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- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Tchad: Du soutien de la France au régime despotique de Idriss Déby Itno
Chirac prouve son aversion pour l’instauration de la démocratie en Afrique

Deby a eu chaud, très chaud, suite à l’offensive rebelle contre N’Djamena le Jeudi 13 avril dernier. Depuis, la paranoïa et l’incertitude règnent dans les sphères du pouvoir quant à une longévité de la dictature qui s’est emparée du Tchad depuis 1990. Et le bras de fer qui se poursuit entre ce qui reste des soldats loyalistes et les rebelles est loin de rassurer le parrain françafricain et le protégé tchadien. Surtout que l’ingérence de la France dans la vie politique de ce pays pour soutenir la dictature de Deby, est loin de calmer la colère des rebelles du FUC (Front uni pour le changement) qui entendent mener dans les jours à venir, la plus grande offensive militaire contre N’Djamena afin de bouter du pouvoir, les despotes qui prennent les tchadiens en otage.

Même si une certaine accalmie est observée depuis le week-end dernier les rebelles ont fait savoir que leur retrait répond d’une stratégie en vue de préparer l’assaut final contre N’Djamena. Et à Paris tout comme dans plusieurs capitales africaines, on se plaît à compter les derniers jours de l’ère Deby.

Pour parer au plus pressé et ratisser d’un large soutien au sein de la communauté internationale, soutien qu’il n’a d’ailleurs pas, hormis l’appui de Chirac, Idriss Deby Itno lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale tchadienne, a publiquement accusé le soudan de fournir le matériel militaire et toute la logistique aux rebelles pour déstabiliser son régime. Pour lui, le pouvoir de Khartoum qu’il qualifie de traître et de génocidaire, est entrain de reconstituer la rébellion du Front uni pour le changement (FUC) en vue d’une nouvelle attaque contre N’Djamena.

Prenant la mesure de la situation le Chef de l’Etat tchadien a décidé de boucler sa frontière avec le soudan et de rompre ses relations diplomatiques avec le gouvernement de Khartoum tout en se retirant des négociations de paix sur la province soudanaise du Darfour à Abuja (Nigeria) et demande à l’Organisation des Nations Unies de garantir ses frontières et de prendre des sanctions contre Omar El Béchir.

Panique générale et désordre à N’Djamena
La défense du régime a été ébranlée lors de l’assaut des rebelles contre N’Djamena causant une perte énorme en vies humaines dans son rang. De nombreux commandants de brigade ont été tués dont le chef d’Etat major de l’armée de terre Abakar Youssouf Itno, neveu du président et un des éléments importants du pouvoir. Sa mort a porté un coût terrible à Deby, ainsi qu’à l’armée.

Un responsable militaire tchadien a même confirmé que «le gros de l’armée a déserté, compte contenu de nombreuses attaques des rebelles». Mais la France, surtout son président finissant Chirac qui ne rate aucune occasion pour voler au secours des dictatures en difficulté, prouvant ainsi son aversion pour la démocratie en Afrique, a porté assistance à la dictature tchadienne en ordonnant le bombardement des positions des rebelles sous prétexte d’un accord de protection et de défense entre les deux pays.

D’après le chef rebelle du Scud un autre mouvement armé de libération du Tchad, Yaya Diallo Djerrou, «… l’offensive militaire du pouvoir a été organisée avec l’appui de l’ambassade de France» qui, grâce aux dispositifs militaires aériens et terrestres de la puissance tutélaire cantonnés à N’djamena, Faya au nord et Abéché à l’est depuis l’Opération Epervier des années 1985 contre la Libye, a transporté sur les champs de bataille, le matériel militaire et des militaires tchadiens au moment où ses avions de combat surveillaient tous les déplacements des rebelles.

Ainsi, pour colmater les brèches, Deby a ordonné la libération de certains responsables de l’armée arrêtés après le coup d’Etat manqué du 15 mars dernier, mais cela ne rassure pas les Organisations non gouvernementales (ONG) internationales et la représentation onusienne qui ont décidé de restreindre leurs actions dans la pays.

Deby Itno s’oppose à Deby Itno
La fracture entre Deby et ses plus proches collaborateurs depuis plus d’un an, a engendré la rébellion qui fait fureur aujourd’hui à Adré à l’est du pays. Ce clash d’avec les principaux artisans de l’avènement du président tchadien au pouvoir en 1990, a drainé des membres de la tribu des Zaghawas, l’ethnie de Deby à se désolidariser de ses méthodes de gestion du pouvoir qui tendent vers l’instauration d’un parti unique et d’une monarchie de fait. Depuis, les dissensions et les désertions des officiers les plus gradés de l’armée sont monnaie courante, y compris au sein de cercle très rapproché du clan présidentiel.

Dès lors, chaque jour apporte son lot de déserteurs: Sébi Aguid, le fidèle des fidèles n’a pas hésité à rejoindre les rebelles du SCUD au Soudan, ainsi que le général Issaka Diar, tandis que le représentant du Tchad auprès de l’Union africaine Idriss Abderhamane Dicko, un homme influent parmi les Bideyat, le clan de Deby, annonce qu’il rejoignait les rangs de l’opposition politico-militaire.

