Sans détour
Le mal est général
10 mars 2008
«Les vertus se perdent dans l’intérêt,
comme les fleuves se perdent dans la mer» (Rochefoucauld,
Maximes)
Il est évident aujourd’hui que ce sont toutes les
disciplines sportives qui sont minées par des problèmes.
Ceux qui sont chargés de les gérer n’arrivent
pas souvent à accorder leurs violons, créant une
situation de conflit permanent. On assiste à des démissions
tous azimuts pour dénoncer la gestion solitaire et opaque
du Président ou pour fustiger le sentiment d’exclusion
dont on se sent victime. Parfois, les textes qui régissent
la fédération sont mis entre parenthèse
et tout se gère dorénavant selon les sautes d’humeur
du «chef suprême». En plus, il arrive
que le bureau existant proroge son mandat au grand dam des autres
membres. Après avoir savouré ce prolongement de
mandat, le Président sortant organise une parodie d’élection
aux fins de succéder à lui-même. Mais avant
la compétition électorale, il facilite de nouvelles
adhésions dans le but de maximiser ses chances.
Le cas du football est très connu pour la simple raison
qu’il reste la discipline sportive la plus prisée
au Togo. La Fédération Togolaise de Football (FTF)
est le lieu par excellence des magouilles avec des Présidents
qui n’ont jamais présenté de rapport financier à la
fin de leur mandat. Les élections sont également
organisées dans l’opacité à l’exception
du congrès électif extraordinaire du 9 janvier
2007. Malgré tout, la situation s’est dégradée
et on ne sait pas ce qui arrivera le 26 janvier prochain, date
de la fin du mandat du Comité Provisoire de Gestion de
la FTF (CPG). Il avait six mois pour normaliser la situation
avec l’organisation de nouvelles élections. Mais,
n’ayant rien dans la caisse, elle n’a pas pu s’exécuter à temps.
C’est alors qu’intervient le ministre de la Jeunesse,
des Sports et des Loisirs, Antoine Folly. Profitant de son nouveau
statut, il se bat pour faire revenir aux affaires le groupe de
son ami Améyi, et ce au lendemain du 26 janvier. Par cette
démarche, il entend ramener de l’ordre dans la maison
du football togolais.
Pourtant, le ministre «légaliste» a
cautionné un simulacre d’élection qui a eu
lieu le week-end dernier pour le compte de la Fédération
Togolaise de Karaté (FTK). Cette association connaît
les mêmes problèmes qui se posent à la FTF.
Et le représentant du ministre, Eloi Salokoffi, l’a
bien claironné: «Le karaté togolais souffre
d’intérêts inavoués, de problèmes
d’organisation, d’ambitions personnelles et de non
respect des dispositions règlementaires». Mais
il s’est accommodé de l’élection du
Président sortant qui a usé de toutes les manœuvres
pour se souder à son poste quand certains clubs ont vidé la
salle pour cause de manquement grave. Tout ceci a été fait
avec la complicité active du Comité National Olympique
Togolais (CNOT), cette structure puissante qui fait et défait
les différentes fédérations togolaises.
Tout récemment, le congrès électif de
la Fédération Togolaise de Handball a failli être
remis en cause parce que la candidate du CNOT au poste de Président
a été «fessée», électoralement
parlant. Il a fallu que la presse se saisisse du problème
avant que les ardeurs des membres du CNOT ne se refroidissent.
De plus, la Fédération Togolaise de Basket-ball
a-t-elle connu une succession mouvementée. C’est à cause
des problèmes de personne et d’organisation que
le championnat Lomé-Commune a été entre-temps
reporté. Certains s’entichent même à faire
couler les clubs adverses en débauchant presque tous les
joueurs en violation des textes.
La Fédération de rugby n’est pas épargnée
par le virus. Le bureau est accusé d’inactivité et
un haut gradé des FAT va créer une autre structure
de rugby.
Il y a aussi des dissensions au sein de la Fédération
Togolaise de Taekwondo dont le siège se trouve dans le
sac des membres du bureau.
On le voit bien, le malaise est général et profond à tous
les niveaux.
Zeus AZIADOUVO
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