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Football togolais, le désordre permanent:

Le ministre Antoine Folly ou l'impuissance des dirigeants et de la FTF

27 mai 2008

Antoine Folly, le Ministre des Sports du TogoAu départ, beaucoup de personnes n’ont pas cru à une possible cohabitation entre le Président blanchi de la FTF, Tata Avlessi, et les autres membres du bureau. Vu ce qui s’est passé pendant plus d’un an, il était inimaginable de voir tout ce monde s’asseoir autour de la même table et parler du sport roi togolais. Comme dans toute œuvre humaine, le début fut difficile. Il y avait une situation de permanente tension. Sur les problèmes mineurs, les membres du bureau n’arrivaient pas à accorder leurs violons. Le climat était tellement funeste que les responsables des clubs de première, deuxième divisions et des ligues avaient, à l’issue d’une réunion, décidé de rédiger une pétition pour mettre fin au chaos. On était en route pour un nouveau recommencement. Mais le ministre de l’Administration territoriale qui préside le Comité de suivi moral, avait sauvé les meubles en invitant les parties à prendre dorénavant les décisions de façon consensuelle. Reconnaissons qu’après ce round avec le porte-parole du gouvernement, la tension a baissé d’un cran. Certaines initiatives ont été entreprises et malgré quelques difficultés, les joueurs locaux ont quand même pris part au deuxième tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN). Et selon des indiscrétions, les relations entre le Président et son premier vice-président se sont plus ou moins améliorées.

Cependant, le ver est dans le fruit et le ronge sans ménagement. Ce ver, une reine mère en somme, génère d’autres qui ne le pastichent que dans sa mission de destruction. Aujourd’hui, la FTF est devenue une pétaudière où seuls certains individus font la loi. Le «ver» dont il est question, n’est personne d’autre qu’Espoir Assogbavi, Secrétaire général, qui brille  dans des manœuvres sordides de toutes sortes. Il a réussi à emballer dans son harem d’autres membres du bureau comme Lawson-Gallus, Conseiller, doyen d’âge, Président autoproclamé après la sanction de Tata Avlessi, et autres Amavi Patatu, Secrétaire général adjoint, dont les prises de position surprennent parfois ses alliés. Dans ce capharnaüm, c’est le comportement de M. Lawson-Gallus qui surprend nombre d’observateurs. Cet homme qui avait pleurniché en décembre 2002 sur le podium de l’INFA de Tové parce que le Président de la FTF d’alors, Rock Gnassingbé, ne lui avait  pas donné un centime à gérer en dépit de son statut de Trésorier général, fait aujourd’hui la pluie et le beau temps dans l’univers footballistique togolais. C’est le spécialiste maison des missions. A preuve, c’est lui qui a conduit les joueurs togolais en Malaisie qui abrite actuellement un tournoi international  après qu’Assogbavi eut tout négocié et qu’il fut occupé par son job temporaire de Commissaire au match dans le cadre du deuxième tour du CHAN. Même un confrère de la TVT qui affectionne ces genres de situations confuses, est dans la délégation.

Le contour de ce tournoi n’étant pas bien défini, le ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, M. Antoine Folly, aurait refusé de délivrer aux «bitosards» une autorisation de sortie du territoire. Mais aveuglés par les millions brandis par les autorités malaisiennes, ils ont fait le forcing en convoyant de pauvres joueurs -la plupart évoluant au sein de la sélection cadette - sur  la Malaisie, ce pays d’Asie. Un membre du bureau a même confié qu’il serait prêt à convoyer des minimes bien que le tournoi soit réservé aux moins de 23 ans. L’essentiel est de participer et d’encaisser après coup des millions de dollars, on n’a que faire des mauvais résultats et de l’image du Togo.

Que le ministre Antoine Folly soit «frustré», c’est son droit le plus absolu. Mais qu’il n’oublie pas que c’est lui-même qui a créé ce laisser-aller, cette défiance à l’autorité. Quand on autorise les gens à aller défoncer les portes d’une institution nationale, qu’on ne soit pas étonné que ces mêmes personnes fassent ce que bon leur semble. C’est la loi de la nature: «on récolte ce qu’on a semé». Antoine Folly, le politicard de l’UDS-Togo passé avec armes et bagages dans la sphère  du pouvoir RPT qu’il a passé la plupart de son temps à combattre réfléchisse sur cette assertion de André Malraux tirée de son ouvrage «L’espoir»: «Pour le reste, plus une cause est grande, plus elle offre un grand asile à l’hypocrisie et au mensonge»

Zeus AZIADOUVO (correspondant permanent Etiame.com à Lomé)


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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