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Indicateurs
de bonne gouvernance de la Banque mondiale:
Washington déplore
le manque d’efficacité et l’absence de
responsabilité des autorités togolaises dans
la lutte contre la corruption
27 juin 2008
Faure Gnassingbé et ses ouailles crient sur tous les
toits qu’ils font de la bonne gouvernance et la lutte contre
la corruption leur bréviaire. A cet effet, ils font toujours
des discours ronflants et font naître des ribambelles d’institutions
chargées de lutter contre le fléau. Or dans la
pratique, la réalité est toute autre. La gestion
familiale et clanique des affaires de l’Etat, le cumul
des fonctions de ceux qui gravitent autour du pouvoir, le copinage,
les dessous de table et de jupe font du Togo l’un des pays
les plus corrompus au monde.
La Banque mondiale vient de dresser un sévère
réquisitoire du fléau de la mal gouvernance
au Togo. Pour l’institution
de Bretton Woods, si le pays connaît une certaine accalmie
dans sa stabilité politique, il en demeure moins dans
l’efficacité de sa politique de bonne gouvernance
si ce n’est qu’il ferme les yeux sur certaines pratiques
condamnables en matière de lutte contre la corruption.
L’institution évoque le faible et insuffisant degré du
contrôle des mécanismes de corruption, l’absence
d’efficacité des responsables gouvernementaux pour
la promotion des mécanismes de lutte anti-corruption.
Si des pays comme le Libéria qui a passé plus de
dix ans à se faire la guerre, reçoit un satisfecit
de Washington, il va sans dire que le dernier souci des autorités
togolaises demeure la bonne gouvernance. Autrement, comment demander à des
individus qui sont passés maîtres dans l’art
de la corruption, le vol de deniers publics et des trafics douteux
avec lesquels ils se sont enrichis, de se couper des herbes sous
leurs pieds?
Ci-dessous, le résumé du rapport de la Banque
mondiale sur les indicateurs de la bonne gouvernance consultable
en version anglaise sur le site: http://info.worldbank.org/governance/wgi/sc_chart.asp#
Jules Symféïtchéou,
etiame.com
La version actualisée de cette année des Indicateurs
de gouvernance dans le monde, établie par des chercheurs
de la Banque mondiale, montre que les gouvernements de nombreux
pays en développement ont fait des progrès remarquables
dans la lutte contre la corruption, et que certains d’entre
eux ont obtenu des résultats comparables à ceux
des pays riches pour l’ensemble des paramètres de
la gouvernance.
«Certains pays progressent rapidement dans le domaine
de la gouvernance, notamment en Afrique, ce qui montre qu’un
certain degré d'«afro-optimisme» serait de
mise», a déclaré Daniel Kaufmann, co-auteur
du rapport et Directeur de la gouvernance à l’Institut
de la Banque mondiale, tout en reconnaissant que les données
font aussi apparaître des différences sensibles
entre les pays, voire entre voisins au sein de chaque continent. «Les
progrès sont en rapport avec les réformes dans
les pays où les dirigeants politiques, les décideurs,
la société civile et le secteur privé considèrent
la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption comme des
facteurs indispensables à une croissance durable et partagée.»
La bonne gouvernance peut se remarquer dans des pays à tous
les niveaux de revenu, certaines économies émergeantes
obtenant des résultats similaires à ceux des pays
riches sur des dimensions clés de la gouvernance. Plus
d’une douzaine de pays émergeants, notamment la
Slovénie, le Chili, le Botswana, l’Estonie, l’Uruguay,
la République tchèque, la Hongrie, la Lettonie,
la Lituanie, Maurice et le Costa Rica ont réalisé,
pour certains aspects clés de la gouvernance, des performances
supérieures à celles des pays industrialisés
comme la Grèce ou l’Italie. Et dans bien de cas,
ces différences sont significatives au point de vue statistique.
Sur la période 2002-2007, les Indicateurs font apparaître
des améliorations sensibles de la gouvernance, mais aussi
une dégradation de la situation dans certains cas. À titre
d’exemples, on peut citer de solides améliorations
sur la dimension Voix citoyenne et responsabilité dans
des pays comme l’Ukraine et Haïti; des améliorations
sur la composante Stabilité politique et Absence de violence/terrorisme
en Argentine; et des améliorations au plan de la Lutte
contre la corruption en Géorgie et en Tanzanie.
