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Faure Gnassingbé ou le pire pour l’avenir:

Les conséquences économiques d’une alternance volée au Togo

07 janvier 2008

Faure Gnassingbé le chef de la bande des voyous au pouvoirMalgré la reprise de la coopération avec l’Union européenne sans que le déficit démocratique ne soit soldé, la crise sociopolitique et institutionnelle du Togo va s’aggraver sur fond de crise économique. En fait, plus qu’une crise économique, il s’agit véritablement d’une crise de régime.

Dans l’hypothèse où l’alternance politique avait eu lieu le 14 octobre 2007 lors des législatives préconisées par l’Accord Politique Global, ainsi que les 22 engagements souscrits par le dictateur Eyadema à Bruxelles en 2004, la problématique de la dégradation économique du Togo serait déjà résolue de moitié, grâce à l’effacement de la dette publique extérieure. Une alternance politique après 40 années de dictature militaire, aurait pu être l’indicateur idéal de développement  assez encourageant pour inciter le retour des Bailleurs de Fonds internationaux au Togo.

 De plus, les nouvelles autorités politiques arrivées aux affaires dans notre pays par la voie de l’alternance issue des urnes, auront de quoi  attirer les hommes d’affaires, les industriels de tout bord et la diaspora togolaise dans le monde à venir investir massivement au Togo comme c’est le cas actuellement au Ghana et au Bénin. Mais en fraudant massivement pour conserver le pouvoir quoi qu’il arrive, le système RPT conserve par la même occasion, son boulet collé au pied, c'est-à-dire, son passif national qui est la dette publique totale qui est de 1,106.4 Milliards de francs Cfa en 2006 dont 840 Milliards de dette extérieure + 266,4 Milliards de dette intérieure. (Données de l’UEMOA / BCEAO avril 2007)

 En lieu et place d’un effacement de la dette extérieure, il s’agira malheureusement d’un simple allègement de la dette, du fait que l’alternance volée par le Rpt a coupé l’herbe sous le pied des décideurs au niveau des institutions financières internationales qui s’apprêtaient à nous accompagner sérieusement dans la recherche de vraies solutions pour notre économie. D’une façon réellement informelle, il faut savoir que l’alternance est généralement postulée comme l’unique condition non-négociable permettant l’effacement de la dette des pays pauvres.

C’est ainsi qu’il faut oublier l’effacement de l’ardoise nationale, en observant tout de suite que le taux d’allègement de la dette varie de 1,5 % à 3 %, et très rarement à 5 %. Dans l’hypothèse d’un allègement de 3 %, le cadeau qui sera fait aux autorités Togolaises serait de 25,2 Milliards de francs Cfa et la dette extérieure diminuera à  814 milliards. Si un allègement de 3 % ampute 25,2 Milliards de la dette extérieure, il faut noter qu’en 2006, le budget de l’armée était de 63,5 Milliards, soit plus de deux fois et demi l’allègement dont l’Etat Togolais pourrait bénéficier, alors que les intérêts de la dette s’élevaient à 14,2 Milliards de francs Cfa au cours de la même année.

Voilà en quoi la fraude électorale répétitive du pouvoir RPT pénalise tous les Togolais, dont deux sur trois vivent en dessous du seuil de la pauvreté, c'est-à-dire 3,5 Millions de Togolais sur un effectif total de 5 Millions d’habitants. Une pauvreté qui touche finalement plus de 70 % de la population. 3,5 Millions de Togolais vivent avec moins de 1 dollars par jour, c'est-à-dire, moins de 600 francs Cfa par jour pour survivre. 600 francs Cfa, c’est le prix d’une boîte de sardine au marché de Lomé, et vous n’avez pas encore payé le gari qui accompagne ces sardines. Dans ces conditions d’insécurité alimentaire, 3,5 Millions de Togolais ne mangent qu’une fois par jour.

