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Appel à la
jeunesse togolaise
15 janvier 2008
Feu DJOBO Boukari, paix à son âme, s’était
adressé en 1991 par lettre depuis New-York à ses
pairs leaders de l’opposition togolaise en ces termes je
cite: ``Il faut pour notre pays un changement profond et radical;
ce que je sais de ce régime et de son chef, tant que vous
n’aurai pas mobilisé le peuple et le moment venu
choisir un seul et unique candidat pour s’opposer au chef
de l’Etat actuel à une élection ce sera peine
perdue.’’fin de citation. Malheureusement cette prophétie,
depuis la révolution du 5 octobre 1990 et 10 ans après
l’illustre disparu, reste d’actualité; au
jour d’aujourd’hui nous sommes restés au point
de départ.
Le 22 août 2003, après l’élection
présidentielle du 1er juin 2003 j’avais écrit
un article qui avait été publié sur le
site diastode.org et qui était intitulé: ``Pour
le Togo qui se meurt j’accuse``. Et bien, même aujourd’hui
je continue de dire: pour le Togo qui se meurt mon accusation
persiste et de plus en plus implacable. Dans cet article j’avais
ressorti les tares des principaux leaders de l’opposition
togolaise et celui qui était le moins égratigné c’était
le professeur Gnininvi qui n’avait pas encore posé à l’époque
un acte politique visible l’engageant en tant que tel;
néanmoins j’avais en ne l’excluant pas conclu
l’article en ces termes: ``en tout état de cause
je considère que la classe politique oppositionnelle a
montré ses limites. Tous les leaders, par le dernier acte
de leur scène théatrale se sont mis au placard;
il reste à la jeunesse d’y mettre la serrure et
de prendre ses responsabilités en reprenant le flambeau;
ce n’est pas les compétences qui manquent; le pays
regorge de talents aussi bien à l’intérieur
qu’à l’extérieur. C’est un appel
lancé à tous.’’. Au jourd’hui
l’histoire me donne raison. Je profite en
tant que candidat ayant défendu les couleurs de la CDPA
( Convention Démocratique des Peuples Africains ) en conduisant
la liste de la circonscripion électorale de Tchaoudjo
pour me désolidariser entièrement et solennellement
de l’entrée au gouvernement de mon parti.
Si les décisions étaient réellement démocratiques
on devrait consulter toutes les fédérations du
parti et une telle démarche aurait pu être évitée.
Bien sûr l’on me dira que c’est connu de toutes
les fédérations qu’il y a une réunion
du Comité Directeur une fois par mois à Lomé à une
date précise et que les Secrétaires Fédéraux
n’avaient qu’à s’y rendre pour donner
leur point de vue et que les absents ont tord. Seulement je peux
rappeler que pour une décision de la plus haute importance,
celle de participer au gouvernement de l’adversaire, c’est
un CD extraordinaire qu’il aurait fallu convoqer. De toutes
les façon les responsables de la CDPA n’auront pas
raté une si bonne occasion pour enterrer le parti à moins
de me prouver le contraire ce qui participerait à un miracle.
Que d’occasions ratées pour mettre fin à un
régime décrié qui régente la vie
du pays depuis des décennies! La population a toujours
réclamé l’unité de l’opposition
face au pouvoir en place et depuis plus de 15 ans elle est restée
fidèle à cette opposition malgré les souffrances
que lui fait endurer le pouvoir en place. Les leaders de l’opposition
n’avaient pas pesé la déclaration de feu
Eyadéma à sa juste valeur quand il avait
dit je cite: ``vous reculerez de 100 ans en arrière’’fin
de citation. En effet, feu Eyadéma, argant de la rupture
des relations économiques avec l’Union Européenne
et puisque désormais personne ne sera regardant sur la
gestion des ressources du pays, a arrêté toute action
socio-économique en direction des populations; il n’y
avait plus de Tésort Publique.