Mais en dépit des acquis en matière de gouvernance
dans certains pays, la qualité générale
de celle-ci à travers le monde ne s'est pas véritablement
améliorée au cours de la dernière décennie.
Si certains pays ont enregistré de bons résultats,
d’autres, en nombre égal, ont vu leurs performances
se dégrader sur plusieurs aspects de la gouvernance, notamment
le Zimbabwe, la Côte d’Ivoire, le Belarus, l’Érythrée
et le Venezuela. D’autres, plus nombreux encore, n’ont
montré aucun changement significatif au cours de ces dernières
années.
Les Indicateurs donnent à penser que là où des
réformes sont engagées, la gouvernance peut être
améliorée rapidement, ce qui arrive effectivement.
Au cours de la dernière décennie, de 1998 à 2007,
des pays de toutes les régions ont affiché des
améliorations sensibles de la gouvernance, même
si dans certains cas ils partaient d'un très faible niveau.
Au nombre des exemples figurent ceux des pays suivants dans les
catégories correspondantes:
• Ghana, Indonésie, Liberia et Pérou (dans
la catégorie Voix citoyenne et responsabilité);
• Rwanda, Algérie et Angola (Stabilité politique et Absence
de violence/terrorisme);
• Afghanistan, Serbie et Éthiopie (Efficacité des pouvoirs
publics);
• Géorgie et République démocratique du Congo (Qualité de
la réglementation);
• Tadjikistan (État de droit); et
• Liberia et Serbie (Lutte contre la corruption).
«Les Indicateurs de gouvernance dans le monde et d’autres
mesures permettent de susciter le débat public sur les
enjeux et les succès de la gouvernance» déclare
Aart Kraay, coauteur des Indicateurs et économiste principal
du Groupe de recherche sur le développement de la Banque
mondiale. «Mais, en même temps, le débat sur
une gouvernance fondée sur des mesures empiriques doit
faire preuve de réalisme concernant les limites des données
existantes. À cet égard, il importe que les utilisateurs
prennent au sérieux les marges d’erreur signalées
dans les Indicateurs de gouvernance dans le monde, marges d’erreur
qui traduisent les difficultés inhérentes aux mesures
de la gouvernance au moyen d'un type quelconque de données. »
L’étude de cette année est la septième
mise à jour des Indicateurs de gouvernance dans le monde,
l’aboutissement d’une longue décennie de travail
des chercheurs à l’effet d’élaborer
et de mettre à jour le jeu le plus complet d’indicateurs
de gouvernance pour tous les pays actuellement à la disposition
du public. Cet ensemble d’indicateurs, ainsi que leurs
sources de données, sont disponibles sur le site web www.govindicators.org.
Ces indicateurs couvrent 212 pays et territoires et se fondent
sur 35 sources de données différentes pour saisir
les points de vue de dizaines de milliers de personnes interrogées
dans le monde entier au cours de l’enquête, et de
milliers d’experts des secteurs privé, public et
des ONG. Les décideurs et les groupes de la société civile à travers
le monde utilisent les Indicateurs pour évaluer les enjeux
de la gouvernance et suivre les réformes et les experts
y ont recours pour rechercher les causes et les conséquences
de la bonne gouvernance.
Améliorer la gouvernance aide à combattre la pauvreté et à relever
les conditions de vie. Dix années de recherche ont montré qu’une
meilleure gouvernance favorise le développement, et non
l’inverse. L’amélioration de la gouvernance
par un écart type entraîne une baisse de deux tiers
de la mortalité infantile et une augmentation à long
terme du revenu d’environ 300 %. Une telle amélioration
est possible puisqu’il s’agit juste d’une petite
différence entre les meilleurs et les plus mauvais élèves.
Par exemple, concernant l’État de droit, un écart
type est tout ce qui sépare la très mauvaise note
de la Somalie ou de l’Afghanistan de celle de pays comme
le Kenya et la Bolivie, ou les notes de ces derniers pays de
celles du Ghana ou de l’Égypte, ou ces deux pays à leur
tour, du Portugal ou de l’Estonie, ou encore le Portugal
et l’Estonie des meilleurs performants comme le Danemark
ou la Suisse.
