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Journée de l’enfant africain:

Pourquoi les enfants doivent occuper une place à par dans l’action extérieure de l’UE?

17 juin 2008

Des enfants de rueÀ ce jour, l’importance des enfants et de leur rôle dans le Développement ne bénéficie pas d’une attention suffisante. Pourtant, les enfants et les adolescents représentent un tiers de la population mondiale et constituent plus de la moitié de la population dans la plupart des pays en développement. En tant que groupe, ils constituent une catégorie particulière, caractérisée par un ensemble spécifique de besoins et de droits. Or, alors qu'ils constituent l'avenir de ce monde, leurs droits sont régulièrement bafoués ou négligés. Il n’est pas tenu compte de leur avis, même lorsqu’il s’agit de prendre des décisions sur des questions qui les concernent directement.

Les enfants: victimes faciles
En raison de leur vulnérabilité, les enfants doivent être placés au centre des politiques extérieures de l’Union Européenne. Cette vulnérabilité est due à leur jeunesse, à leur relative inexpérience et à leur dépendance à l'égard des soins assurés par les adultes. Les enfants sont particulièrement vulnérables face aux effets de la désintégration des familles, à l’exploitation commerciale et à la traite des êtres humains. Ils sont aussi grandement exposés aux risques découlant de la fragilité des États et des conflits armés. Ils sont vulnérables face aux risques nutritionnels et sanitaires qui peuvent menacer leur épanouissement, voire leur vie.

Des enfants particulièrement vulnérables
Certains groupes d’enfants et d’adolescents ont des besoins spécifiques et sont exposés à des risques particuliers: ce sont les enfants appartenant à des minorités ethniques ou autres, les enfants migrants, les enfants déplacés ou réfugiés, les enfants touchés par des conflits armés, les enfants soldats, les orphelins ou les enfants privés de soins parentaux, les enfants infectés par le VIH/Sida et les enfants handicapés, autant de groupes auxquels il y a lieu de porter une attention spéciale. Les filles sont particulièrement vulnérables et sont exposées à des risques supplémentaires.

Les enfants et les adolescents sont touchés dans une mesure disproportionnée par les crises humanitaires, que celles-ci soient causées par l’homme, comme c’est le cas des conflits armés, ou qu’elles résultent de causes naturelles. Dans pareille situation, les enfants souffrent tout particulièrement de malnutrition et de maladie, ce qui se traduit par des taux de mortalité élevés. Ils représentent également une partie importante des victimes de mines antipersonnel. Les enfants sont des cibles faciles pour l’enrôlement dans des groupes armés, l’exploitation sexuelle, le travail forcé et la traite internationale d’êtres humains.

Les ravages du travail forcé
Les données actuelles sont inquiétantes ! 110 millions d’enfants et d’adolescents sont victimes du travail des enfants et se voient de ce fait privés de la possibilité de recevoir une éducation. Les conditions sur le lieu de travail sont souvent dangereuses et les enfants eux-mêmes peuvent travailler comme esclaves ou être victimes de la traite. De nombreux adolescents qui cherchent un emploi rencontrent d’importantes difficultés à trouver des possibilités de travail décent. Dans bien des cas, il n’existe ni formation professionnelle, ni programmes d’amélioration des compétences, et de nombreux nouveaux venus sur le marché de l’emploi sont obligés de travailler dans l’économie informelle, sans protection sociale.

Des difficultés d'être une jeune fille
Les fillettes et jeunes filles sont particulièrement exposées aux risques généraux qui guettent les enfants. La pauvreté les contraint souvent à travailler très jeunes, dans des conditions peu supportables et dangereuses pour leurs vies. L’absence de santé sexuelle et génésique et l’absence de droits des adolescentes favorisent les relations sexuelles forcées, les mariages forcés et les grossesses non désirées, et contribuent directement au taux de nouvelles infections par le VIH dans les pays en développement. Les jeunes filles sont encore victimes du poids de traditions ancestrales qui dénigrent l'importance que la femme a pourtant dans le développement de la communauté.

Croire au potentiel des enfants: un pari pour l'avenir
À moins que des mesures ne soient prises pour placer les enfants au cœur des politiques de développement, la probabilité de réaliser les OMD se trouvera fortement réduite !
Investir aujourd’hui dans les enfants et les jeunes signifie investir dans l’avenir. Seuls des jeunes possédant une bonne éducation, des idéaux positifs, des qualifications professionnelles et un sens des responsabilités sociales auront toutes les chances de devenir des adultes attachés à des valeurs sociales saines, des personnes prêtes et aptes à apporter une contribution constructive au développement économique et social de leurs communautés. La société doit absolument améliorer la situation des enfants si elle veut prévenir la fragilité des États et assurer un développement durable à long terme, la cohésion sociale, la stabilité et la sécurité humaine.

La plupart des OMD, et notamment ceux qui concernent la santé, l'éducation, l'eau et la nutrition, ont trait au bien-être et au développement positif des enfants et des adolescents. Aujourd’hui pourtant, il semble probable que tous les pays ne seront pas en mesure de réaliser les buts fixés par les OMD.

