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Flambée des prix sur le marché togolais:

Malgré un pouvoir d’achat en berne, Faure Gnassingbé investit dans l’armée

01 février 2008

Faure Gnassingbé, président des riches au détriments des pauvresIl se passe quelque chose d’anormal au Togo. Depuis quelques semaines, les prix des produits de première nécessité grimpent sur le marché. Certains produits ont enregistré une hausse de plus de 25% alors que d’autres ont vu leur prix doubler voire tripler. Et partout, ce sont des jérémiades que poussent les populations. Personne ne comprend ce qui se passe. A plusieurs occasions, les médias tant audiovisuels que écrits ont alerté les gouvernants sur les conséquences que cette flambée des prix pourrait engendrer. Au Niger et en Guinée, la passivité des autorités face à la vie chère a conduit à des événements malheureux. Ne doit-on pas éviter des lendemains incertains à notre pays qui est en train de sortir de près de vingt ans de crise socio-politique?

Mais le chef de l’Etat et son gouvernement ne semblent pas partager cette appréhension. Le pouvoir d’achat qui dégringole et le panier de la ménagère qui se fait vide est le cadet des soucis du clan et de ses mici dominici qui régentent le Togo. Pendant qu’une tranche de la population, ceux qui gravitent autour du pouvoir roulent dans des 4x4 rutilants et se la coulent douce dans les cafés et les night-clubs branchés du pays, le bas peuple, celui-là qui vit avec moins d’un dollar par jour, se meurt.  

Dans un pays normal, les gouvernants qui ont encore le sens de l’intérêt national plancheraient immédiatement sur la question du pouvoir d’achat. Faure Gnassingbé et compagnies tranchent plutôt en faveur de la grande muette. Car comment comprendre qu’on ait pu consacrer le premier conseil des ministres de l’année 2008 aux Forces Armées Togolaises (FAT)? Pour les problèmes sociaux, on peut toujours attendre. Ce n’est pas une urgence. Ils n’ont qu’à se débrouiller ces pauvres togolais. Pourtant, Komlan Mally a, dans son programme de gouvernement, martelé qu’il faut améliorer les conditions de vie des populations, en faisant une litanie de propositions.

Le premier conseil des ministres a pris six décrets organiques et un décret de nomination. Pour le premier décret relatif aux attributions du chef d’Etat-major général, des chefs d’Etat-major d’armées et du directeur général de la gendarmerie nationale, il est question de donner «une base juridique à l’exercice des compétences des chefs d’Etat-major et du directeur général de la gendarmerie ». En le faisant, l’exécutif entend «donner plus de cohérence à l’organisation des Forces Armées Togolaises dans les domaines de la préparation et de l’emploi des forces assignant des responsabilités élargies et centrales au chef d’Etat-major général pour plus d’efficacité dans les missions qui lui sont confiées par les autorités politiques». Ensuite, le conseil a, en ce qui concerne les trois décrets qui ont trait à l’organisation générale des armées de Terre, de l’Air et de Mer, salué l’«efficacité opérationnelle» dont ont fait preuve les FAT depuis leur création. Mais pour pallier la déficience de base juridique de leur organisation, il faut «permettre à ces corps d’armées d’assurer au mieux les missions que leur confie le chef des armées et de donner au chef d’Etat-major les moyens d’orienter leur mise en cohérence opérationnelle ainsi que leur préparation». Il a été aussi créé le Conseil Supérieur de la Fonction Militaire qui a pour but de «doter les FAT d’un organisme de concertation et de consultation servant de cadre institutionnel, et au sein duquel sont examinés les problèmes spécifiques aux militaires». C’est le 5è décret. 

Enfin, le 6è décret relatif à la gendarmerie nationale togolaise vise à «définir une nouvelle organisation du commandement de la gendarmerie en tenant compte de la restructuration en cours au sein de certains ministères avec lesquels la gendarmerie entretient des relations de travail». Il est en plus annoncé qu’elle peut être dirigée par un haut fonctionnaire, un magistrat, un officier général ou supérieur de la gendarmerie avant qu’on ne rappelle les missions de ce corps. Point final.

Est-ce l’urgence de l’heure? Nombre de Togolais répondront par la négation. Tout se passe comme si les gouvernants ne sont pas au service du peuple qui a faim et qui gémit. Dans l’ordre normal des choses, le ministre du Commerce Yandja Yentchabré aurait dû être invité à se prononcer sur la situation de la flambée des prix. Et ensemble, une solution aurait pu être proposée pour soulager les consommateurs qui continuent de s’interroger. Mais le chef de l’Etat et le gouvernement n’ont que faire de ces problèmes.

Après les 100 000 FCFA par tête distribués à tous les éléments des forces de défense et de sécurité pour «acheter» leur silence par rapport à la très controversée fête du 13 janvier, le chef de l’Etat revoit leur  l’organisation générale. Ils sont la priorité des priorités, comme le disaient les animateurs au temps de gloire du parti unique. Tant pis pour les populations qui ne peuvent plus acheter un bidon de 5 litres de l’huile Queen qui est passé de 2 500 à 4000 Fcfa et d’autres produits de première nécessité. Tant pis pour ceux qui aiment le lait car ils doivent, au lieu de 900 Fcfa, débourser désormais 1 400Fcfa pour acquérir un grand sachet de Vivalait en poudre. Sous d’autres cieux, ces cancres de la République seraient amenés à démissionner, mais il se fait que le Togo vit toujours sous la monarchie des Gnassingbé.

J. Symféïtchéou & Zeus Aziadouvo (correspondant permanent Etiame.com à Lomé)


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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