Formation du futur gouvernement:
Les togolais de Suisse se prononcent
sur les législatives et sur le futur gouvernement
19 novembre 200 7
La diaspora togolaise en Suisse s’exprime sur les élections
législatives du 14 octobre et la formation d’un
gouvernement d’union nationale avec la probable participation
de l’Union des forces de changement (UFC).
Léocadie Afi Souley, Lausanne
«Doe-Bruce Ruben: C’est clair que l’UFC ne va pas rester
dans une posture politique figée. Des populations ont donné mandat à des
députés de l’UFC, ils vont assumer leur mandat en siégeant.
D’opposition extraparlementaire, l’UFC va endosser l’habit
d’opposition parlementaire. L’UFC entend transformer cette Assemblée
autrefois qualifiée de mouton en une Assemblée véritable
où on voit s’animer la vie politique du pays». Lorsque
Me Adama Doe-Bruce tient de pareils propos, cela me donne envie de vomir. Certes,
l’UFC est le plus grand parti du Togo en terme de popularité,
mais je crois que politiquement ses dirigeants sont très nuls. Rentrer
au gouvernement pour quoi faire ? Et siéger au parlement pourquoi
faire ? J’ai parfois l’impression que l’opposition togolaise
joue avec le feu (RPT). Vivra verra !
Yves Têtê Houedakor, Berne
La fraude électorale organisée par RPT lors du
scrutin législatif du 14 octobre dernier met en cause
l’alternance politique au Togo. En réalité,
cette élection était une occasion pour le clan
Gnassingbé et son armée de rôder sa machine
infernale de fraude du régime mise en place par le clan
Gnassingbé avec la complicité de la communauté internationale.
Croyez-vous que le peuple soit dupe jusqu’à donner
la majorité des députés RPT à l’Assemblée
Nationale alors que ce même peuple attend toujours que
justice soit faite pour les crimes restés impunis lors
des présidentiels de février 2005 ? . Dans
le contexte actuel où la souffrance de la population ne
cesse de s’aggraver, je ne pense pas que le RPT soit la
marche à suivre. Selon, les résultats définitifs
proclamés par la Cour constitutionnelle donnant victoire
au RPT, tout porte à croire qu’on ne peut accorder
aucune crédibilité à cette institution.
Manifestement, je conçois mal l’entrée de
l’UFC dans un quelconque gouvernement dans la situation
actuelle car cela ressemblerait à une pure TRAHISON envers
le peuple qui a consenti un vrai changement au Togo. Le RPT a «gagné» alors
laissons-le gouverner. Pour ma part, on ne mélange pas
les torchons et les serviettes.
Eric Akoussan, Genève.
En se prenant au moins à deux fois pour donner les résultats
de ces élections, la CENI a prouvé encore d’une
part qu’elle n’est pas maîtresse d’elle-même,
et d’autre part que n’importe quelle élection
au Togo sous le règne des Gnanssigbé ne sera jamais
transparente.
Aujourd’hui et au vu des fameux résultats, le peuple
togolais a été une fois encore ridiculisé.
Politiquement il est vrai qu’un parti peut avoir des hauts
et des bas mais la réalité est que le RPT continuera
par diriger le pays comme il le souhaite. Pour ce faire je ne
crois que l’UFC, 2ème force (nombre de députés)
soit en position de force pour exiger des choses entre autres
la primature puisqu’avec sa majorité de 50 députés
le RPT est sensé appliquer son programme. L’UFC
a été toujours un champion des boycottes de tout
genre, aujourd’hui, je crois que l’honnêteté politique
de ses dirigeants voudrais que leur parti rentre au prochain
gouvernement car il est facile de toujours critiquer sans rien
proposer en retour. Il est facile à un spectateur de marquer
un but sur les gradins qu’à un joueur de le faire
sur le vrai terrain. Loin d’êtres des traites je
crois que Me Agboyibo et Pr. Gnininvi sont des joueurs du terrain
et ont fait leur devoir à un moment critique de l’histoire
du pays même si visiblement leur électorat n’a
rien compris. L’heure a sonné pour les cadres de
l’UFC de servir leur pays ou de continuer par servir leur
président.
Kodjo Amegoloe, Berne
Je pense que les dernières élections législatives
au Togo ont été une fois encore truquées
par le RPT. C’est devenu une habitude pour ce parti d’utiliser
tous moyens frauduleux pour remporter les élections.
Depuis les élections présidentielles de 1998 le
RPT a abusé de fraudes massives pour s’incruster
au pouvoir. Et très souvent les observateurs ont été complices
de cette situation. Le RPT est vomi par le peuple togolais et
cela n’est un secret pour personne. En ce qui concerne
l’entrée de l’UFC au gouvernement et sa participation
aux travaux de l’Assemblée nationale, je suis contre.
Qu’on soit logique avec nous-même. Comment volé (UFC)
et voleur (RPT) peuvent collaborer.
Georges Mabalo, Neuchâtel
Si le RPT était un parti politique normal, je ne vois
aucun inconvénient que l’opposition togolaise et
particulièrement l’UFC rentrent dans un gouvernement
de large union nationale. Mais nous sommes au Togo et tout le
monde connaît la force de nuisance du RPT. Depuis le processus
démocratique, il y a de nombreux morts du côté de
l’opposition. Aujourd’hui collaborer avec le RPT,
c’est une façon pour ma part d’oublier tous
ces morts pour le changement au Togo. Tavio Amorin, Marc Atidépé et
tous ces nombreux inconnus qui sont tombés sous les balles
de l’armée et de la milice du RPT. Je garde espoir
que tôt ou tard les choses changeront au Togo. Eyadéma
a fait son temps, aujourd’hui c’est fils Faure et
peut-être que demain ce sera le tour de son petit-fils
mais, les Togolais connaîtront la liberté.
Salifou Touré, Saint-Gall
Le Togo n’est pas la propriété privée
de la famille Gnassingbé. Comme un pays peut être
gouverné depuis 50 ans par une famille, un clan. Qu’avons-nous
fait au Bon Dieu pour mériter un tel sort ? Si l’UFC
veut rentrer dans un gouvernement RPT, c’est son problème.
Si l’UFC veut siéger à l’Assemblée
nationale c’est encore son problème. Mon avis ne
sera jamais pris en compte alors l’UFC est libre de décider
ce qu’elle veut. Si je peux me permettre, je demanderai
aux responsables de l’UFC de consulter ses militants avant
de prendre une quelconque décision. Pour voter, on demande
au peuple de se mobilier mais lorsqu’il s’agit de
participer à un gouvernement d’union nationale ou
de siéger à l’hémicycle, on oublie
un peu trop rapidement de consulter sa base.
Horace Bonaventure Yaovi Bankolé, Berne
Pour ma part je crois qu'il n'y a pas lieu pour l'UFC de se poser
la question de son entrée au gouvernement, car travailler
aux côtes de gens coupables de crimes de sang et
de crimes économiques très graves n'est pas la
meilleure manière de rassurer le peuple togolais, ni
la panacée pour la concorde nationale et le développement
du pays. Les responsables de l'UFC doivent être conscients
que ce n'est pas le moment de se faire les complices actifs du
RPT dans la mascarade électorale qui vient de se
dérouler comme ce fut le cas en 2005 et lors de l' APG ou
ils ont passé par perte et profit la mascarade électorale
et les 800 morts qu'elle a occasionné. Que
l'UFC médite cet adage qui dit: "A force d'avaler
des couleuvres, on finit par s'étouffer avec des boa"
Propos recueillis par Jean Salako
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