A en croire un opposant à N’Djamena, les jeunes piliers de l’armée tchadienne ont également déserté à l’instar du colonel Kessou, un officier du sous-clan de Deby.

Pour le gouvernement, ces défections n’ont pas de réelles répercussions sur la stabilité du pouvoir et sur les échéances électorales à venir. Dans cette atmosphère on ne peut plus délétère, le Mouvement patriotique du salut (MPS) le parti au pouvoir, a investi Idriss Deby le dimanche 5 mars comme son candidat aux élections présidentielles du 3 mai prochain. Cette candidature a été rendue possible grâce au tripatouillage de la constitution de juin 2005, qui permet au président sortant de rempiler une nouvelle fois après 15 ans de pouvoir absolu. Il faut dire que le Président tchadien a été inspiré du charcutage de la Constitution togolaise du 30 décembre 2002 par le défunt président du Togo Eyadema, qui pour se maintenir à la tête de l’Etat et réaliser son rêve de «mourir au pouvoir», a trucidé la règle de la limitation du mandat présidentiel à deux quinquennats.

Gestion opaque des fonds publics et gèle des avoirs de l’Etat par la Banque mondiale
Depuis plusieurs mois le régime est contesté de toutes parts, non seulement de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur. Ainsi la Banque a ordonné le gèle des avoirs de l’Etat à cause du non respect des accords signés entre l’institution de Bretton Woods et l’Etat tchadien. En effet l’Assemblée nationale tchadienne avait révisé le 29 décembre dernier, la loi prévoyant la restriction dans l’utilisation des revenus pétroliers par la création d’un fond d’épargne pour assurer la bonne gouvernance. Mais le pouvoir tchadien préfère utiliser ces fonds pour financer l’achat des armes afin de renforcer les dispositifs de son armée. Devant une telle insouciance de la misère qui gangrène les populations tchadiennes et alors que le pays ploie sous une dette exorbitante, le président de la banque mondiale, Paul Wolfowitz a annoncé l’arrêt de tous les programmes de financement du Tchad évalués à 124 millions de dollars et le gèle de 100.000 millions de dollars à Londres.

Pour protester contre cette décision de la Banque mondiale, l’homme fort de N’Djamena a menacé de clouer la production du pétrole de son pays, estimée entre 100 000 et 200 000 barils par jour. En brandissant cette menace en cette période où les cours de l’or noir ont dépassé les 70 dollars le baril, Idriss Deby veut attirer l’attention de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis pour intervenir dans la crise qui l’oppose à Wolfowitz. Ces derniers qui exploitent les gisements de Doba (situé au sud-est du pays) à travers la multinationale Exxon-Mobil et Chevron et l’opérateur malaisien Petronas ont intérêt à ce que la situation ne se dégrade pas au Tchad. Voilà pourquoi ils ont proposé leur médiation afin de trouver une solution pacifique à la crise tchadienne.

Mais c’est compter sans les nombreux appuis dont bénéficient les rebelles, même au sein de l’administration Bush et les milieux politiques français qui n’oublient pas qu’en juin 1998, Déby avait expulsé une quinzaine d’espions français et réservé le même sort à l’Ambassadeur français en mars 2000. On susurre d’ailleurs que le matériel militaire utilisé par les rebelles du FUC, proviennent des stocks d’armement chinois, lesquels achètent 85% du pétrole soudanais et ont racheté la société canadienne Clivden qui dispose de permis de prospection de l’or noir tchadien accordé par Déby qui, faute grave pour Pékin, reconnaît Taïwan, mais se refuse à avoir des représentations diplomatiques avec la Chine.

La détermination des rebelles va faire basculer la situation qui reste confuse à N’Djamena. Le seul appui dont dispose Idriss Deby, la France, grâce à son soutien militaire, notamment le dispositif Epervier qui totalise 1200 hommes, 6 chasseurs mirage et des hélicoptères, ne peut émousser l’ardeur d’un peuple à la liberté et au changement.

Idriss Deby qui est venu au pouvoir en renversant Hissène Habré par les armes, après l’avoir accusé de gérer le pays avec une opacité qui le conduit à la ruine, est accusé à son tour par ses compatriotes de gestion calamiteuse et d’instauration d’un régime dictatorial. Son pays, l’un des plus pauvres de la planète malgré l’exploitation de l’or noir est au bord de l’axphysie économique.

Le déclin de l’ère Deby est donc proche même si Chirac joue sa dernière carte en essayant de le maintenir au pouvoir contre l’avis des tchadiens. Il est temps que les pays africains se débarrassent des assoiffés de pouvoir pour permettre à des hommes nouveaux et intègres de repenser le développement du continent, redonnant ainsi aux populations africaines, l’espoir d’un renouveau économique.

Dossier réalisé par Yves Lawson et Nono Mitonyawo, Rédaction Etiame.com

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