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Sommaire - Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? | Lorsqu’un
confrère suscite notre admiration Alors que le gouvernement togolais a concocté un programme qui inclut un gigantesque défilé le 27avril, l’UFC de son côté a rendu public son programme qui prévoit le même jour, une Rallye Marche contre l’impunité et pour des élections libres, démocratiques et transparentes suivi d’un meeting de son Président Gilchrist Olympio. Cette situation révèle que notre pays souffre d’un mal profond auquel une thérapie n’est pas encore trouvée. Depuis un an, le Président national de l’UFC n’a pas mis les pieds à Lomé. Bob Akitani non plus. Gilchrist a eu à rencontrer Faure Gnassingbé à Sant’Egidio. Récemment, il était à Accra et à Ouaga. Il évite Lomé pour des raisons de sécurité. Si à l’occasion du 27 avril, son arrivée est annoncée tambour battant, on ne peut douter du fait qu’il ait été contraint par les circonstances de faire sa rentrée politique. L’UFC a des raisons de croire qu’en célébrant le 27 avril, Faure Gnassingbé tente une incursion sur son terrain. Dans sa volonté manifeste de cracher sur la mémoire du Premier Président du Togo indépendant, le défunt Président avait choisi de banaliser la fête de l’indépendance qui était la seule fête véritablement nationale. Ce vide laissé par Gnassingbé Père a été judicieusement exploité contre le régime en place. Gilchrist en a d’ailleurs tiré le meilleur parti. Et l’histoire récente de notre pays a montré que le fils de l’ancien président assassiné a su jouer sur la fibre nationaliste pour se faire une audience auprès des populations en se positionnant comme héritier naturel de la lutte pour l’indépendance. La mobilisation de juin 1998 qui a conduit le régime à opérer un hold-up électoral au profit du Général Président tire sa vigueur dans la comparaison que faisaient les propagandistes de l’UFC entre la lutte pour l’indépendance qui a connu son apothéose en 1958 et la lutte pour le changement démocratique, c’est-à-dire, l’éradication du régime RPT. La bataille électorale est donc synonyme de reconquête de notre indépendance. En écoutant ce genre de discours, les témoins de cette lutte considèrent Gilchrist comme un autre Sylvanus désigné pour parachever l’œuvre entreprise par le père de l’indépendance. Cette stratégie permet à l’UFC de phagocyter les autres formations de l’opposition qui ne pouvaient pas s’y opposer au risque d’être automatiquement traitées comme alliées du pouvoir dictatorial. C’est donc pour ne pas se laisser subtiliser cet élément mobilisateur que Gilchrist Olympio choisit de ne pas se faire conter l’événement du 27 avril qui, s’il se déroule sans lui, le mettrait en difficulté sur le terrain. Alors, il se voit obligé de braver toute menace contre sa sécurité pour arriver à Lomé. Mais le problème qui se pose est de savoir comment Gilchrist Olympio s’y prendra pour engager un nouveau bras de fer avec le jeune Faure Gnassingbé qui, à l’opposé de son Père se montre moins agressif surtout dans ses discours ? Dans son programme de campagne électorale, Faure Gnassingbé avait promis de rectifier l’injustice flagrante faite à la mémoire des martyrs de l’indépendance. Quelques mois après, une commission de Réhabilitation de l’histoire propose que le 27 avril soit célébré avec faste. On ne saurait lui jeter la pierre pour avoir eu l’idée de réhabiliter le 27 avril mais pour que la réconciliation qui devrait découler de cet acte symbolique ait son sens, il fallait s’attaquer aux racines de la méfiance qui pousse les acteurs politiques à s’observer en chiens de faïence. Au-delà du caractère symbolique que revêt cette célébration officialisée, on ne peut empêcher d’autres Togolais de penser qu’en corrigeant les erreurs commises par son père, Faure Gnassingbé tente d’en tirer quelque profit politique pour le compte du parti (RPT) dont il est le Président. Or, c’est sur l’animosité que le pouvoir RPT a toujours nourri à l’égard de Sylvanus Olympio que Gilchrist Olympio s’est appuyé pour gagner la sympathie des Togolais. Ainsi donc les discours et slogans révolutionnaires de l’UFC fondés sur la volonté d’éradication de la dictature faisaient croire aux Togolais que Gilchrist Olympio était le seul à même d’en finir avec Eyadema et son pouvoir despotique. Cette position de départ n’autorise pas facilement l’UFC à revoir son discours radical qui lui a permis de mobiliser les foules. Et si ce parti a aujourd’hui de sérieuses difficultés