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Sans détour

L’heure du bilan

03 janvier 2008

Drapeau togolais«Tout désespoir en politique est une sottise absolue» (Charles Maurras, L’Avenir de l’intelligence)

Les fins d’années sont des moments par excellence pour faire l’état des lieux et lancer un nouveau chantier pour le futur. A tous les niveaux, on essaie de passer au peigne fin ce qui a marché et ce qui ne l’est pas; on reprend son agenda pour comptabiliser les succès et les échecs; on réexamine les calculs pour voir si une erreur ne s’est pas glissée quelque part; on fait des contorsions pour consommer le budget qui a été alloué; on se décarcasse pour combler le trou constaté dans la comptabilité… L’objectif est d’éviter toute surprise désagréable pour les jours à venir. Seuls nous, «roseau pensant», pouvons faire ce bilan au terme d’une année pleine de rebondissements. Mais à chacun son bilan.

En fait, l’année 2007 a été marquée dans notre pays par l’actualité politique. L’Accord Politique Global (APG) signé le 20 août 2006 à Lomé devrait être mis en œuvre avec l’organisation des élections législatives en juin 2007. Telle était la volonté du «fils de la nation» après qu’il eut reçu l’onction de «Saint » Jacques Chirac. Mais la situation était tout autre sur le terrain où la CENI a failli prendre une éternité pour se doter d’un règlement intérieur et trouver une solution à la question de la carte d’électeurs. Point n’est besoin de faire un come-back sur le dilatoire et les coups bas perpétrés par le RPT et ses satellites. Après plusieurs reports, les élections ont  pu finalement se tenir le 14 octobre 2007. Puisque le dossier togolais lassait la communauté internationale, tout a été fait pour l’évacuer. Les observateurs internationaux, toutes tendances confondues, se sont entendus pour regarder dans la même direction. Même si le découpage électoral a favorisé le RPT, il faut reconnaître que ce parti a réussi à séduire les représentants de l’opposition dans les Commissions Electorales Locales et Indépendantes (CELI) et dans les bureaux de vote. Les acrobaties qui avaient conduit à la nomination des présidents des CELI, n’étaient pas fortuites et n’avaient jamais ému les opposants au gouvernement. Aujourd’hui, le constat est là. Débâcle générale: le RPT prend tout.

Faisant son bilan à l’occasion de l’interview qu’il a accordée à notre confrère «Le Regard», l’ancien Premier ministre, Me Agboyibo, a fait croire qu’en dehors de la tendance qui lui était hostile au RPT, le leader de l’UFC a milité pour sa non reconduction. Mais les arguments avancés pour justifier la non participation du CAR au gouvernement sont tirés par les cheveux. Les Togolais n’ont sincèrement rien compris. A propos, n’est-ce pas au nom de la «haine politique» que certains Togolais ont été traités de «disciples de Barabas»? «Monsieur Gilchrist Olympio a eu la chance d’avoir bénéficié au Togo d’une onction populaire comparable à celle de Nelson Mandela en Afrique du Sud», dixit Me Agboyibo. Un discours qui contraste avec ses précédentes déclarations et les propos tenus par certains de ses militants lors du séjour à la cité OUA. Mieux vaut tard que jamais.

Quant au physicien de la CDPA, il a prolongé son séjour dans le gouvernement en quittant les juteux portefeuilles des Mines et de l’Energie pour le ronflant ministère des Affaires Etrangères où il n’aura qu’à défendre le pouvoir RPT. Avec zéro pointé aux dernières législatives, ce parti voudrait s’accrocher à la «main tendue» de Faure pour être visible sur l’aire politique togolaise. C’est la seule motivation et il est hors de question que les porteurs de seaux et de valises du professeur servent une autre version aux Togolais. Les arguments avancés par Logo Dossouvi, ont été forcés et ont par conséquent laissé les Togolais sur leur soif. Silence!

Avec ses 27 députés, l’UFC doit revoir sa stratégie politique et changer surtout de langage. «Fo Gil» et ses lieutenants doivent clairement dire aux Togolais ce qu’ils cherchent en se lassant dans la politique. Faire aussi un trait sur les contradictions dans lesquelles ils excellent.

Zeus AZIADOUVO (correspondant permanent à Lomé)


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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