Affaire de coup d’Etat contre le pouvoir
de Faure
6 personnes incarcérées
sans jugement depuis 2005 voient leur santé se
dégrader
27 novembre 2007
Ils sont six personnes interpellées dans une sordide
affaire de coup d’Etat contre le régime de Faure
Gnassingbé. Ils s’agit en effet de MM. Hermes Waomédé da
Silveira, Président du mouvement «Alliance des
Patriotes pour l’Unité et l’Action» en
voie d’implantation au Togo, Tudzi Kossi représentant
de l’UFC à Koussountou (Kpalimé), Akakpo
Komi, Sergent à la retraite, Kpakpo Kodjo, Adjudant, Folly
Kodjo, Sergent, Amétépé Yaovi, Caporal-chef.
Tous croupissent depuis près de 29 mois à la Prison
Civile de Lomé sous le chef d’accusation de «tentative d’atteinte à la
sûreté de l’Etat». Une accusation
qui ne leur a été signifiée que lors des
enquêtes préliminaires et qui n’est point
confirmée ou infirmée par le juge d’instruction.
Et ce, depuis plus de deux ans.
En fait M. Hermes Woamédé da Silveira, le
présumé cerveau du complot fut arrêté depuis
le 8 juillet 2005 par les éléments de l’Agence
Nationale de Renseignements (ANR) qui l’ont gardé au
sein de leur service jusqu’au 25 juillet 2005 puis à la
Gendarmerie Nationale du 25 au 27 Juillet 2005, pour être
déféré à la Prison civile de Lomé.
Ils auraient passé des moments durs dans des conditions
inhumaines et dégradantes, à en croire des
témoignages.
Le présumé cerveau du complot était accusé,
selon des informations en notre possession d’être
de connivence avec Mgr Fanoko Kpodzro alors archevêque
de Lomé dans la préparation de ce coup d’Etat
contre le pouvoir de Faure.
Des sources indiquent qu’il est reproché à M.
da Silveira d’avoir hébergé le Prélat
dans son retranchement pendant qu’il était menacé et
le régime voyait en lui toute sa déstabilisation
au lendemain des élections présidentielles controversées.
Alors depuis plus deux ans de bagne des présumés
putschistes, force est de constater avec amertume qu’ils
n’ont jamais été jugés dans un Togo
qui se veut un Etat de droit. «Quelle abomination!»,
s’exclame un observateur attentif de la scène politique
togolaise qui qualifie cette arrestation d’arbitraire.
Les interventions sans cesse des organisations internationales
dans la protection des droits des prisonniers sont restées
vaines. «A notre analyse de la situation, il s’agit
purement et simplement d’abus d’autorités
dans un contexte de suspicion. Ils sont en réalité des
prisonniers politiques. C’est pourquoi, nous continuons à plaider
pour leurs causes et d’ailleurs, nous sommes
depuis longtemps rentrés en négociation avec
les autorités compétentes en vue de leur libération.
Mais il y a encore quelques réglages à faire au
niveau du Gouvernement», a indiqué une source
proche des organisations.
De nos investigations, il ressort que c’est maintenant
que le pouvoir judiciaire est à la recherche du chef d’accusation à formuler contre
les présumés. Il est établi aussi que le
tribunal s’est rendu compte trop tard de certains manquements
dans le rapport de l’enquête préliminaire,
bref, un dossier vide. Un dossier dénué de toute
substance pour inculquer les prévenus. «Maintenant
que les projecteurs de la communauté internationale sont
braqués sur le Togo, il serait de bon ton que les autorités
togolaises fassent preuve de sagesse pour redonner confiance
aux citoyens. L’heure n’est pas pour l’instant
favorable à un procès politique qui risquerait
de fragiliser davantage le pays», a expliqué la
même source humanitaire.
Il est aussi fait état de ce qu’il ne peut être
porté contre les présumés, l’accusation
d’atteinte contre la sûreté intérieure
de l’Etat. «Car dans ce cas d’espèce,
conformément au Code Pénal en ses articles 229 à 237,
il n’y a aucune raison de formuler cette accusation contre
ces six personnes. A moins qu’un miracle se
produise. Mais attention! Nous sommes au Togo et tout est possible.
Nous espérons qu’ils prendront conscience des risques
qu’ils courent pour ne pas aller sur ce terrain glissant.
L’heure est à l’apaisement; ils ont donc l’impérieux
devoir de revoir leur copie», nous a confié un
juriste que notre rédaction a approché lors de
se investigations.
Mais alors qu’est-ce qui entrave la relaxe des
présumés putschistes et considérés
par certains comme des détenus politiques? La question
reste posée. Si, selon des informations en notre possession,
une délégation des membres de la famille du présumé cerveau
a entamé des démarches auprès du Ministère
de la Défense et des Anciens Combattants qui aurait donné des
instructions au Procureur de statuer sur ce dossier, l’on
se demande la raison d’être des gymnastiques
qui maintiennent toujours des gens qui, depuis plus de deux ans
ne clament que leur innocence dans cette affaire.
Les détenus sont presque tous malades actuellement. Leur état
de santé se dégrade. C’est ce que l’on
puisse dire à cette étape de l’enquête.
Didier
LEDOUX
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