L'Union européenne: consciente de la nécessité d'agir
Dans ces conditions, il est essentiel de porter une attention appropriée aux domaines essentiels à l'épanouissement des enfants. Tout d'abord, l’éducation. L’éducation demeure un défi majeur. Dans le monde, 72 millions d’enfants, dont 57 % de filles, ne sont pas scolarisés. Il importe de renforcer l’autonomie des enfants et des adolescents afin qu’ils puissent jouer un rôle actif dans la société et contribuer pleinement au progrès de leurs communautés. Deuxièmement, la santé, à travers des programmes d'appui à l'amélioration de la santé de la mère et de l'enfant, de façon à donner aux enfants les moyens élémentaires de bien commencer leur vie. L’Union européenne est fermement déterminée à atteindre les buts fixés par les objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Enfin, il est nécessaire de promouvoir activement les droits de l’enfant au sein des instances internationales et dans ses relations avec les pays tiers. L'UE est déjà fortement dans cette voie. La bonne coordination avec les instances des Nations unies traitant des droits de l’homme, ainsi que la délivrance de messages harmonisés et cohérents dans ces cénacles ont d’ailleurs donné plus de poids et d’impact à l’action de l'UE dans ce domaine. En outre, l’Union européenne continuera à accorder une attention particulière aux droits des filles et des enfants des minorités. A travers ses politiques et projets, elle poursuivra également les travaux qu’elle a engagés sur les enfants dans les conflits armés et à œuvrer en faveur de la prévention des conflits. La lutte contre les crimes qui touchent tout particulièrement les enfants, tels que la traite, s'appuiera sur des mesures concrètes, destinées à protéger les enfants contre la violence et l’exploitation. Les mesures préventives iront de pair avec une assistance aux enfants victimes de ces crimes en vue d’assurer leur réadaptation, leur rétablissement et leur insertion sociale à long terme.

N'oublions pas: assurer la protection de l'enfance aujourd'hui c'est créer les bases essentielles du Développement de demain.

La Délégation de la Commission européenne au Togo rend un grand hommage au courage des enfants africains!

«Une priorité particulière doit être accordée à la protection efficace des droits des enfants, à la fois contre l'exploitation économique et toute forme d'abus …»
Commission européenne

Dans les pays en voie de développement, la pauvreté cause la mort d'un enfant toutes les trois secondes. Les droits de l'enfant sont encore loin d'être universellement respectés et ses besoins fondamentaux, comme le droit à recevoir une alimentation adéquate, des soins médicaux de base ou une éducation ne sont que rarement satisfaits. En outre, beaucoup d'enfants sont contraints au travail forcé, sont victimes de la traite, ou sont impliqués comme enfants soldats dans les conflits armés.

L'Union européenne fortement engagée en faveur de la protection de l'enfance …
L'Union européenne (UE) a pris le ferme engagement de promouvoir les droits des enfants et de veiller à la satisfaction des besoins fondamentaux de celui-ci par des actions faisant partie intégrante de ses politiques internes et externes. Elle a d'ailleurs élaboré en 2006 un plan d'actions en faveur des enfants dans sa politique extérieure. L'Union européenne a fait des droits de l’enfant l’une de ses premières priorités et a lancé une invitation aux États membres à «prendre les mesures nécessaires pour réduire rapidement et sensiblement la pauvreté touchant les enfants, en donnant à tous des chances égales, quelle que soit leur origine sociale».Les droits de l'enfant font partie des droits humains universels que l'UE s'est engagée à respecter en vertu des traités internationaux et européens, et en particulier de la Convention des Nations Unies relatives aux droits de l'enfant et de ses deux protocoles facultatifs. L'UE adhère pleinement à la Déclaration des Objectifs du Millénaire pour le Développement, parmi lesquels nombreux sont ceux à porter une attention particulière aux enfants.

L’obligation qu’a l’Union européenne de respecter les droits fondamentaux, lui impose de promouvoir les droits de l’enfant au sein des instances internationales et dans ses relations avec les pays tiers. En raison de leur vulnérabilité, les enfants sont donc placés au centre des politiques de l’UE en matière de relations extérieures et notamment de sa politique de développement et d’aide humanitaire. L’Accord de Cotonou, base de la coopération au développement entre l'Union européenne et les pays ACP, énonce des dispositions relatives aux droits de l’homme et aux droits de l’enfant, y compris la participation active des jeunes citoyens à la vie publique. La stratégie de l’Union européenne pour l’Afrique mentionne comme domaines prioritaires les droits de l’enfant, la lutte contre le travail des enfants, l’éducation, la santé et les services de base, ainsi que l’attention toute particulière qui doit être portée aux enfants vulnérables.

Ainsi, plus particulièrement au Togo, la Commission européenne s'implique fortement, pour plus de 2,3 millions d'euro (soit plus de 1,5 milliards de CFA) dans la sensibilisation de la population au respect des droits de l'enfant et facilite la mise en place des projets en faveur des enfants.

Projets Localité           Durée  Montants (€)   Description
Projet de Prévention et de réhabilitation des Enfants Victimes d’Exploitation (REVE) Région Maritime           2006 - 2009    465.000

Promouvoir les droits des enfants, particulièrement des jeunes filles exploitées dans le secteur du travail domestique.

