’à considérer la liste des
présidents des CELI qui ont conduit le scrutin législatif
du 14 octobre 2007, et depuis quelques mois, les recrutements
dans la Police togolaise, le recrutement dans les FAT pour se
rendre à l’évidence de l’ampleur du
tribalisme en cours au Togo. Il n’y a qu’à faire
le tour des services de l’Etat togolais pour s’en
convaincre davantage. Et cela au mépris de la compétence
et de la qualification. La résultante, l’administration
publique togolaise connaît une décadence prononcée.
Le rubicond vient d’être franchi en concoctant
l’hémicycle togolais composé de «députés
du Nord » pour le RPT et de «députés
du Sud» pour l’opposition avec comme toile de
fond un fort déséquilibre du découpage électoral
du territoire et des fraudes massives aux législatives,
autant de forfaitures à l’actif du pouvoir togolais
lui-même.
Le danger et les incertitudes pour l’avenir du Togo sont
donc en cours de montage par le pouvoir lui-même. Il faut
le souligner et le décrier fortement afin d’y remédier
par une prise de conscience et gouverner autrement le pays.
3- L’histoire se répète
Suite aux législatives de février 1994 qui s’étaient
soldées par un résultat de 36 députés élus
pour le CAR, 35 élus pour le RPT, 7 élus pour l’UTD
et 3 sièges invalidés, le RPT s’était
octroyé une majorité à l’Assemblée
nationale en achetant 2 élus du CAR, 1 de l’UTD
et en s’adjugeant plus tard les trois sièges
restants par des partielles auxquelles le CAR n’avait
pas pris part. En plus de ces manœuvres, le pouvoir
Eyadèma a nommé, contre toute attente, M. Edem
Kodjo comme Premier ministre. Suite à toutes ces
contorsions du RPT pour empêcher l’opposition
CAR-UTD de former un gouvernement, le Gal Eyadèma, Chef
de l’Etat, président fondateur du RPT s’était
donné une majorité avec l’UTD d’Edem
Kodjo. Le CAR avait alors boycotté l’Assemblée
nationale. Et pendant six (6) mois, le tandem Gal Eyadèma-Edem
Kodjo n’a pu obtenir la reconnaissance internationale pour
lever la suspension de la coopération intervenue une année
plus tôt, c’est-à-dire depuis le massacre
du Fréau jardin le 23 janvier 1993 pendant que le ministre
français de la Coopération, Marcel Debarge, et
le Secrétaire d’Etat allemand aux affaires africaines,
Helmut Schaeffer, séjournaient au Togo. Leurs témoignages
venant confirmer les rapports de violences au Togo, la
suspension de la coopération internationale a été décidée pour
déficit de démocratie. Voilà, cette sanction
pèse toujours sur le pays.
L’acharnement du RPT à desserrer l’étau
de l’opposition lors des législatives de février
1994 n’était que la suite logique du renversement
de situation qu’il tentait de faire depuis la fin de la
conférence nationale souveraine. L’on peut se rappeler
l’attaque contre la primature du Premier ministre de transition,
Me Joseph Kokou Koffigoh, les 28, 29 novembre et sa capitulation
le 03 décembre 1991. La prise en otage des membres du
Haut Conseil de la République (HCR) - le Parlement de
la transition- et de bien d’autres violences militaires à l’époque.
En dehors de cet acharnement militaro-politique et en dépit
de l’adoption d’une nouvelle constitution le 14 octobre
1992 par référendum, le régime Eyadèma
ne s’était pas abstenu de perpétrer des hold
up électoraux tant présidentiels que législatifs.
Les différents accords que l’opposition a pu conclure
avec le pouvoir RPT n’ont rien changé à sa
logique de tripatouillage des scrutins. Les accords paritaires
de Lomé, de Ouaga (I, II, III etc.) et plus tard
l’Accord cadre de Lomé en 1999. Le Togo en était
encore avec une Assemblée nationale monocolore, c’est-à-dire émanant
d’élections sans la participation de l’opposition,
alors que le chef de l’Etat lui-même s’était
de nouveau auréolé aux dépens d’une
victoire du parti de son opposant Gilchrist Olympio à l’élection
présidentielle de 2003.
Suite aux législatives du 14 octobre 2007, voilà le
Président Faure Gnassingbé en train d’emprunter
les sentiers battus de son feu père. Les résultats
marqués par des fraudes criardes, résultats que
le leader de l’UFC ne reconnaît d’ailleurs
pas, sont ses leitmotivs pour se lancer lui aussi dans une fuite
en avant. Au lieu de considérer objectivement, à l’aune «d’un
dirigeant nouveau, esprit nouveau», la situation créée
par les manquements du scrutin du 14 octobre 2007, il croit devoir
hausser le ton, en quelque sorte l’acharnement de son feu
père. Comme l’ont écrit les journaux de la
place, son discours postélectoral du 1er novembre 2007
a choqué et offensé le peuple togolais.
Le Président Faure Gnassingbé se fonde sur
les mauvais résultats des législatives du 14 octobre
2007 pour lui servir de support pour sa quête de la reprise
de la coopération internationale en comptant sur les loobies
de Bruxelles qui d’ailleurs n’ont jamais fait mystère de
leur activisme sordide en faveur du régime togolais.
Le Commissaire au développement et à l’action
humanitaire, Louis Michel, était déjà à l’œuvre
du vivant du Gal Eyadema. D’autres Chefs d’Etat,
comme l’ancien Président français Jacques
Chirac étaient des inconditionnels du pouvoir togolais. Si
bien que ces membres l’ONG, la CETA, ont pu noter
lors des observations du scrutin ce qui suit: «…Tous
les observateurs ont déclaré que le processus a
globalement été régulier. Il faudrait d’ailleurs
peut-être aussi s’interroger sur la marge réelle
de liberté d’un certain nombre d’observateurs
notamment ceux de l’Union européenne qui a énormément
investi dans la réalisation de ces élections et
qui attend de pouvoir enfin reconnaître un pouvoir légitime
au Togo pour reprendre la coopération interrompue
depuis plus de 10 ans…».
Un double sentiment tracasse le peuple togolais.
La récurrente question de fraudes électorales
et le gangstérisme d’Etat à relents ethno
tribalistes. Toute élection au Togo porte son lot d’irrégularités
et de fraudes. Le pouvoir RPT en place depuis plus de 40 ans
se rend lui-même auteur de ces irrégularités
et fraudes électorales. Il en résulte que la gouvernance
sécuritaire, la gouvernance économique et financière
et la gouvernance sociale du Togo sont des plus calamiteuses.
Quel est donc le gage de l’évolution démocratique
au Togo pour servir de base à une reprise éventuelle
de la coopération internationale? Faut-il reprendre
la coopération internationale et débloquer les
aides entre les mains d’un régime qui ne s’embarrasse
pas du gangstérisme? A titre d’exercice pratique,
faites-nous connaître l’état d’utilisation
des aides allouées au Togo au titre de l’organisation
des présentes législatives. Vous comprendrez la
gymnastique.
Au lieu d’une fuite en avant, le Président Faure
Gnassingbé et son parti le RPT seraient mieux inspirés
de chercher l’ouverture en acceptant un certain nombre
d’exigences de portefeuilles et de programmes à exécuter
que l’UFC qui est en réalité le parti
qui a remporté les législatives du 14 octobre
2007 lui soumettrait pour discussion.
Kodjo Afatsao SILIADIN
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