Echec de la mission de Mme Olatokunbo au Togo:
Le régime RPT refuse son départ
et manipule à travers son «Haut commissariat à la
Réconciliation»
21 mars 2008
Le gouvernement togolais prend un vilain plaisir à vouloir
refuser le rappel à Genève de la Haut commissaire
des Nations unies pour les droits de l’homme au Togo dont
le mandat est venu à expiration.
Selon republicoftogo, la caisse de résonance du clan
Gnassingbé qui excelle dans la désinformation et
la défense des intérêts de Faure Gnassingbé et
de ses affidés, le gouvernement togolais demande au Commissariat
des Nations Unies pour les droits de l’homme de garder
pour un temps indéfini à Lomé Mme Olatokunbo
Ige. L’argument avancé est qu’elle aidera
les togolais dans leur marche vers la réconciliation.
Selon toutes vraisemblances et des informations
dignes de foi, si le régime des Gnassingbé ne souhaite
plus le départ de la Haut commissaire contrairement à sa
grogne contre les Nations unies en 2006 lors de l’installation
de son siège à Lomé, cela est dû au
fait que cette dame, depuis un certain temps déjà envoie à ses
patrons à Genève des rapports biaisés sur
la situation réelle des droits de l’homme au Togo. Et
ce parce qu’elle a commencé à goûter
non seulement aux délices financières des palais
feutrés de la présidence togolaise, mais surtout à goûter
au «bonheur conjugal», sinon à faire l'adultère avec
un baron de la sphère du monarque Faure Gnassingbé.
Etant appelée à faire un monitoring sur la violence
politique d’avril 2005 au Togo, à traquer et à traduire
devant les tribunaux les assassins de plus de 500 togolais (selon
les Nations Unies, plus de 1000 selon la Ligue togolaise des
droits de l’homme), Mme Olatokunbo n’a pu exercer
convenablement sa mission au regard des faits ci-dessus énumérés.
Les assassins courent toujours et le clan Gnassingbé se
complaint aujourd’hui à créer une commission
Réconciliation dont l’objectif est de laisser les
bourreaux côtoyer les victimes sans que justice ne soit
rendue et à étouffer cette grave affaire dans l’impunité totale.
Comme l’a si bien remarqué le Grad dans son mémorandum
sur «les violences politiques au Togo avant l’indépendance
jusqu’à nos jours», la commission Réconciliation
dont la mise sur pied est postposée, est une véritable
farce qui servira à faire table rase sur les assassinats
liés au coup de force électoral qui a conduit le
fils du dictateur défunt Eyadèma Gnassingbé au
pouvoir en 2005 au Togo.
En prenant la décision le 20 février 2008 en conseil
des ministres de créer un «Haut commissariat à la
réconciliation et à l’unité nationale»,
Faure Gnassingbé avec la complicité de Mme Olatokunbo
drible les Nations Unies, les togolais et va sûrement opérer
des subterfuges grossiers pour semer le trouble dans la conscience
et dans l’esprit des gens.
Depuis avril 2005, Faure Gnassingbé a créé une
kyrielle de structures qui n’ont pas changé grand-chose.
Premièrement, c’était un Haut commissariat
chargé de régler la question des réfugiés.
Mais ce commissariat n’a posé aucun acte d’envergure
susceptible de rassurer les réfugiés qui sont encore
nombreux au-delà de nos frontières. On a plutôt
assisté à des simulations de retour. Il a ensuite
créé la commission spéciale chargée
d’enquêter sur les événements d’avril
2005. Cette commission qui a été dirigée
par l’ancien Premier ministre Koffigoh et dont la plupart
des membres ont des accointances avec le pouvoir, a publié un
rapport complaisant et truffé d’incohérences.
Enfin, les Togolais n’ont pas oublié la commission
chargée de revisiter l’histoire de notre pays et
pilotée par un oint de Dieu Mgr Dosseh-Anyron. Elle aussi
a manqué de dire la vérité en consacrant
par exemple le 23 septembre Fête de l’armée
au cours de laquelle la grande muette célèbre sa
victoire sur certains Togolais qualifiés de «forces
du mal».