Il a également été établi que la
bonne gouvernance améliore sensiblement l’efficacité de
l'aide au développement en général, et des
projets financés par la Banque en particulier.
«Jusqu’au milieu des années 90, je ne pensais
pas que la gouvernance pouvait être mesurée. Les
indicateurs de gouvernance dans le monde m’ont convaincu
du contraire» déclare Shlomo Yitzhaki, Directeur
du Bureau central de statistique d’Israël et professeur
d’économie à l’Université hébraïque. «Ce
rapport représente le nec plus ultra en matière
d’élaboration d’indicateurs périodiques
de gouvernance qui peuvent aider considérablement les
analystes politiques et les décideurs dans l’évaluation
des performances de leurs pays. Exceptionnellement, il rend publiques
les données agrégées et désagrégées,
ainsi que les marges d’erreur estimatives pour chaque pays.
Incontestablement, il établit la norme pour la transparence
des données.»
Le texte intégral du rapport «Les problèmes
de gouvernance VII», la synthèse des principaux
résultats et la nouvelle version actualisée des
données des Indicateurs de gouvernance dans le monde sont
disponibles à l’adresse: http://www.govindicators.org.
Les indicateurs de gouvernance dans le monde ne reflètent
pas la position officielle de la Banque mondiale, de son Conseil
des administrateurs ou des pays qu’ils représentent.
Le Groupe de la Banque mondiale n’utilise pas ces indicateurs
pour affecter des ressources.
INFORMATIONS DE BASE
LES INDICATEURS DE GOUVERNANCE DANS LE MONDE
2008
De même que l’importance de la bonne gouvernance
pour le développement et l’efficacité de
l’aide est de plus en plus reconnue, de même s’accroissent
les initiatives visant à mesurer et suivre les résultats
en matière de gouvernance.
Le projet des Indicateurs de gouvernance dans le monde tente
de mesurer la gouvernance en faisant la synthèse des points
de vue et des rapports de diverses sources, notamment Economist
Intelligence Unit, Latinobarometro, Afrobarometer, Forum économique
mondial, Freedom House, Gallup World Poll, Bertelsmann Transformation
Index, Base de données sur les profils institutionnels
des organismes du Gouvernement français, Perspectives économiques
en Afrique du Centre de développement de l’OCDE,
Indice global d’intégrité, Political and
Economic Risk Consultancy en Asie, et Reporters sans frontières,
entre autres.
Les auteurs des Indicateurs de gouvernance dans le monde définissent
la gouvernance comme les traditions et les institutions par lesquelles
l’autorité s’exerce dans un pays. Il s’agit
notamment du processus par lequel les pouvoirs publics sont choisis,
suivis et remplacés; la capacité des pouvoirs publics à élaborer
et appliquer efficacement des politiques saines; et le respect
par les citoyens et l’État des institutions qui
régissent les interactions économiques et sociales
entre eux.
Les Indicateurs de gouvernance dans le monde mesurent les six
définitions globales suivantes de la gouvernance en saisissant
les éléments clés de ces définitions
:
• Voix citoyenne et responsabilité : mesure à quel
point les citoyens d’un pays peuvent participer à la
sélection de leurs gouvernants, ainsi que la liberté d’expression,
d’association et de presse.
• Stabilité politique et absence de violence : mesure la probabilité d’une
déstabilisation ou d’un renversement de gouvernement par des moyens
inconstitutionnels ou violents, y compris le terrorisme.
• Efficacité des pouvoirs publics : mesure la qualité des
services publics, les performances de la fonction publique et son niveau d’indépendance
vis-à-vis des pressions politiques.
• Qualité de la réglementation : mesure la capacité des
pouvoirs publics à élaborer et appliquer de bonnes politiques
et réglementations favorables au développement du secteur privé.
• État de droit : mesure le degré de confiance qu’ont
les citoyens dans les règles conçues par la société et
la manière dont ils s’y conforment et, en particulier, le respect
des contrats, les compétences de la police et des tribunaux, ainsi que
la perception de la criminalité et de la violence.
• Lutte contre la corruption : mesure l'utilisation des pouvoirs publics à des
fins d’enrichissement personnel, y compris la grande et la petite corruption,
ainsi que « la prise en otage » de l’État par les élites
et les intérêts privés.
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