Evincé du gouvernement Faure Gnassingbé:
Gilbert Atsu ou la chute d’un arriviste
15 janvier 2008
Le jeudi 13 décembre dernier, le gouvernement du Premier
ministre Komlan Mally, a été rendu public. La
grande surprise fut le resserrement de l’équipe
gouvernementale qui passe de 34 à 21 et l’éviction
de Kpatcha Gnassingbé. Mais s’il y a un départ
dont on ne parle pas beaucoup, c’est celui de l’ex-Secrétaire
d’Etat chargé de la Promotion des Jeunes, Gilbert
Atsu.
Le patron de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) qui a été laminé dans
sa préfecture natale (Wawa) lors des législatives
du 14 octobre, a été évincé du gouvernement.
C’est à croire qu’il a fini de remplir sa
mission, celle de promouvoir les jeunes togolais. «Des
actes concrets du Secrétaire d’Etat, je peux citer
le lancement de l’élaboration de la politique nationale
de la jeunesse: c’est un document de base qui va orienter
toutes les actions à mener en faveur des jeunes. Un fonds
d’appui aux Initiatives Economiques des jeunes est déjà disponible.
Il ne reste que les modalités de son utilisation qui sont
en train de se mettre en place. Et bien d’autres initiatives
en faveur des jeunes dont je me garde pour le moment de parler,
mais que vous aurez à apprécier très bientôt»,
glosait à l’époque Richard Nyahoho, l’un
de ses fidèles.
Pioché en 2005 pour «enjoliver» un
tant soit peu le gouvernement de M. Edem Kodjo, Gilbert
Atsu a dirigé ce portefeuille créé à sa
mesure jusqu’à la signature de l’APG. Il était
le seul à ne pas connaître de promotion lors de
la formation du gouvernement Agboyibo. Maintenu à son
poste, il n’a posé aucun acte d’envergure.
Il est devenu après le crash de Lungi l’un des plus
médiatiques des ministres. Et pour cause, il a assumé l’intérim
du ministre de la Jeunesse et des Sports. Cependant; il n’a
pas pesé lourd dans la crise qui a éclaté à la
Fédération Togolaise du Football (FTF), laissant
toutes les initiatives au Président du Comité National
Olympique Togolais (CNOT). Son séjour sud-coréen
dans le cadre de la Coupe du monde des cadets n’est pas
exempt de reproche. Il n’a pas su régler les petits
problèmes qui enrhumaient les relations au sein du staff
technique des Eperviers. Pire, après la Coupe du
monde, certains journaux ne cessent de l’accuser d’avoir
gardé par-devers lui des équipements appartenant
aux Eperviers.
Utilisé pendant plus de deux ans par Faure, le détenteur
de la ceinture noire en Taekwondo a été jeté dans
la poubelle comme du papier hygiénique. Son portefeuille
a été complètement ignoré dans l’actuel
gouvernement. C’est au moment où la jeunesse devrait
avoir une place de choix dans les politiques de développement
qu’il a été remercié.
En effet, des jeunes issus de tous les partis politiques de
l’opposition se sont retrouvés en 2003 pour porter
sur les fonts baptismaux la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP).
Cette association avait pour but de venir en appoint aux partis
dans la lutte pour l’instauration de la démocratie
et d’un Etat de droit au Togo. Cette initiative était
saluée par nombre de Togolais et des bonnes volontés
de la diaspora n’hésitaient pas à les soutenir.
Mais quelques mois ont suffi pour se rendre compte que la NDP était
une association de jeunes chômeurs en quête du bonheur.
Certains sont partis loin en déclarant la guerre à leur
formation politique originelle en exigeant des réformes
tous azimuts. En cas de refus de l’instance dirigeante
de leurs partis de s’exécuter, ils ont annoncé en
cascade leur démission. Entre-temps, des informations
faisant état des accointances entre le président
de la NDP et Harry Olympio qui négociait une audience à Lomé II
pour le mouvement estudiantin conduit à l’époque
par Jean-Paul Oumolou, ont failli créer des problèmes
au sein de l’association. Il est aussi accusé de
gestion opaque et dictatoriale par certains membres du bureau.
Ce qui amena Justin Yidi et les siens à emporter une côte
de l’association qu’ils ont transformée plus
tard en NDPD, comprenez Nouvelle Dynamique Populaire Démocratique.
Après moult soubresauts, celle-ci est devenue parti politique,
très proche du CAR.
Quant à la NDP de Gilbert Atsu, elle a fait son chemin.
En 2005, elle a surpris plus d’un en rendant public un
singulier sondage qui faisait du Prof. Gnininvi le candidat de
la Coalition à l’élection présidentielle
de 2005. Ils ont failli même en venir aux mains avec les
militants pro Bob Akitani parmi lesquels se trouvait un certain
Dosseh-Anyron. Pourtant, les deux se sont retrouvés plus
tard dans le gouvernement Kodjo. Une collaboration qui a mis
en courroux d’autres membres qui ont préféré prendre
la tangente.
Devenu Secrétaire d’Etat, il transforme sa miette
d’association en parti politique pour aspirer les voix
de l’opposition lors des élections législatives.
En mission commandée, il réussit, comme les autres
formations créées de façon sauvage, à positionner
des candidats dans certaines préfectures. Le chef même était
candidat dans le Wawa et n’a pas pu faire le poids en face
des concurrents de l’UFC et du RPT. Tombé «gboya» comme
le patron de la CPP, il a cru continuer l’aventure gouvernementale
avec le boycott de l’UFC et du CAR. Mais c’est compter
sans la détermination de Faure de mettre fin à la
comédie qui a consisté à nommer ministre
n’importe qui. La mission de promotion des jeunes est-elle
donc terminée avec le départ de Gilbert Atsu et
la disparition de son Secrétariat d’Etat? Tout porte à le
croire.
R. Kédjagni
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