Projet d'appui à la sensibilisation et la formation sur les droits de l'enfant  Région de la Kara 2005 - 2008            99.000 Sensibiliser les familles et autorités locales aux droits des enfants et à la nécessité de les respecter.

Acte de naissance pour tout enfant   Région de la Kara      2007 - 2008    78 610 Production d'un acte de naissance pour tout nouveau né de façon à empêcher qu'il soit enlevé.
KEKELI - Projet de protection des enfants victimes d'abus dans le marché du charbon et des fruits      Commune de Lomé   2007 - 2009    80 000 Activités de formation et sensibilisation contre le phénomène d'abus et assistance sanitaire et juridique aux enfants en étant victimes.
Amélioration de la santé et de la qualité de vie des enfants et de leurs familles     Est-Mono 2006 - 2010           750 000      Faciliter l'accès à l'eau et aux infrastructures d'hygiène et d'assainissement pour améliorer les conditions de vie des enfants et de leurs familles.
Projet intégré de protection et de promotion des droits fondamentaux des enfants           Région Maritime        2007 - 2010    750 000           Renforcement des capacités des groupements destinés à promouvoir les droits des enfants.

Projet d'appui et de renforcement des capacités des mineurs défavorisés du Togo            Région maritime         2007 – 2009 80 000 Améliorer les conditions de vie des mineurs notamment dans la scolarisation et le renforcement de leur défense juridique.

Contribution à l'émancipation des enfants handicapées pour leur intégration au processus de développement durable             Région des Savanes   2007 - 2010    62 852 Appui à l'intégration des enfants handicapés au développement de la région. Promotion de leurs droits, de la non discrimination et de leur intégration sociale

Le problème spécifique de la traite des enfants
L'Union européenne agit à deux niveaux pour lutter contre la traite des enfants : prévention et action concrète en faveur des victimes du trafic. Concernant la prévention, l'UE promeut la ratification des conventions internationales contre les phénomènes de traite et de maltraitance. Son rôle au sein des instances internationales lui confère aujourd'hui un rang particulier parmi les acteurs de la lutte contre la traite des enfants. L'UE s'efforce encore d'inclure cette douloureuse question dans son cadre de dialogue avec ses partenaires. Parallèlement, l'UE finance, par le biais de sa politique de développement, des projets destinés à protéger les enfants contre la violence et l'exploitation. Elle fournit une assistance aux enfants victimes de ces crimes en vue d'assurer leur réadaptation, leur rétablissement et leur insertion sociale sur le long terme.

Cependant, malgré les efforts conjoints des autorités nationales, des bailleurs de fonds et des ONG, force est de constater qu'au Togo, le phénomène de trafic des enfants continue à prendre une ampleur inquiétante. Diverses études menées par les ONG indiquent que 2.458 enfants ont été interceptés ou rapatriés entre 2002 et 2004. En 2005, près de 313.000 enfants togolais travaillent dans des centres urbains du pays ou en dehors du pays. Le phénomène du trafic des enfants touche, à des degrés divers, toutes les localités du pays et est d'une ampleur préoccupante dans les zones transfrontalières.

Consciente de la gravité de la situation, la Commission européenne au Togo agit déjà pour lutter contre la traite des enfants. En coopération avec CARE, le projet REVE notamment (Réhabilitation des enfants victimes d'exploitation) a déjà permis que 639 jeunes filles soient sauvées de leur maltraitance et à 383 candidates au travail domestique de bénéficier d’une formation et d'être placées dans des ménages sur la base d’un contrat de travail. Depuis 2006, le projet a sensibilisé des milliers de personnes aux dangers de la traite des enfants et a mis en place un numéro vert, le 800 60 62 (appel gratuit), pour venir en aide aux victimes. Le problème est en effet bien connu des structures, togolaises comme européennes. La Commission européenne reçoit un nombre important de propositions émanant d'ONG nationales mais également européennes qui souhaitent œuvrer à la protection et à la réhabilitation des enfants victimes, en appuyant des renforcements de capacités et des missions de sensibilisation.

Ombres d'espoir cependant, on note que le phénomène, bien que persistant, a reculé sous l'influence des diverses actions menées par les acteurs qui militent en faveur des droits de l'enfant. En juin 2007, trois trafiquants ont été condamnés à Sokodé et Kara à des peines de prison ferme pour avoir tenté de convoyer des mineurs vers le Nigeria.

Quoiqu'il en soit, la Commission européenne continuera à s'investir massivement en faveur de la protection des enfants et à leur garantir les conditions essentielles à leur épanouissement. A ce propos, la Délégation de la CE au Togo exprime toute sa solidarité aux enfants togolais victimes et leur confirme de nouveau son engagement à appuyer les efforts des autorités nationales pour leur garantir l'avenir prospère qu'ils méritent.

«Le respect des droits des enfants n’est pas optionnel. Il ne s’agit pas d’une faveur ni d’un acte de gentillesse ou de charité. Il s’agit d’un droit légitime : chaque enfant a le droit de voir ses droits respectés, protégés et réalisés.» UNICEF, New York


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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