Maintenant c'est LE CHOC DES MOTS ET LE POIDS
DES PHOTOS!...
Lorsque le journal français PARIS-MATCH
tronque la réalité socio-économique togolaise
contre des espèces sonnantes
08 juillet 2008
Lettre ouverte à Monsieur Christian
de Villeneuve, Directeur Général des Rédactions
Cher monsieur,
Un de nos fidèles lecteurs a attiré notre attention,
sur un article consacré au Togo, publié sur huit
pages sous forme de communiqué, sous le titre: «LE
TOGO pour l'amélioration du quotidien des populations»,
dans le dernier numéro du mois de juin 2008.
Ce lecteur a pris connaissance de ce communiqué dans
votre magazine qui lui a été distribué au
cours d'un vol Air France au départ d'Abidjan vers Paris,
durant le weekend dernier.
Ayant lui-même dû quitter le Togo depuis peu, (comme
tant d'autres déjà) après y avoir passé plus
de dix ans en tant qu'opérateur économique, en étant
aujourd'hui obligé d'expatrier son activité de
ce pays, à cause du grave et durable marasme qui y sévit
encore du à des raisons qui sont exactement à l'opposé de
l'exposé dithyrambique qu'il a pu lire dans votre hebdomadaire,
vous pouvez imaginer qu'elle fut sa surprise et son écœurement. A
un tel point que dès son arrivée à Paris,
il s'est rendu au premier kiosque de Roissy Charles de Gaulle,
et a été surpris en feuilletant le même numéro,
de ne point y trouver ce cahier de 8 pages.
Ce qui semblerait donc indiquer que cet encart n'a été diffusé que
dans les éditions vendues à l'étranger de
votre magazine, et pas dans ceux vendus en France.
La situation du Togo est si grave du point de vue économique,
social, des droits de l'homme, de la gouvernance..., que la lecture
de ces huit pages de Paris-Match est ressentie chez nous comme
une insulte, tant par l'immense majorité de nos frères
togolais, que par les nombreux investisseurs qui ont tenté de
contribuer à l'essor de ce pays et qui sont aujourd'hui
désabusés devant l'incurie du Président
de la République et de son gouvernement, pour commencer à résoudre
les problèmes majeurs de ce pays dans le sens d'une fiscalité plus
juste, de la sécurisation juridique des investissements
complètement inexistants aujourd'hui (constatée
par la visite récente d'une délégation du
MEDEF conduite par M. Patrick Lucas), des avancées sociales,
en sachant qu'en 1982, le salaire de base de la 1ère catégorie,
dans la Convention collective des industries du Togo, était
de 15.136 FCFA non dévalués contre 16.687 FCFA
aujourd'hui, alors qu'il suffit de savoir que le prix du Kg de
pain est passé de 234 FCFA à 700 FCFA, celui du
kilo d'igname de 106 FCFA à 336 FCFA, le Kg de bifteck
de 750 FCFA à 3.000 FCFA, le Kg de riz de 214 FCFA à 461
FCFA, le kilo de maïs étant passé de 97 FCFA à 280
FCFA, le poisson frais (carpe) de 633 FCFA à 3.500 FCFA,
le litre de pétrole lampant servant à éclairer
les maisons à la campagne de 135 FCFA à 370 FCFA
le litre, l'essence de 200 FCFA à 505 FCFA, sans oublier
le prix de la place en taxi collectif qui est passé de
25 FCFA à 200 FCFA, tandis que le loyer d'une chambre
en centre ville a augmenté de 2.000 FCFA par mois en 1982 à 10.000
FCFA aujourd'hui, et le prix de la consultation médicale
au CHU-Tokoin de 600 FCFA à 2500 jusque 6000 FCFA aujourd'hui,
... etc. (Source Nadim Michel Kalife, économiste togolais
reconnu, juin 2008).
Ce même économiste dans le même article publié au
mois de juin apporte des précisions édifiantes: «Je
m'étais souvent posé la question suivante: «...Pourquoi
notre gouvernement a toujours refusé de procéder à une
réforme fiscale visant à attirer des investisseurs
dynamiques, tant étrangers que de la diaspora togolaise,
permettant de créer de nombreux emplois et de rapporter
plus de recettes aux impôts par élargissement de
l'assiette fiscale?»
Figurez-vous que je crois comprendre pourquoi: notre économie
est enserrée dans un réseau de commerce de type
maffieux, où une minorité privilégiée
n'a guère intérêt à l'avènement
d'un système fiscal allégé qui ouvrirait
le marché à des milliers de nouveaux opérateurs économiques
qui leur feraient concurrence en les éliminant dans une
compétition loyale et transparente. Ces gens-là ont
plutôt intérêt à maintenir en place
un système fiscal rebutant, qui assure leur domination
en leur donnant l'avantage d'écraser leurs concurrents
payant trop d'impôts et l'intégralité des
droits et taxes, alors qu'eux-mêmes ne paient ni impôts,
ni douanes, ni les autres taxes. Et le pays dépérit
tout doucement pendant ce temps-là... Il suffit de constater
comment, jour après jour, des commerces se ferment et
des opérateurs économiques étrangers quittent
notre pays pour s'installer ailleurs où l'activité économique
est plus correcte, sans discriminations fiscales et douanières...»
