Présidentielles 2010 au Togo:
Trois
stratégies pour renforcer la transparence
29 janvier 2008
1- Diminution du nombre pléthorique de bureaux de votes à l’image
de l’armée nationale: de 5930 à 2000 bureaux
de vote, pour limiter la création de bureaux fictifs,
et des bureaux impossibles à superviser en milieux ruraux
rendus inaccessibles par les contraintes environnementales surtout
dans la partie septentrionale du pays.
2- Annulation de la pré-votation, c'est-à-dire
le scrutin anticipé des forces de l’ordre et de
sécurité qui est une source de fraudes électorales.
Au nom de L’Etat de droit, la démocratie, la
transparence et la crédibilité des élections,
on peut se passer de ce scrutin anticipé concernant 10.000
policiers, gendarmes et militaires, par rapport à 3 Millions
d’électeurs Togolais.
3- L’indépendance des médias nationaux et
internationaux doit être garantie vis-à-vis du droit à l’information
en ce qui concerne l’observation, le dépouillement
et la publication des résultats sortis des urnes dès
la fin du comptage des voix et la signature des procès
verbaux. Les médias doivent pouvoir en toute circonstance
assurer la publication des sondages et intentions de vote au
cours de la campagne électorale, telle que cela se pratique
dans toutes les démocraties civilisées par rapport
au suffrage universel, pour informer l’opinion publique
nationale, les institutions internationales, le corps diplomatique
accrédité au Togo, et nos partenaires en développement.
Ainsi, le nombre très élevé de bureaux
de vote (5930), qui est disproportionné par rapport aux électeurs
(3 Millions), et à la superficie du Togo (56400 KM2) est
une opération montée à la source par le
pouvoir en vue de frauder toutes les consultations électorales
dans notre pays. 5930 bureaux de vote lors des législatives
frauduleuses du 14 octobres 2007, pour une masse électorale
de 3 millions de Togolais, dans un pays de 56400 KM2, est abusif
et très exagéré…..
Lors des élections générales du 27 avril
1994 en Afrique du Sud, remportées par l’ANC, qui
ont mis fin à la pratique de l’apartheid du parti
national Afrikaner dirigé par Frédérik De
Klerc, il y avait en tout: 10.000 bureaux de vote dans toute
l’Afrique du Sud. Un pays d’une superficie totale
de 1.219.912 KM2, pour une masse électorale de 40 Millions
de Sud Africains. Notons que l’effectif total de la population
est de 47 millions d’habitants.
40 Millions / 10.000 = 4000 électeurs pour 1 bureau de
vote
1.219.912 / 10.000 = 1 bureau de vote pour un périmètre
de 121 KM2, pour 4.000 électeurs au final.
Pour 3 Millions d’Electeurs, dans un Togo peuplé de
5 Millions d’Habitants vivant sur 56.400 KM2, il existe
5.930 bureaux de votes. Une pléthorique de bureaux de
vote sur toute l’étendue du territoire national
pour rendre incontrôlable les dépouillements en
vue tricher à volonté. Dans un pays où l’administration
publique fonctionne dans la corruption généralisée,
dans l’incompétence et la confusion, le vote des
bêtes sauvages est source de travestissement de l’expression
du suffrage universel.
3 Millions / 5.930 = 505 électeurs pour 1 bureau
de vote en moyenne, avec un contraste criard entre les villes
et le monde rurale.
56.400 / 5.930 = 1 bureau de vote dans un périmètre
de 9,51 KM2, pour 505 électeurs au final.
NB. La question qu’il convient de poser aux partis politiques, à la
CENI, ainsi qu’à la monarchie dictatoriale du Togo,
et pourquoi pas, aux autorités du parlement européen,
est la suivante : Qu’est-ce qui justifie l’ouverture
des bureaux de vote dans les préfectures du nord pour
500 électeurs inscrits sur une liste électorale
? Alors que l’opinion publique nationale et les partis
politiques engagés dans la compétition électorale
pour l’alternance exigent la transparence tout comme les
observateurs internationaux?
CONCLUSION N°1:
En Afrique du Sud, 1 bureau de vote sur 10.000 représente
4.000 électeurs sur 40 millions au total, pour une superficie
de 121 KM2 sur 1.219.912 KM2.