pour rassurer les Togolais qu’il n’y a aucun mal à dialoguer avec le RPT, c’est parce que l’option du dialogue contredit l’idée qu’ils se sont faite de la stratégie de Gilchrist Olympio et des moyens dont il disposerait pour éradiquer la dictature au Togo. Sur cette question de dialogue que prône l’UFC, Me Agboyibo ne manque pas d’ironiser qu’il se félicite de ce que ceux qui disaient que dialoguer avec le pouvoir RPT était une trahison s’empressent de dialoguer aujourd’hui avec lui. Après avoir prôné la rupture totale avec le RPT des années durant, Gilchrist Olympio ne peut pas facilement rentrer à Lomé pour s’asseoir, sourire aux lèvres, sous un apatam avec Faure Gnassingbé et les barons du RPT sous prétexte de célébrer la fête de l’indépendance sans effacer en un jour, la vigueur insufflée à son parti depuis tant d’années. C’est dire donc que Gilchrist et son parti n’ont aucun intérêt à se mettre d’accord avec Faure Gnassingbé sur des points qui peuvent permettre à ce dernier de tirer le meilleur parti, politiquement s’entend. Outre le fait que le gouvernement est composé de ministres dissidents de l’UFC, Gilchrist Olympio ne peut se prêter à un jeu qui pourrait être interprété comme une capitulation en raison de ses prises de positions précédentes. Surtout que certains estiment que n’ayant pas pu renverser Eyadema finalement qui est « mort de sa propre mort », il devrait se retirer de la scène politique pour laisser la place aux plus jeunes au lieu de continuer un bras de fer avec le fils de son adversaire qui a à peine 40 ans alors que lui-même en a 70. Quitte ou
double Si par la célébration du 27 avril, Faure Gnassingbé entend aussi améliorer son image aux yeux de l’opinion nationale et internationale, Gilchrist Olympio ne pouvait pas rester indifférent à l’événement. Mais dans cette confrontation avec le pouvoir RPT, les autres partis politiques, se sentent mal à l’aise. S’ils regrettent que le pouvoir RPT n’ait pas fait ce qu’il faut pour favoriser une réconciliation véritable, ils ne sont pas moins agacés de voir l’UFC s’accaparer l’héritage du nationalisme que tous les Togolais dont certains militent au sein du CAR et de la CDPA peuvent aussi se réclamer. Les partis qui n’entendent être les godillots de personne vont-ils être contraints de regarder les doigts croisés sous le menton, le spectacle qu’offrira l’UFC d’une part et le RPT et alliés de l’autre sur le dos de la fête de l’indépendance ? Il est vrai que le 27 avril sera célébré dans un contexte où toute unité d’action de l’opposition est compromise. La mauvaise gestion des suites de l’élection présidentielle du 24 avril a élargi le fossé entre les partis de la coalition. Il est difficile pour les autres partis de l’opposition d’aider l’UFC à s’accaparer l’héritage de l’«Ablodé» pour mobiliser les populations à son profit à leur détriment. Dans ces conditions, il y a de fortes chances que Gilchrist Olympio n’obtienne plus le soutien des responsables de l’ex coalition qui avaient appuyé la candidature de Bob Akitani à l’élection présidentielle du 24 avril 2005. L’UFC est ainsi condamné à réussir seule le test de la mobilisation populaire. Le 3ème vice Président de ce parti a annoncé que cette commémoration sera organisée dans la sobriété parce qu’elle coïncide avec le premier anniversaire des massacres de la dernière période électorale. Mais il n’empêche que le parti de Gilchrist Olympio devrait saisir l’occasion pour jauger sa popularité au moment où ses points de vue divergent de ceux des autres formations de la coalition sur l’objectif du dialogue intertogolais et des conditions de son démarrage. Il semble que le programme annoncé et qui est provisoire est rendu public pour tester la réaction des autorités togolaises, laquelle réaction pourrait guider la redéfinition d’un programme définitif. L’autre question est donc la réaction du gouvernement à cette célébration parallèle. Au temps du Général Président, l’annonce d’un programme parallèle était une belle occasion pour des voyous stipendiés de faire un détour à Lomé 2 et d’investir les plateaux de la télévision pour exposer des projets imaginaires de complots concoctés par Gilchrist Olympio pour troubler l’ordre public, juste un prétexte pour interdire toute manifestation parallèle. Gilchrist Olympio va-t-il encore drainer les foules comme par le passé malgré la déception qui gagne les Togolais avides de changement ? On le saura le 26 avril prochain. A. S. |
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