Pendant les élections législatives du 14 octobre
2007, nous avons circulé et nous avons vu. Nous avons
vu la misère endémique; nous avons vu la
désolation. Pendant la campagne électorale un vieux
démocrate m’a posé une question en ces termes:
`` Docteur, êtes-vous sûr qu’avec ces élections ça
va aller? J’ai répondu qu’avec la manière
dont tout est verrouillé contre la fraude ça va
aller. Le vieux d’ajouter: ça va aller pourtant
pour une fois encore vous allez à une élection
en rang dispersé contre un seul adversaire. J’ai été assommé par
cette implacable vérité surtout qu’il poursuit
en disant: regardez comment nous sommes; nous sommes devenus
des femmes à la maison. Quand on connait le terroir une
telle expression est de taille et j’ai eu honte de moi.
J’ai eu honte en me disant, voici quelqu’un qui a
toujours cru en nous et qui malgré la faim continue d’attendre
des hommes politiques sans moindre stratégie alors que
lui croit à la démocratie.
Pourtant l’opposition avait cette fois-ci une occasion
en or pour en finir avec le pouvoir en place. Le mode de scrutin
y était favorable. Un scrutin à liste. Prenons
les partis politiques signataires de l’accord politique
global par exemple et qu’on peut considérer comme
les plus crédibles aux yeux de la population, je veux
parler du CAR de la CDPA et de l’UFC. Imaginez qu’ils
se soient organisés en présentant une liste commune
dans chaque circonscription électorale. Quand je prends
l’exemple de la circonscripion électorale de Tchaoudjo
où il fallait une liste de 6 personnes par parti politique
en compétition; on devrait alors avoir 2 personnes
pour le CAR, 2 personnes pour la CDPA et 2 personnes pour l’UFC
et la liste est constituée. Cela signifie un budget économique
et humain multiplié par trois en plus de l’engouement
que cela allait susciter au sein de la population. Mais hélas
et dommage.
Pourtant au cours des campagnes électorales le RPT et
ses alliés n’avaient pas droit au chapitre. Qu’est-ce
qu’ils pouvaient encore dire à la population déjà sous
perfusion? Mais paradoxalement leRPT a gagné les élections
au grand dam des populations et des observateurs internationaux
qui ne comprenaient rien aux résultats. Le ventre affamé n’a
point d’oreilles dit-on. L’argent a circulé la
veille des élections au niveau des membres des bureaux
de vote sensés observer et travailler dans le compte de
l’opposition; il n’y a que les circonscriptions électorales
de Lomé-commune et du Golfe qui ont pu résister
confirmant qu’au Togo la misère parcourt le pays
de la côte vers le sahel au grand nord en créscendo.
Que représente un perdième de 15000f cfa pour un
jeune qui vis dans un système D( D comme débrouillard)
lorsque son camarade membre du bureau de vote RPT lui rend visite à domicile
avec 50.000f ou 100.000f cfa pour le ´´travail’’.
Cette forme de fraude est difficilement décelable par
un observateur international des élections; cela s’appelle
achat des consciences, ATLMC (Association Togolaise de Lutte
contre la Manipulation des consciences ) où est-tu? La
stratégie du père a donc réussi au fils:
appauvrir d’avantage les populations pour pouvoir les acheter
après et comme l’opposition se prête bien à ce
jeu par égo le RPT ne peut que se sentir à l’aise.
Sur tout un autre chapitre, au fait je me demande à quel
jeu joue la communauté internationale surtout europénne
avec le Togo? Dans sa démocratie à elle celui qui
gagne gouverne et l’autre reste dans l’opposition
et la nation en tire le bénéfice du fait qu’à l’issue
du mandat un bilan s’impose et le peuple sanctionne aux
résultats. Mais fait bizarre, on nous pousse gagnants
et gagnés à des gouvernements dits d’union
nationale ( nouvelle recette? ). La remarque est que tout compte
fait, à voir de près, tous les leaders de l’opposition
ont finalement goûté à la recette. Même
l’UFC de Gilchrist Olympio a par deux fois failli faire
de même si il avait accédé à sa demande.