1 bureau de vote = 4.000 électeurs = 121 KM2
Au Togo, 1 bureau de vote sur 5.930 représente 505 électeurs
sur 3 millions au total, ce qui correspond à une superficie
de 9 KM2 sur 56.400 KM2.
1 bureau de vote = 505 électeurs = 9 KM2
Cette statistique est une réalité concernant la
moitié nord du Togo, faiblement peuplée par rapport à la
moitié sud. Une réalité en tout cas constatée
sur le terrain par les membres de la mission d’observation électorale
de l’Union européenne, lors du scrutin législatif
frauduleux de 14 octobre 2007.
Le Rapport du Parlement Européen au sujet du scrutin
du 14 octobre 2007 au Togo, stipule clairement que: «les
membres d’un bureau de vote dans la localité de
Kara n’ont pas tenu compte d’un écart entre
le nombre de bulletin trouvés dans l’urne (572)
et le nombre de votant indiqués sur la liste d’émargement
(541)»: cela s’appelle le bourrage des urnes.
La mission poursuit: «Des personnes non autorisées
se trouvaient dans le bureau de vote lors du comptage des voix.» Elle
conclut: «qu’on ne peut pas caractériser
ce scrutin de transparent». Dans ces conditions, il
est important de prendre note que le déficit démocratique
pour lequel le Togo est sanctionné perdure et s’aggrave.
Il y a lieu d’insister sur le fait que cette prolifération
des bureaux de vote, et l’analyse selon laquelle, le pouvoir
ouvre un bureau de vote pour 505 habitants dans un périmètre
de 9 KM2 dans le nord, relève d’une stratégie
de fraude calculée. Dans ces conditions, 20 bureaux
de vote dans une localité rurale se transforment en un
siège volé au profit du pouvoir, c'est-à-dire
20 x 500 = 10.000 voix, quand on sait que: «10.000
bulletins élisent un député dans le nord».
Nous l’avons vu dans les préfectures d’Assoli
et autres nombreuses localités du nord du Togo lors des
législatives du 14 octobre 2007.
Avec une révision à la baisse du nombre de bureau
de vote de 5.930 à 2.000 par exemple, nous aurons 1500 électeurs
dans un bureau de votes, pour faciliter la tâche aux observateurs
nationaux et internationaux, ainsi qu’aux médias.
S’agissant de la pré-votation, c'est-à-dire,
le scrutin anticipé des forces de l’ordre et de
sécurité, il faut observer que le cas Togolais
est unique dans le monde. Dans toutes les démocraties
civilisées, cela n’existe nulle part ailleurs que
le corps électorale soit convoqué séparément à deux
dates différentes pour la même consultation.
Au regard de la loi, il existe une discrimination légiférée
dressant la population civile contre l’institution militaire.
En réalité, ce dispositif du scrutin anticipé des
forces de l’ordre et de sécurité qui concerne
54 centres de vote pour 10.000 votants est «sources
de complications en termes logistiques et opérationnels
qui rendent ce scrutin poreux» concluaient la mission
d’observation européenne dans son rapport final.
On peut honnêtement se passer du vote de 10.000 militaires,
gendarmes et policiers, pour limiter la fraude électorale
du pouvoir RPT. 10.000 militaires, gendarmes et policiers peuvent
voter le jour du scrutin avec la population civile pour ainsi éviter
ce remue-ménage inutile, et archaïque qui ne se fait
nulle part ailleurs dans le monde. De plus, beaucoup de militaires,
policiers et gendarmes qui ont voté le 11 octobre 2007,
ont revoté le 14 octobre lors du scrutin civil, notait
déjà la mission d’observation électorale.
Même si 10.000 militaires, gendarmes et policiers
ne votent pas en 2010 pour les présidentielles au Togo,
cela n’a rien de dramatique, ni conséquence sur
l’essentiel de la masse électorale qui est de 3
Millions d’électeurs. Les militaires, gendarmes
et policiers doivent pouvoir voter librement comme la population
civile, le seul et unique jour du scrutin, tel que cela se pratique
en France et dans d’autres démocraties en Afrique.
CONCLUSION N°2
Le scrutin anticipé des forces de l’ordre et de sécurité,
c’est le vote des bêtes sauvages qui fait la honte du suffrage
universel dans le monde tel qu’il est admis et se pratique dans les standards
internationaux. Ce dispositif doit être enlevé du code électoral,
dans un souci de transparence.