Et pourtant, selon le RPT qui est responsable de cette misère, 2 Togolais sur 3 vivants en dessous du seuil de la pauvreté, ont accordé une majorité de 50 députés à ce parti ? Pour réitérer la même politique d’échec économique et de pillage des ressources de l’Etat.

Dans la situation actuelle, l’économie Togolaise ne s’en sortira pas débarrassée du poids de cette dette extérieure de l’ordre des 840 Milliards de franc Cfa + une dette intérieure de 266,4 Milliards. Soit, une dette publique totale de 1,106.4 Milliards pour un PIB de 1,153.8 Milliards de francs Cfa. Il n’y a aucune manœuvre pour s’en sortir, au constat de ce que représente cette dette qui est presqu’équivalente au PIB. Nous sommes pratiquement dans une condition de Non-Développement au Togo, c'est-à-dire, un développement zéro exprimé par l’équation suivante: PIB = Dette publique totale. Cela veut dire que l’ensemble des richesses produites serviront exclusivement à rembourser nos créanciers, le Togo ne réunit pas les conditions de base pour son développement économique et sociale.

Le rapport final des institutions de Bretton Woods est attendu prochainement. Il y aura bien des surprises à cet égard…

Encore, faut-il que les grands secteurs macroéconomiques de la production nationale soient en équilibre de fonctionnement au niveau des volumes d’exportation pour consentir des bénéfices nécessaires à leurs redressements structurels. Dans les coulisses du FMI et de la Banque Mondiale, les déceptions sont énormes au constat de la réalité de l’économie togolaise, dont au moins 3 banques nationales devront fermer les guichets en 2008 : BTD, BTCI, UTB. Ce qui a pour conséquence, des réformes draconiennes préconisées par ces deux institutions, qui de toutes les façons ne lâcheront pas les autorités togolaises corrompus qui mènent le pays dans l’abyme de la pauvreté extrême.

Les réformes macroéconomiques et structurelles, appuyées par un accord FRPC (facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance) en vue d’un allégement de la dette dans le cadre des PPTE ( pays pauvres et très endettés), sont des solutions soumises à une gestion rigoureuse des ressources nationales générées par les entreprises d’Etat, et la fiscalité au profit des salaires, du pouvoir d’achat des ménages, de la consommation, et de la croissance pour toute l’économie nationale.

Mais, comment faire? Pour que «dans le cadre légal de la loi», les réformes préconisées par le FMI et la Banque Mondiale apportent une telle croissance qui fait défaut au Togo, en vue du redressement de l’économie nationale afin d’endiguer cette pauvreté excessive ? Il est évident avant toute chose, qu’une nouvelle pratique dans la gestion des entreprises d’Etat s’impose à nos autorités corrompues. Ce qui est valable pour les entreprises d’Etat, l’est également au sein de l’administration publique, où la corruption et l’impunité règnent en norme de fonctionnement.

Comment réformer une fonction publique ethnique, une armée ethnique, une justice opaque, une économie clanique, un Etat voyou? Déjà que le RPT en tant que parti politique, n’est pas parvenu à ses propres réformes et mutations internes.

DES REFORMES ECONOMIQUES DANS QUEL ENVIRONNEMENT?
Toute la question reste posée en ces termes, avec la plus grande incertitude qu’une assemblée nationale à majorité écrasante RPT, un bureau de l’assemblée nationale à 100 % RPT, le président et les vices présidents de l’assemblée nationale RPT, un premier ministre RPT, un président de la République RPT, une armée ethnique RPT, les Directeurs des Sociétés d’Etat RPT qui feront tout pour que les recettes récoltées soient aussi colorées RPT. Ce «syndicat vertical RPT» composé d’une minorité issue de l’ethnie kabyè, qui  régente l’économie togolaise, loin d’attirer les investisseurs internationaux, demeure fondamentalement le cœur de la gangrène politique par l’incompétence et la pratique de la corruption.
Autrement dit, les critères de nomination à la direction des sociétés d’Etat et dans la fonction publique sont exclusivement basés sur l’appartenance à l’ethnie Kabyè du canton de Pya seulement, ou membre de la famille Gnassingbé par alliance: ce que l’opinion publique nationale désigne par le mot clan, en parlant du clan Gnassingbé.

