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Football:
Latré-Kayi Lawson-Hogban,
une battante au sifflet
23 janvier 2008
Coupe
d’Afrique des Nations Ghana 2008 oblige. Seule Africaine
instructeur d’arbitres de la Fédération internationale
de football association (FIFA), Latré-Kayi Lawson-Hogban-Addablah
fait la fierté de son pays, le Togo. Depuis plusieurs
années, cette dame au parcours professionnel exemplaire
se bat pour la promotion du football féminin. Portrait
Coupe d’Afrique des Nations oblige.
Seule Africaine instructeur d’arbitres de la Fédération
internationale de football association (FIFA), Latré-Kayi
Lawson-Hogban-Addablah fait la fierté de son pays, le
Togo. Depuis plusieurs années, cette dame au parcours
professionnel exemplaire se bat pour la promotion du football
féminin. Portrait.
La Togolaise Latré-Kayi Lawson, épouse
Addablah,ne fait pas mystère de sa conviction.
Pour elle, "le football africain a de l’avenir au
niveau du jeu et de l’arbitrage". À la veille
de la 26ème édition de la Coupe d’Afrique
des nations (Can) qui se déroulera du 20 janvier au 10 février
2008 au Ghana, cette quinquagénaire semble convaincue, que
les seize équipes qualifiées feront briller au firmament
de la gloire le ballon rond africain.
Et elle sait de quoi elle parle, Latré-Kayi ! Ancienne
attaquante et gardienne de but de foot, elle est, depuis février
2006, la seule Africaine instructeur d’arbitres de la Fédération
internationale de football association (Fifa). Certes, elle ne
fera pas partie du personnel de la Confédération
africaine de football (Caf) et de la Fifa à la Can, compétition
pour laquellele onze national togolais n’a pas été qualifié, "mais
je suivrai de près tout ce qui se passera", déclare-t-elle,
un sourire affable aux lèvres.
"Une éducation masculine"
Parcours atypique que celui de cette dame pour qui le foot n’est
pas l’apanage des hommes ! Toujours entre deux avions,
cette mère de deux filles parcourt le monde entier sur
l’invitation de divers organismes (Fifa, Caf…) pour
animer des séminaires ou y assister. "Je fais
tout ceci grâce à une organisation rigoureuse, à la
compréhension de ma petite famille et de mes supérieurs
hiérarchiques", souligne Latré-Kayi,
par ailleurs secrétaire de direction au ministère
togolais chargé des sports.
Pour son compatriote Komi Konyoh, arbitre assistant retenu à la
Can 2008, cette férue de sport est "une battante
qui fait bien son travail et met à notre disposition toutes
les informations indispensables à notre progression". Latré-Kayi
Lawson doit son tempérament de fonceuse à son grand
frère, Laté Ségnéamé Lawson,
ex-secrétaire général adjoint de la Fédération
togolaise de football (Ftf), lui-même instructeur d’arbitres
de la Caf. Ce dernier avait donné à l’adolescente,
orpheline de père en 1969, ce qu’elle-même
appelle "une éducation masculine".
Tout en poursuivant ses études secondaires à Bidjenga
(700 km environ au nord de Lomé, la capitale), elle pratiquait
tour à tour l’athlétisme, le basket-ball,
le handball.
Le sport, source de liberté
Poussée par "le désir d’aller à la
découverte d’un monde nouveau", elle a
commencé en 1991 à suivre des cours d’arbitrage à Lomé.
Six ans plus tard, elle a obtenu le "grade d’arbitre
fédéral" (le plus élevé au Togo)
avant de devenir "arbitre assistant international" de
la Fifa en 1999. A son actif, l’arbitrage de plusieurs
rencontres locales et africaines dont le quart de finale de la
Coupe de l’Union des fédérations ouest-africaines
(Ufoa) en 2000.En 2006, elle a participé en tant qu’assesseure à la
Coupe du monde féminine junior qui s’est déroulée
en Russie.
Cette progression dans le monde du sifflet lui
a valu des distinctions dont le prestigieux Prix Houinyigan ("Femme
noble", en langue locale mina), décerné en
2002 par Afrimuse, l’Association togolaise de
la Muse africaine. "Elle est un modèle de réussite
et de courage pour beaucoup de jeunes filles", fait
remarquer Rita Gbodui, qui a eu à réaliser un magazine
audiovisuel sur elle. "Elle est une chance et un honneur
pour le Togo", renchérit l’arbitre Claude
Djaoupé, également retenu à la prochaine
Can. Latré-Kayi a ouvert, en 2005 à Lomé,
deux centres de formation gratuite de foot fémininoù,
deux fois par semaine, elle enseigne avec passion l’arbitrage à une
quinzaine de sportives. Car, justifie-t-elle, le sport est un
puissant vecteur d’éducation qui facilite la santé physique
et mentale. Son slogan: "Que les jeunes filles
se mettent au sport pour se libérer du joug des hommes!".
Edem Ganyra
www.syfia.info
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