La première fois c’est avec l’accord politique
global que ce parti a signé à Ouagadougou mais
faute d’avoir un Premier Ministre dans ses rangs il s’est
retracté sinon il a failli conduire le gouvernement de
mission électorale. Il en a profité pour en faire
une exploitation politicienne malicieuse en diabolisant ses pairs.
Le peuple n’étant souvent pas dans les coulisses
des salles de négociations cela a mordu; il est resté le
seul opposant crédible les autres sont avec le RPT. La
deuxième fois c’est pendant les négociations
entre Faure Gnassingbé et Gylchrist Olympio pour la formation
d’un gouvernement d’union nationale après
les élections législatives que le RPT a officiellement
Gagnées. Là aussi Gilchrist cherchait un Premier
Ministre dans ses rangs en témoignent ses deux visites à la
Présidence de la République avec ses interminables
``mes respects Monsieur le Président de la République’’,
avalisant ainsi pour la première fois l’usurpateur
aux mains ensanglantées juste pour une primature qu’il
n’a pas obtenu. Il a échappé bel sinon il,
du moins son parti aurait dirigé un gouvernement RPT.
Mes chers compatriotes, voila comment le peuple est copieusement
dupé par tous nos leaders au gré de leur égo.
Cela ne doit pas continuer ainsi c’est pourquoi j’en
appelle à la prise de conscience de la jeunesse togolaise.
Avec ce jeu de en attendant que ce soit moi tout peut attendre
d’abord, qui est le perdant si ce n’est la pauvre
population. A ce rythme c’est plusieures générations
de sacrifiées pour rien. Alors jeunesse togolaise, fini
le grand-frèrisme; prends ton destin en main! prends tes
responsabilités parce que tu le peux! Jeunesse togolaise
debout et agit en une formidable chaîne nationale! Ton
pays doit désormais être bien gouverné et
par toi-même. La bonne gouvernance du Togo c’est
pour la prospérité du peule togolais: éducation,
santé, emploi, alimentation, loisirs saints, transport.
La bonne gouvernance du Togo c’est aussi la conscience
du bien public, c’est le patriotisme. Un Togo sans jeunes
actifs et éduqués, instruits donc scolarisés,
soignés, bien nourris donc bien portants, bien habillés,
bien chaussés, bien logés, avec des valeurs de
base dans la vie ( le sens du bien public, de la solidarité nationale,
du patriotisme éclairé ... ) est un Togo sans avenir
malgré les apparences, les mensonges du discours politique
qui voit promettre la vie en rose. Or c’est tout cela qui
est sapé depuis plusieurs décennies par un régime
toujours en place. Donc il faut comme l’a dit feu DJOBO
Boukari plus haut, un changement profond et radical.
Maintenant
que faire?
Comme il ne faut pas attendre puisque le temps presse, nous allons
commencer par ce qui est à porté de main. Je propose
de commencer par un développement à la base. Un
développement à la base à travers un mouvement
que l’on désignera par ´´Mouvement pour
la Société de Développement’’ avec
ses composnates, locale ´´Mouvement Local pour la
Société de Développement’’ (
MLSD ), régionale ´´Mouvement Régional
pour la Société de Développement’’ (MRSD
), et nationale ´´Mouvement National pour la Société de
Développement’’ (MNSD ). Nous pouvons saisir
l’occasion des futures élections locales en vue
puisque c’est la toute première qui s’offre à nous
et il ne faut pas attendre. Le but du mouvement sera de prendre
la gérance de toutes les localités au mains du
RPT. N’oublions pas que depuis des décennies nos
localités sont gérées par décret
par des Délégations Spéciales. Il faut prendre
la Bastille à partir de la fondation. On a toujours négligé les
localités alors que le vrai pouvoir du peuple commence
par là.
Maintenant comment procéder?
