Annonce de l’exécutif togolais:
Un gouvernement qui clarifie le jeu politique
national
15 décembre 2007
Le gouvernement RPT-Mally, s’il n’a rien de particulier,
démontre enfin le visage de certains togolais tassés
dans l’ombre et qui ont longtemps floué les togolais
en se faisant passer pour le chantre de la démocratie.
Certains de ces individus, «révélés» par
la conférence nationale souveraine dont ils ont servi
de maîtres d’orchestre sont en fait de sous-fifres
dont le seul but était depuis longtemps d’assouvir
un désir personnel de pouvoir.
Et voilà, alors même que les togolais sont à un
tournant décisif de l’histoire politique de leur
pays afin de peser sur le régime Gnassingbé après
des législatives controversés et après des
erreurs politiques des opposants traditionnels, alors même
que l’on pensait qu’une prise de conscience des leaders
politiques allait empêcher le RPT de flouer l’opinion
par «son ouverture» qui s’assimilait
beaucoup plus à une cooptation pour légitimer un
système pourri, voilà donc que la logique de rigidité de
l’UFC vis-à-vis du RPT qui aurait pu aider certains à poursuivre
le combat pour un véritable Etat de droit, n’a pas
empêché des «affamés» de
pointer leurs assiettes devant la soupe servie par l’ennemi
d’hier.
Antoine Folly est la grande révélation de ce gouvernement.
Cet homme, qui hier encore se passait pour intègre, a
démontré toute sa bassesse en acceptant un maroquin
dans le machin de Faure Gnassingbé. Après des alliances
en tous genres avec des partis politiques comme l’UFC,
la CDPA, le CAR, l’ADDI et autres, alliances dans lesquelles
son parti l’UDS-Togo s’est toujours distingué avec
l’UFC comme le plus radical et le plus intransigeant sur
les manœuvres du RPT, on découvre un Antoine Folly
qui a envie de goûter aux délices des salons feutrés
de Lomé 2. Aisément, on peut comprendre que ce
monsieur qui galère dans sa villa presque tombée
en décrépitude à Adidogomé, (banlieue
ouest de Lomé), ait voulu se refaire une santé financière.
On n’oublie pas non plus ses déboires financiers
avec le régime Eyadèma lorsqu’il a été incarcéré à Adéwi
au camp de la gendarmerie pour des contrats douteux qu’il
avait passé avec Elom Dadzie alors ministre des finances
du gouvernement Edem Kodjo pour renouveler le parc informatique
de l’administration togolaise. En réalité il
n’a réalisé qu’une infime partie du
contrat qu’il a sous-traité avec deux Français
qui finiront par repartir alors qu’Antoine Folly avait
empoché des millions de Francs cfa. Furieux, Eyadèma
finira par le faire arrêter. Nous reviendrons largement
sur cette affaire qu’il avait de tenté de politiser
en vain à l’époque.
On comprend aisément que le Togo a encore du chemin à faire
pour arriver à bout de la dictature qui gangrène
tous les aspects de sa vie socio-politique et économique.
Gnininvi est incontestablement un cas. Il aurait dû, au
regard de son misérable score aux élections législatives
version RPT, se retirer pour repenser sa CDPA. Mais que nenni!
L’avidité et la soif de vouloir «récupérer
tout ce qu’il a perdu durant des années de lutte» ont
pris le dessus. Quel revirement à 180° pour celui
que l’on présente naguère comme un symbole
d’intégrité.
Aïdam Cornéluis? Il ne sert à rien de perdre
du temps à le décortiquer, vu qu’il est le
fruit de son mentor Edem Kodjo dont on connaît le zèle à faire
des génuflexions au clan Gnassingbé et à lui
cirer les pompes.
L’autre élément marquant de ce gouvernement
est le refus de Kpatcha Gnassingbé d’y participer.
Ceci pour la simple raison qu’il envisage prendre la tête
du RPT lors du prochain congrès et se mettre en position
de force pour évincer son demi-frère lors de la
présidentielle de 2010. Pour l’instant, la guéguerre
entre les «deux frères ennemis» n’est
pas finie, loin de là. A l’extérieur, le
gourou de la SAZOF fera plus mal que dans le gouvernement. Il
tisse sa toile d’araignée pour mieux cerner son
frère et le faire chuter au dernier moment.
En somme, le clan Gnassingbé fait, à travers
son «ouverture» du bien aux togolais en
leur permettant de trier les bons grains de l’ivraie ce
qui va favoriser l’émergence d’une nouvelle
classe politique.
La non participation du CAR et d’Agboyibo à ce
gouvernement ne signifie rien, si ce n’est que l’homme
de Kouvé s’est fait avoir en voulant composer avec
le diable. Il n’a eu que ce qu’il méritait.
Nous y reviendrons.
Jules Symféïtchéou,
Etiame.com
Liste complète du gouvernement Faure Gnassingbé:
1- Premier Ministre et chef du Gouvernement : Komlan
Mally
2- Ministre d’Etat, ministre de la Santé, Pr. Charles Agba
Kondi(ancien)
3- Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères
et de l’Intégration régionale, Pr Léopold
Gnininvi (ancien, change de portefeuille)
4- Ministre d’Etat, ministre de l’Administration
territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités
locales, Porte-parole du Gouvernement, M. Pascal Bodjona (nouveau)
5- Ministre de
l’Environnement, du Tourisme et
des Ressources forestières,M. Issifou Okoulou Kantchati
(ancien)
6- Ministre de
l’Economie et des Finances, M. Adji
Ayassor (ancien)
7- Ministre de
la Fonction publique, de la Réforme
administration et des Relations avec les Institutions de la République,
M. Foli-Bazi Katari (ancien)
8- Ministre du
Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat
et des Petites et Moyennes entreprises, M.Yandja Yentchabré (ancien-changé de
portefeuille)
9- Ministre de
la Coopération, du Développement
et de l’Aménagement du Territoire, M. Gilbert Bawara
(ancien)
10- Ministre de
la Sécurité et de la Protection
civile, Colonel Atcha Titikpina (ancien)
11- Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice, Biosse
Kokou Tozoun (Nouveau)
12- Ministre de
l’Action sociale, de la Promotion
de la femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes
agées, Mme Meimounatou Ibrahima (ancienne)
13- Ministre des
Enseignement primaire et secondaire, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle
et de l’Alphabétisation, Yves Madow Nagou (ancien-changé de
portefeuille)
14- Ministre de
l’Enseignement supérieur
et de la Recherche, Menssan Adimado Aduayom(ancien)
15- Ministre des
Postes et Télécommunication
et des Innovations technologiques, Kokouvi Dogbé (ancien)
16- Ministre des
droits de l’Homme et de la Consolidation de la
Démocratie, Mme Célestine Akouavi Aïdam
(ancienne)
17- Mnistre des
Travaux publics, des Transports, de l’Urbanisme
et de l’Habitat, Célestin Ekpawo Talaki(Nouveau)
18- Ministre de
la Communication, de la Culture et de la Formation civique, Cornélus Aïdam (Nouveau)
19- Ministre des
Mines, de l’Energie et de l’Eau,
Kokou Damédji (Nouveau)
20- Ministre de
l’Agriculture, de l’Elevage
et de la Pêche, Kossi M. Ewovor (Nouveau)
21- Ministre de
la Jeunesse, des Sports et des Loisirs,
M. Antoine Folly (Nouveau)
22- Ministre du
Travail et de la Sécurité sociale,
M. Octave Nikoué Broohm (Nouveau)
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