Les objectifs de toutes ces commissions crées par Faure
Gnassingbé sont contenus dans la feuille de route de Mme
Olatokunbo avant son installation à Lomé. De là à dire
qu’il y a un rapprochement entre la création de
ces commissions factices et le sabotage de la mission de la Haut
commissaire par elle-même, le pas est vite franchi.
Ces échecs répétés devraient amener
les gouvernants à changer leur fusil d’épaule
lorsqu’on a senti le besoin d’aborder l’épineuse
question de réconciliation. «La réconciliation,
c’est le partage équitable de la confiance», écrivait
le Français Jean Hatzfeld. Le contour de cette structure
devrait en principe être abordé dans le cadre du
mécanisme permanent de dialogue et de concertation sur
les sujets d’intérêt national qu’on
pourrait étendre à d’autres partis politiques,
aux organisations de la société civile, aux associations
religieuses etc. Ainsi, tout le monde se sentira concerné par
le processus. Le gouvernement accompagne ensuite la démarche
et vient en appoint. Mais à l’allure où vont
les choses, il faut reconnaître que le processus de réconciliation
prend un mauvais départ. Le haut commissariat qui est
une initiative du gouvernement risque d’être un rendez-vous
manqué. Placé sous l’autorité du
chef de l’Etat, il ne saura faire un travail impartial
pouvant redonner confiance aux Togolais et rasséréner
les cœurs endoloris. Le risque d’un échec
est grand et il n’est pas trop tard pour rectifier le tir.
Mme Olatokunbo a échoué dans les missions que
le Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme
a confiées au Bureau de Lomé. Ces objectifs clairement
définis sont de: «Le nouveau Bureau soutiendra
la mise en œuvre des recommandations de la Mission d’enquête
du Haut-Commissariat et des 22 engagements mentionnés
ci-dessus.
Nous contribuerons aux efforts déployés pour
aligner la législation nationale sur les normes internationales
et aiderons à rédiger les rapports pour les organes
de traités. Le Bureau contribuera à la réforme
judiciaire et promouvra l’Etat de droit au sein des structures
civiles et militaires.
Le Bureau soutiendra le Bureau du Haut-Commissariat aux
rapatriés et à l’action humanitaire (HCRAH)
dans sa mission: faciliter le retour et la réintégration
des réfugiés et des personnes déplacées.
Il soutiendra les principaux acteurs nationaux, notamment
la magistrature, la Haute Autorité de l’Audiovisuel
et de la Communication (HAAC), la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI), les médias, les représentants
de toutes les religions et les organisations des droits de
l’homme.
Le Bureau tentera d’améliorer les relations
entre les organisations de la société civile
et les institutions gouvernementales. Il s’occupera aussi
en particulier d’aider ces acteurs à œuvrer
avec rigueur et indépendance. En cas de mise en place
d’une Commission vérité, justice et réconciliation,
le Bureau l’aiderait à accomplir sa mission.
En outre, le Bureau contribuera aux activités de
l’Équipe de pays des Nations Unies, en offrant
des conseils avisés pour incorporer une démarche
basée sur les droits de l’homme dans les activités
de développement des organes des Nations Unies».
Rien de tout ceci n’est accompli jusqu’à présent.
La réforme de la justice et de la magistrature est mise
au placard, des dizaines de milliers de togolais sont toujours
en exil ou contraints de fuir leur pays même s’il
y a un semblant d’accalmie sur les questions de la protection
de la vie humaine, rien n’est fait pour établir
une relation de confiance entre l’Etat et les organisations
de la société civile, les médias d’Etat
font toujours l’apologie d’un seul parti politique
en l’occurrence le RPT et le financement des médias
en général est un leurre etc.
En tout état de cause, le régime Rpt ne saura
flouer encore pour longtemps la communauté internationale
qui commence à voir clair dans le jeu dangereux qui se
joue avec la coexistence pacifique des togolais. Mme Olatokunbo
quittera bientôt ses fonctions au Togo même si Gilbert
Bawara résiste pour le garder auprès de lui pour
les besoins de la cause des Gnassingbé. Tôt ou tard
justice sera faite.
Jules Symféïtchéou,
Etiame.com
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