TAVIO AMORIN, 16 ans déjà:
Hommage, biographie et commémoration à Bruxelles
24 juillet 2008
"J'ai semé des
graines, et elles germeront immanquablement."
Kwame Nkrumah
En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le peuple
Togolais et particulièrement tes amis et compagnons de
lutte du MO5 veulent t'exprimer la reconnaissance et te rendre
un vibrant hommage. Nos pensées vont à ta famille, à ton
fils unique Eugénio. Patriote de toujours, nationaliste
jusqu'au fond de l'âme, tu resteras un modèle pour
notre peuple et surtout pour sa jeunesse.
Camarade Tavio, tu as marqué le MO5 d'une empreinte ineffaçable.
Pour nous qui portons devant l'Histoire le terrible poids de
faire rayonner ce Mouvement, nous faisons, devant ta mémoire,
serment de poursuivre le combat, même au prix de notre
vie.
Tu nous as quittés au moment où nous avions eu
le plus besoin de toi. Tu es parti mais ton souvenir reste vivace
dans nos cœurs. Même tes ennemis, les ennemis du
peuple te savent gré pour ton courage, ton intelligence
et ton engagement politique.
Maintenant que peu à peu, du camp de ceux qui hier encore
nous donnaient la chasse dans les rues de Lomé, s'éveille
la « conscience nationale », nous voulons saisir
l'occasion de ce 16e anniversaire pour te dire que la semence,
ta semence commence à germer. Il poussera pour le bien
et le bonheur de tous les Togolais. Et c'est ensemble un jour
que tous, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, civils et
militaires, nous irons nous incliner pieusement sur ta sépulture.
Camarade Octave Tavio Tobias Ayao Amorin, le MO5 te salue! Reçois
cet acrostiche comme une libation:
Tavio, ta vie reste un exemple de lutte
Avec toi le MO5 a vu le jour
Valeur sûre de la jeunesse togolaise
Inoubliable et immortel est ton nom
Ondulatoires seront tes idées
Amoureux des causes nobles
Modèle pour la jeunesse panafricaine
Orfèvre de l'Or de l'Humanité
Rien ne pourra te faire oublier
Indéniable est ton aura sur nous
Nous vaincrons car notre cause est juste!
Bruxelles, le 23 juillet 2008.
Pour le Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5),
Eloi Koussawo, Coordinateur Général
À LA
MÉMOIRE DE TAVIO AMORIN: LE MO5 RECONNAISSANT
"Seuls vivent les morts dont on chante le nom."
L. S. Senghor
Voici 16 ans que le bandit du 13 janvier a armé des bras
pour te ravir à notre affection. Camarade Tavio, le MO5
demeure orphelin de ta tragique disparition; mais tu sais bien
que la mort est un commencement. Figure majestueuse de la jeunesse,
tu ne seras jamais oublié! Hier comme aujourd'hui, nombreuses
sont les voix qui s'élèvent pour te rendre hommage,
toi qui a donné le nom MO5 à notre Mouvement.
Qu'il nous soit permis de reprendre ici comme un témoignage,
l'hommage que monseigneur Dovi Ndanu t'a rendu il y a déjà quelques
années:
"Précieuse est la mort qui achète la vie
au prix du sang versé!"
Mon cher Tavio, permets à ton ancien Directeur et professeur
du collège Saint Joseph d'apporter son joyau à la
couronne de gloire qui ceint désormais ta tête comme
un glorieux jeune martyr de la démocratie naissante togolaise.
Dans les années 1971-1977, tu étais déjà un
garçon décidé, très brillant qui
avait de la rigueur dans le travail où transparaissait
un sens de responsabilité en éclosion. Il y a des
années et des promotions dans la vie d'un collège
qui font resplendir son image de marque, dorent les blasons et
font grand honneur à l'établissement. Je pense à cette
illustre promotion de l'année 1976-1977 et en particulier
cette classe de Terminale C où tu brillais comme une étoile
parmi d'autres, et où se sont donnés comme rendez-vous
des génies en herbe pour ainsi dire. Et je me souviens
par ailleurs de ces cours de catéchèse où tu
montrais ton culte de la vérité, ton sens élevé de
la liberté et ton respect de l'autre en tant qu'autre.
Cela ne m'avait donc pas surpris de te savoir admis dans les
Grandes écoles des ponts et chaussées et d'autres études
de hauts niveaux. Ton esprit imaginatif et inventif t'a permis
d'avoir beaucoup de cordes à ton arc. Tu as démontré ta
culture socio-politique, juridique et économique à la
Conférence Nationale Souveraine.
Oui, c'est à la Conférence Nationale Souveraine
que tu t'es fait distinguer et personne ne se trompait sur ton
avenir radieux. Tes interventions intelligentes et pertinentes,
d'une vigueur et d'une rigueur secouaient tout le monde dans
la salle Fasao. Tes analyses d'une acuité extraordinaire
et tes diagnostics sans complaisance sidéraient tout le
monde. On a beau te classer dans les rangs des dits "extrémistes",
mais force était de reconnaître que tu n'étais
pas de ceux qui se sont salis les mains et que tu voulais la
vérité et rien que la vérité. On
sentait dans tes propos cet amour du peuple Africain, de ton
peuple Togolais et tu lui voulais un lendemain meilleur, mais
planifié, dépouillé de toute compromission;
un lendemain fait de justice, de vérité, d'amour
et de paix véritable.
