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Conseil des Droits
de l’Homme des Nations Unies
Manfred Nowak rend public
son rapport sur le Togo
14 mars 2008
Du
11 au 17 avril 2007, sur invitation du Gouvernement
togolais, le Rapporteur spécial sur la torture et autres
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
Manfred Nowak a effectué une visite dans notre pays. Objectif: évaluer
la situation en ce qui concerne la torture et les mauvais traitements
dans le pays et fournir une assistance au gouvernement dans l’action
qu’il mène pour apporter des améliorations
dans l’administration de la justice, y compris dans la
police, la gendarmerie et les services pénitentiaires.
Onze (11) mois après, M. Manfred publie son rapport. Il
note que le gouvernement s’est engagé d’une
manière générale à lutter contre
la torture et que la situation s’est considérablement
améliorée dans la plupart des commissariats
de police et postes de gendarmerie dans lesquels il s’est
rendu.
Le Rapporteur spécial se dit toutefois profondément
préoccupé par le fait que dans les lieux de privation
de liberté, les mineurs et les enfants courent davantage
de risques que les adultes de subir des châtiments corporels
ou des mauvais traitements.
Il se dit également préoccupé par le surpeuplement
critique que connaissent la plupart des prisons, les conditions
d’hygiène déplorables, la quantité de
nourriture distribuée, la qualité et les difficultés
d’accès aux services médicaux. Comme causes
profondes de cette situation, le Rapporteur spécial a
recensé l’impunité, les défaillances
du système de justice pénale, l’absence de
garanties contre la torture et de mécanismes indépendants
de surveillance, la participation de l’armée aux
opérations de maintien de l’ordre, le manque de
ressources, la corruption.
M. Manfred Nowak recommande au Gouvernement de prendre
des mesures pour se conformer aux obligations qui lui incombent
en vertu de la Constitution du Togo et du droit international
relatif aux droits de l’Homme.
Nous publions ici un extrait du document de
50 pages. Dans notre prochaine mise à jour le rapport complet.
Introduction
1.
Le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines
ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Manfred
Nowak, a effectué une visite au Togo du 11 au 17 avril
2007 à l’invitation du Gouvernement.
2. L’objectif de cette visite était double: évaluer
la situation en ce qui concerne la torture et les mauvais traitements
dans le pays, et fournir une assistance au Gouvernement dans
l’action qu’il mène pour apporter des améliorations
dans l’administration de la justice, y compris dans la
police, la gendarmerie et les services pénitentiaires.
L’invitation que le Gouvernement a lancée au Rapporteur
spécial témoigne de la volonté du Togo de
se prêter à un examen indépendant et objectif
de la situation des droits de l’homme sur son territoire.
Le Rapporteur spécial note que ses interlocuteurs, dans
leur immense majorité, ont signalé que la situation
s’est notablement améliorée depuis 2005.
Le Gouvernement, à tous les niveaux, lui a donné l’assurance
que le Togo a fait table rase du passé. Le Rapporteur
spécial encourage le Gouvernement à donner suite
aux recommandations qui figurent dans le présent rapport,
de manière à assainir davantage la situation en
ce qui concerne la torture ou les mauvais traitements.
3. Le Rapporteur spécial s’est entretenu avec le
Premier Ministre, le Ministre des affaires étrangères
et de l’intégration africaine, la Ministre des droits
de l’homme et de la démocratie, le Ministre de la
sécurité, le Ministre de la justice et Garde des
sceaux, la Ministre des affaires sociales et de la promotion
de la femme, un représentant du Ministère de la
défense et des anciens combattants, le Procureur général
ainsi qu’avec le Président et plusieurs membres
de la Commission nationale des droits de l’homme.
4. Le Rapporteur spécial s’est entretenu également
avec des représentants d’organisations non gouvernementales
et autres organisations de la société civile. Il
a en outre tenu des réunions avec le Comité international
de la Croix-Rouge, des membres de l’équipe de pays
des Nations Unies, représentant notamment le Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Haut-commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Centre
régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement
en Afrique, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)
et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO), et avec des membres du corps diplomatique
en poste à Lomé.
5. Le Rapporteur spécial tient à remercier le
Ministère des affaires étrangères et les
autres autorités pour l’entière coopération
qu’ils lui ont accordée. Il a pu avoir accès
sans restriction aux prisons, aux postes de gendarmerie et aux
dépôts de la police sans s’annoncer au préalable
et a pu s’entretenir en privé avec des détenus. À Lomé,
il s’est rendu à la prison civile et à la
brigade des mineurs (centre de détention pour mineurs),
au quartier général de la gendarmerie, à la
Direction de la police judiciaire et au siège du centre
national des services de renseignements. À Notsé,
il a visité la prison. À Kara, il s’est rendu à la
prison et au camp militaire de parachutistes (camp Landja), et
il regrette qu’il ait dans un premier temps été empêché de
pénétrer dans le centre de détention et
que certains des membres de son équipe aient été sérieusement
menacés par des soldats. Il s’est également
rendu dans les locaux de la brigade antigang de la gendarmerie
et au commissariat de police. Il s’est rendu dans les postes
de gendarmerie de Pya, Anié, Sotouboua et Agbelouvé.
Il a visité les locaux de la brigade de recherche de la
gendarmerie à Sokodé, et le commissariat de police
de Tsevié. Il s’est entretenu avec les procureurs
de Sokodé et de Tsevié.
6. Le 12 septembre 2007, une version préliminaire du
présent rapport a été communiquée
au Gouvernement. Le 11 décembre 2007, le Gouvernement
a formulé des observations détaillées, qui
ont été examinées de près et prises
en considération.
7. Le Rapporteur spécial exprime sa gratitude
au Gouvernement pour la coopération sans faille qu’il
lui a apportée lors de sa visite. Il sait gré au
Coordonnateur résident des Nations Unies à Lomé,
au Bureau du Haut-commissariat aux droits de l’homme à Lomé et à tous
les membres de l’Équipe des Nations Unies de l’assistance
insigne qu’ils lui ont offerte avant sa mission et tout
au long de sa mission, notamment aux spécialistes des
droits de l’homme, aux interprètes et aux chauffeurs,
au docteur Hans-Peter Hougen, médecin légiste à l’Université de
Copenhague, et à Mme Julia Kozma et Mme Isabelle Tschan,
de l’Institut des droits de l’homme Ludwig Boltzmann à Vienne.
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