Qu’en sera-t-il du rôle des médias par rapport
aux élections présidentielles togolaises qui se
terminent généralement dans le bain de sang?
Les médias ont toujours été bâillonnés
et sévèrement contrôlés au Togo en
temps normal, et dix fois plus, en période d’élections.
Certains médias sont créés par le pouvoir
pour faire diversion au sein de l’opinion publique nationale
et internationale, tandis que d’autres groupes de médias
nationaux et étrangers sont achetés. Beaucoup de
journalistes de la presse privée sont harcelés
quotidiennement par le pouvoir. Les plus pertinents dans leurs
analyses et investigations sont souvent victimes des arrestations
arbitraires, emprisonnés sans jugement et torturés.
L’information n’a jamais été libre
au Togo.
A propos d’informations truquées et l’existence
de journalistes fabriqués par le pouvoir, sachez que le
ministre conseiller à la présidence de la république,
Charles Debbasch, juriste –mercenaire international, cerveau
des coups d’Etat et charcutage constitutionnel, se nomme également
Koffi Souza, lorsqu’il écrit des articles farfelus
sur le site internet togonews, ou republicoftogo, pour les campagnes
de dénigrement des leaders de l’opposition et leurs
partis politiques.
Dans les grandes démocraties en Afrique du Sud et surtout
en France, qui est le pays d’accueil de la plupart des
réfugiés Togolais, les médias jouent un
rôle déterminant, voire capital dans la transparence
des processus électoraux. Que ce soit l’élection
de François Mitterrand en 1981, et en 1988, l’élection
de Jacques Chirac en 1995 et en 2002, l’élection
de Nicolas Sarkozy en 2007 à la présidence de la
république française, la publication des résultats à 20
heures, est toujours faite par les chaînes de télévision
dont TF1, France 2, France 3, M6, Canal +, et toutes les autres
chaines du câble, qui investissent les bureaux de votes
le jour du scrutin grâce à leurs correspondants
et caméras postés partout sur le territoire national,
au nom de la transparence et l’équité. Autrement
dit, le rôle des médias est de faire en sorte que
le pouvoir soit incarné par la volonté librement
exprimée dans les urnes par l’opinion nationale.
Bref, en démocratie, le pouvoir se trouve dans
les urnes et non «au bout du fusil» comme
le clan Gnassingbé l’impose aux Togolais.
Le rôle et l’implication des médias indépendants
dans le processus des présidentielles de 2010 est primordial
pour rassurer l’opinion publique nationale de la transparence
du scrutin. Les médias doivent être associés à toutes
les étapes du processus, à commencer par les conditions
de candidatures, jusqu’à la proclamation des résultats
le jour du scrutin à 20 heures, c'est-à-dire 3
heures après la fermeture des bureaux de vote fixée à 17
heures.
En un mot, il s’agit de revenir à la constitution
de 1992, avec le code électoral débarrassé de
la pré-votation concernant les forces de l’ordre
et de sécurité, ainsi que les autres discriminations
de nationalité, de résidence, de cautions, de quitus
fiscal, de certificat médical. Le code électoral
doit fixer enfin le délai de proclamation des résultats
le jour du scrutin, c'est-à-dire, au plus tard 3 heures
après la fermeture des bureaux de vote. Il s’agit
de retourner au peuple Togolais, la loi qu’elle s’est
donnée librement par voie référendaire en
1992, puis tripatouillée par le juriste anti constitutionnaliste
Charles Debbasch sur ordre du dictateur Eyadema qui avait perdu
les présidentielles de 1998 face à Gilchrist Olympio.
Ainsi, en changeant les règles du jeu, le dictateur était
certain de ne plus affronter son opposant dans les urnes. La
preuve, Gilchrist Olympio n’a pas pu se présenter
aux présidentielles de 2003, ni 2005. Il doit pouvoir
se présenter en 2010, ou alors ce sera la poudre au Togo!!!
Car, à force d’empêcher l’alternance
par la voie des urnes, elle se réalisera en dehors de
celles-ci, par une marée humaine qui pourrait bien emporter
bien de choses comme une déferlante!!!
En conclusion finale, il faut rappeler que le rapport de la
mission d’observation électorale de l’Union
européenne recommande aux autorités togolaises,
l’urgence et la nécessité des réformes, «notamment
dans le cadre institutionnel et légal» c’est-à-dire,
la constitution, le code électoral, l’administration électorale
(CENI et un service juridique interne), le fichier électoral,
les médias et l’éducation civique de la population.