Les bailleurs de Fonds internationaux ont mieux à faire au Bénin, au Ghana, au Mali et sous d’autres cieux Africains où fonctionnent la démocratie et l’Etat de droit pour le développement et le bien être des populations. Ce schéma n’est pas encore compris, ni intégré dans les mœurs et pratiques politiques au Togo, où l’impunité est la norme de fonctionnement, c’est à dire un pays où le droit n’est pas appliqué, où la justice est aux ordres. Comment seront réglés les litiges commerciaux? De quelles manières seront garantis les contrats internationaux? Quand les tribunaux sont aux ordres du clan Gnassingbé?

Que faire dans les secteurs prioritaires de l’éducation, la santé, l’énergie, les transports? Qui font partie de l’économie non-marchand, c'est-à-dire, des domaines intermédiaires  non-productifs où l’Etat investit sans retour ? Alors que dans le même temps le FMI et la Banque Mondiale exigent des résultats immédiats ? Une autre urgence est de payer les arriérés de salaires et ceux de la dette publique extérieure qui sont énormes.

Disons tout simplement que nos autorités sont en train de payer la facture salée de leur folie criminelle de prédation de l’économie togolaise qui dure depuis 40 années, c'est-à-dire : l’abattage des entreprises d’Etat, OTP, OPAT, SOTOCO, Hôtel de la Paix, la raffinerie de pétrole etc. Les réalisations arbitraires dont l’aéroport de Niamtougou, les hôtels sans touristes, le grand marché de Hédjranawé sans affaires, l’entretien des milices, le trafic des armes, de la drogue, les milieux mafieux financiers de business illicites au port autonome de Lomé et dans les ambassades du Togo…..

Ce pouvoir sera très vite rattrapé par la réalité économique qui est une question de résultat et non du brassage du vent. Le petit personnel politique RPT aux affaires dans notre pays est tout simplement victime de son ignorance.

Le projet de budget 2008 est fixé à 572,79 Milliards de francs Cfa, contre 259,6 Milliards en 2007, et 254,1 Milliards en 2006, c'est-à-dire plus de la moitié de la dette publique totale (1.106,4 Milliards), et du PIB (1,153.8 Milliards). Surtout, ce budget a doublé par rapport à 2007 et 2006.

Tandis que les ressources de l’Etat sont estimées à 265,17 Milliards, les dépenses publiques se chiffrent à 307,62 Milliards,  avec un déficit de 42,45 Milliards. Cependant, rien n’indique la répartition des recettes c'est-à-dire, fiscales et non fiscales par rapport aux ressources annoncées, afin de distinguer ce qui vient de la fiscalité, des sociétés d’Etat et du secteur des services. Aucune compréhension par rapport au terme de recette interne, utilisé par la pouvoir dans l’annonce de ce budget.

Comme à l’accoutumée, l’armée absorbera le quart des 572,79 Milliards du budget général de l’Etat comme en 2006, et 2007, c'est-à-dire 143,19 Milliards sans être un secteur productif pour l’économie nationale, c’est là le drame togolais! Car cela représente plus de la moitié des ressources de l’Etat qui est de 265,17 Milliards. L’éducation nationale, la santé publique et autres priorités suivront loin derrière pour se partager les miettes selon l’ignorance qui caractérise depuis toujours ce système dictatorial au Togo. On a l’impression que le Rpt ne découvre le fonctionnement de l’Etat qu’en 2007, alors qu’il est aux affaires depuis 1969, l’année de sa création.

Une bande de 250 à 300 aventuriers corrompus et incompétents, immensément riches aux dépens de l’Etat dont l’échec est nettement visible partout au Togo, s’appuient sur une armée de 15.000 hommes pour appauvrir 5 Millions de Togolais dans leur propre pays, c’est inacceptable!!!

Tido BRASSIER – Paris, le 2 janvier 2008


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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