Pour être très précis à son sujet,
sachez qu'après avoir été auditionné avec
grand intérêt par la mission conjointe dépêchée
au Togo par la Banque Mondiale et le FMI à l'issue des élections
législatives d'octobre 2007, et après avoir participé à la
meilleure émission télévisée du moment,
le magazine 7 sur 7 diffusé par la chaîne télévisée
TV7, en y assénant les mêmes vérités,
M. Kalife a reçu des menaces à son domicile même.
Comme le dit si bien dans votre communiqué le titre du
chapitre consacré au «Tourisme et Droits de
l'Homme» «L'autre facette du Togo», nous
tenions à vous préciser que celle-ci assurément
a échappé aux rédacteurs.
Comment osez-vous dans ces conditions publier un article qui
s'intitule: «Le Togo pour l'amélioration du
quotidien de ses populations»
Nous venons de citer quelques éléments crédibles
et vérifiables par quiconque se rend au Togo aujourd'hui
même, pour contrebalancer l'ignominie des assertions que
vous avez publiées. Mais ce n'est pas tout.
Nous avons examiné avec attention les annonceurs publicitaires
togolais qui ont contribué à l'achat de la parution
de ce communiqué: Union Togolaise de Banque, Lonato (Loterie
nationale Togolaise), SNPT (Société nouvelle des
Phosphates du Togo), PAL (Port Autonome de Lomé), FER
(Fonds d'Entretien Routier).
Savez-vous seulement en acceptant indirectement l'argent de
ces sociétés, qu'elles figurent toutes parmi les
sociétés étatiques de la place les plus
décriées en matière de gouvernance politique
et économique, tant les choses se confondent dans ce domaine
au Togo. Si vous daignez consacrer un peu de temps à la
lecture des nombreux articles qui émaillent sur le même
sujet notre blog, vous constaterez que c'est à leur tête
que l'on trouve en effet les dirigeants économiques les
plus corrompus du Togo.
Voilà, trop brièvement exposée, Monsieur
le Directeur Général des rédactions, le
vrai visage du Togo en ce début de 21° siècle.
Nous savons que ce qui est présenté sous forme
de communiqué dans votre magazine, n'engage pas directement
votre rédaction, vous admettrez avec nous en vous référant à votre
professionnalisme journalistique, que seuls les professionnels
ou les initiés disposent des véritables éléments,
pour faire la différence entre la réalité et
ce qui s'apparente ici à un mensonge d'Etat. Sauf à connaître
personnellement le pays, le lecteur fait confiance à un
reportage qu'il croit être celui de votre rédaction.
En regardant la signature en page 8 de ceux qui ont commis ce
forfait (l'Agence ECO-NEWS) nous avons reconnu là encore,
la marque d'une équipe «bien intentionnée» qui
circule dans les pays africains pour se mettre au service de
leurs dirigeants qui ne pourraient jamais lire dans un magazine
de renom tel que PARIS-MATCH de tels propos
sur leur pays, s'ils émanaient d'un journaliste appartenant à votre
rédaction.
Le seul constat honnête que pourrait en réalité tirer
un de vos journalistes de notre situation locale se situe aux
antipodes de ce qui est publié ici. Comme nos dirigeants
africains dans leur immense majorité, ont une telle soif de
reconnaissance, ils en sont réduits à acheter à coups
de centaines de millions de F CFA, des plumes complaisantes (il
en existe hélas !) toujours prêtes à se
vendre moyennant finances, pour écrire les propos
les plus enchanteurs sur des pays qui en réalité (comme
c'est le cas aujourd'hui du Togo) sont de véritables champs
de ruines économiques et sociales.
Vous admettrez avec nous, en regardant simplement ce qui se
passe aujourd'hui même au sommet de l'UA à Charm
el Cheikh, que l'actualité nous donne raison.
En réalité, ECO-NEWS et consorts sont de véritables
prédateurs, et en acceptant de leur ouvrir vos colonnes,
vous ne nous rendez pas service, nous qui souffrons tous les
jours dans notre chair de cette situation.
Nous souhaitons ainsi attirer votre attention et celle de vos
confrères, auxquels nous ne manquerons d'adresser copie
de la présente, sur une attitude à bien des égards
préjudiciable à l'immense majorité des populations
d'Afrique.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Directeur Général,
nos sentiments confraternels.
togognassfaureland.blogg.org
La rédaction
Publié par sylvanus à 03:29:31 dans togognassfaureland
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