Les manœuvres en vue pour 2010 du mercenaire Charles Debbasch,
de l’extrémiste Gilbert Bawara, ministre de la coopération
et du Népad, combinées à l’arrivée
au ministère de l’intérieur du très
fanatique et fondamentaliste Pascal Bodjona, pour transformer
la CENI en machine frauduleuse dans le but de maintenir la junte
militaire des Gnassingbé au sommet de l’Etat, doivent être
dénoncées dès maintenant.
La ruse du pouvoir à trois jours du scrutin législatif
du 14 octobre 2007, au sujet de la remise en cause de l’authentification
des bulletins de vote, qui était une décision consensuelle
prise par tous les partis politiques sein de la CENI, est un
coup de d’Etat psychologique en pleine campagne électorale,
préparé longtemps à l’avance pour
permettre les conditions de la fraude électorale. Un coup
de force psychologique, pour prendre de vitesse les membres de
diverses délégations européennes et africaines
venues observer le scrutin.
Le pouvoir dictatorial togolais qui est très rusé,
bénéficie de solides complicités jusqu’à Bruxelles
au sein de la commission européenne, à l’image
de Louis Michel.
Le dictateur commissaire européen à l’action
humanitaire Louis Michel, ennemis de la démocratie
et l’Etat de droit en Afrique, dont la diplomatie est une
véritable catastrophe pour le continent, devrait faire
honte à son pays et toute l’institution européenne.
En plaidant pour les dictateurs africains à Bruxelles,
chaque fois qu’ils perdent les élections sur le
continent, Louis Michel s’inscrit dans la dynamique de sabotage
permanent de la démocratisation difficile des Etats africains,
et leurs émancipations.
Dès le 16 octobre, avant même que la délégation
du parlement européen conduite par Madame Marie-Arlette
Carlotti et la mission d’observation électorale
présidée par Madame Fiona Hall, ne siègent
pour leur conférence de presse à Lomé, le
dictateur-Belge Louis Michel a déjà rendu public
un communiqué de presse dans lequel «il se réjouit
du bon déroulement du scrutin, avant même que la
mission sur place ne s’exprime», provoquant
ainsi par cette attitude désinvolte, un incident interinstitutionnel
majeur pour lequel, il devrait en toute logique démissionner
de son poste de commissaire européen.
Cet homme étrange a toujours été un complice
actif de la monarchie dictatoriale togolaise, et réputé célèbre
conseillé auprès d’autres monarques dictateurs
africains. Il existe sans doute dans son attitude, des intérêts
indéterminés en jeu qui le lient aux dictateurs
africains, pour engager l’honneur de la commission européenne
dans de telles mésaventures électorales sur le
continent.
L’urgence d’un Dialogue National entre le RPT et
l’UFC est nécessaire en vue des réformes
institutionnelles préconisées par l’Union
européenne au sujet des élections présidentielles
de 2010. Ces réformes visant les présidentielles
de 2010 sont impératives et d’actualité du
fait qu’elles étés renvoyées à la
période post-législative d’octobre 2007,
et de ce point de vue, elles deviennent juridiquement la suite
logique des 22 engagements et l’Accord Politique Global,
qui étaient exclusivement limités aux élections
législatives.
Et c’est très bien ainsi, car, l’UFC
se retrouve aujourd’hui débarrassée des partis
satellites et autres alliés du RPT qui ont miné les
précédents dialogues (conférence nationale
/ accord cadre / Colmar / les accords de Ouaga /) etc.….
Il faut se rappeler de la présence d’Edem Kodjo
et Zarifou Ayéva à Bruxelles lors de la signature
des 22 engagements en 2004, ainsi que le nombre pléthore
de parti politique et association à Ouaga lors des travaux
de l’APG, la bagarre pour la primature, qui ont pour conséquence:
le non-retour à la constitution de 1992 et plus loin,
l’échec du gouvernement Agboyibor en 2007.
Il y a lieu de respecter la volonté de l’opinion
publique nationale togolaise qui considère seulement deux
forces politiques au Togo après les législatives
frauduleuse du 14 octobre 2007: C’est le face-à-face:
UFC-RPT, il n’y en a pas d’autres pour l’instant.
Par Tido BRASSIER – Paris, le 25
janvier 2008
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