Généralement tous les analystes politiques ont
toujours fait une confusion s’agissant des partis politiques
de l’opposition en confondant la tête de ces partis
politiques avec les masses populaires des bases de ces partis
politiques que nous désignons par militants. En effet,
remarquez tout de même que les errements d’un Edem
Kodjo n’engagent nullement la majorité de la base
des militants de la CPP; les ambitions personnelles d’un
Zarifou Ayéva n’engagent nullement la majorité de
la base des militants du PDR; les mig-mags d’un Yaovi Agboyibo
n’engagent nullement la majorité de la base des
militants du CAR; les calculs d’un Léopold Gnininvi
n’engagent nullement la majorité de la base des
militants de la CDPA; et l’égo d’un Gylchrist
Olympio n’engage nullement la majorité de la base
des militants de l’UFC. En un mot a un moment donné les
intérêts recherchés par le sommet sont malheureusement
aux antipodes de ceux recherchés par la base des militants
qui ne recherchent qu’un simple mieux- être. Pour
ce mieux- être les militants ont besoin des dirigeants
désintéressés or à l’analyse,
le peulple a cru les avoir mais malheuruesement ça n’a été qu’une
duperie. Donc pour qu’on puisse s’en sortir, le maître
mot étant l’unité de l’opposition,
et comme nos leaders n’ont pas une prédisposition à cela
car quand on les voit avec de larges sourires quand ils sont
ensemble ça fait plaisir alors qu’ils se détestent
je dirai coordialement. Donc l’appel que je lance à tous
ces militants de base de tous ces partis politiques de l’opposition
au niveau local sans distinction de vraie ou fausse opposition
( cela n’existe pas au niveau des militants ), c’est
de se déconnecter de leur sommet le temps de régler
nos problèmes en famille localement puisque c’est
de la gestion locale qu’il s’agit, réfléchir à une
liste électorale unique et conscensuelle dans chaque localité pour
s’opposer à la liste du RPT. Pour illustration quand
je prends l’exemple de la préfecture de Tchaoudjo,
il y avait 10 listes de l’opposition contre une liste du
RPT. Il s’agit de: Alliance, ADIP, CAR, CDPA, CPP, MCD,
PDR, PRR, PSR et UFC. Un appel lancé aux différentes
bases des militants de ces partis déconnectés de
leurs sommets respectifs pour une liste unique sera une force
comme un tonnerre pour s’opposer au RPT dans la localité.
L’entente ne souffrira pas puisque le plus souvent, quand
bien même la plupart de ces partis politiques sont créés
par des hommes non ressortissants de la localité, ce sont
des ressortissants qui les dirigent localement.
Maintenant les moyens de notre politique:
Effectivement toute activité humaine quelle quelle soit
néccessite des moyens financiers. Parlant des élections
législatives j’ai dit que beaucoup d’argent
a circulé pour les achats des consciences. La question
sera de savoir si cela ne se répètera pas pour
les élections locales. Vous pouvez vous tranquilliser
parce que la particularité d’une élection
locale c’est justement d’être locale et strictement
d’enjeu locale parce que concernant une communauté à qui
appartien le quartier, le village, le canton, la ville, alors
que pour les législatives la finalité c’est
de savoir qu’elle personalité dirigera le gouvernament
donc en quelque sorte le pays. Or ici il s’agira pour la
communauté donnée de choisir un ou des fils pour
servir la communauté; c’est l’atout primordial.
La logistique pour la campagne électorale nécessitant
de l’argent c’est justement à ce niveau que
va intervenir la Diapora consciente. Toutes les communautés
togolaises ont leurs ressortissants dans la diaspora puisque
la dictature n’a épargné aucune région.
La meilleure façon pour cette diaspora c’est d’appuyer
financièrement le processus sans trop s’immiscer
dans le choix des candidats. En ce qui me concerne, et pour donner
un exemple à tous mes compatriotes d’autres régions
de notre pays, je m’adresserai à tous les Tem-Cotocoli
de Tchaoudjo, d’Assoli et de Sotouboua que je connais dans
la daspora du monde entier. Que chacun fasse la même chose
et vous verrez la dynamique que cela va entraîner au niveau
national.
Janvier 2008
Dr. Oumar Bozoura GANDI
E-mail: atondoh@ yahoo.fr
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