Je me souviens! Dans la salle Fasao, à la sortie d'une
des premières assises, tu me rencontras dans les couloirs
et entre deux pauses; et tu me dis: "père Directeur,
me reconnaissez-vous? C'est vous qui avez fait de nous ce que
nous sommes aujourd'hui". Mon humilité de Directeur
et de professeur de collège en avait pris un coup. Mais
j'étais fier! Fier de toi!
Oui je t'ai reconnu dans ton dévouement courageux et
généreux sans détour . Jeune homme tout
d'une pièce, et qui ne fait rien à moitié.
Jeune homme convaincu de la noblesse de la cause qu'il défend:
tu voulais un Togo nouveau, prospère, vraiment démocratique
d'une démocratie authentique. Tu souffrais de ce que des
gens maîtrisaient mal ce qu'ils disaient et faisaient.
Tu veux que tous les aspects de ce renouveau togolais soient
bien cernés et dans toutes les dimensions. Tu me confias
un matin, deux semaines avant l'attentat qui t'a coûté la
vie, dans la salle du palais des Congrès, ton désaveu
de ce que certaines discussions au HCR accusaient trop du juridisme
et ne tenaient pas assez compte des aspects politiques.
Ta détermination pour l'accouchement d'une vraie démocratie
sans bavure au Togo, va coûter le sacrifice de ta vie.
De tout ton être, de toute ton âme, de toutes tes
forces tu t'es plongé dans cette fièvre de la démocratie
qui a fini par te consumer. Ce jeudi 23 juillet 1992, cette nuit
là-même, j'étais en train de donner une causerie
sur notre Conférence Nationale Souveraine aux moines Bénédictins
dans leur Couvent à Encalcat dans le Sud de la France à Tarn.
A cette heure là-même, tu tombais sous les balles
scélérates de ton lâche et pervers assassin.
Tavio, tu as vécu comme quelqu'un qui ne voulait rien,
n'attendait rien, n'aspirait à rien que la liberté pour
le Togo, une liberté génératrice de paix
et de prospérité. Tavio, tu rejoins la phalange
de ceux qui ont versé leur sang pour que le processus
démocratique aboutisse au Togo. Sur ce fond de nobles
témoins, ta figure se révèle éminente
de jeunesse et d'avenir. En toi nous saisissons l'âpre
secret du grain qui meurt, le sang versé, l'amour vainqueur,
et cette croix qui nous relève.
"Si l'espérance t'a fait marcher
Plus loin que ta peur,
Tu auras les yeux levés.
Alors tu pourras tenir
Jusqu'au soleil de Dieu"
"Heureux qui donne sans compter
Jusqu'à sa propre chair!
Il trouve en Dieu sa liberté,
Visage découvert."
Adieu Tavio, tu pousseras comme un grain de sénevé!
Mgr Dovi Ndanu
Bruxelles, le 23 juillet 2008.
La Coordination Générale du MO5
TAVIO AMORIN AVAIT UN SCEPTRE À LA
MAIN
"Je préfère leur histoire plutôt que
leur éloge; car on ne doit aux morts que ce qui est utile
aux vivants: la vérité et la justice."
Condorcet
L'assassinat de Tavio Amorin est plus qu'un drame national.
C'est une perte inestimable pour une jeune nation comme le Togo
qui a plus que besoin du talent et de l'engagement de ses fils.
Des plus doués surtout.
Pour ces compagnons et pour ceux qui l'ont approché, Tavio était
tout simplement né pour conduire et indiquer la voie.
En effet, il y a 16 ans jour pour jour, la nation entière
s'était réveillée sous l'onde de choc que
les médias et le bouche-à-oreille ont entraînée
dès l'annonce du lâche et cruel attentat au fusil
mitrailleur qui a fauché ce compagnon. Ce fut un acte
de haute barbarie commandité par les ennemis du peuple
togolais, les assassins de la liberté: Eyadéma
et ses partisans.
Quoiqu'il en soit, les mains qui ont exécuté ce
jeune homme d'une stature exceptionnelle, sont connues. Boukpessi
et Karéwé. Le peuple togolais attend le jour de
vérité et de justice.
En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son appellation compacte
et sonnante à l'intelligence et à l'esprit inventif
de ce co-fondateur regretté, invite la nation toute entière à prier
avec ferveur pour le repos de son âme.
Le MO5 renouvelle ses hommages à l'illustre compagnon
et propose aux visiteurs du site cette biographie intitulée
TAVIO, COMME UN MÉTÉORE, publiée il y a
16 ans par un journaliste togolais de talent: Léopold
Ayivi qui périra, lui-même, ironie du sort, sous
les balles meurtrières des tueurs à gage d'Eyadéma.
Tavio est né en 1958, année où la lutte
pour l'indépendance battait son plein. Son père
Carlos Amorin, à l'époque agent de la UAC, était
engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus
Olympio et d'autres comme Firmin Abalo, Michel Folly… De
sa mère, Adolé née Goeh-Akué, commercante
de naissance, mais anciennement caissière à la
BCEAO, Tavio était le premier garcon et le dernier enfant
après ses trois sœurs: Sophie, Henriane et Chantal.
Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans
la maison familiale, maison Amorin, sise Avenue Thiers à l'époque.
C'était une grande maison qui, pendant les grandes vacances,
arrivait à rassembler une cinquantaine d'enfants. Ce cadre
lui a permis de développer l'esprit d'équipe et
de cultiver la tolérance.
Il fit ses premières années scolaires à l'école
catholique de Kokétimé. C'était en 1964
où il était admis à la garderie. Il suivit
le cours normal jusqu'au CM2 où il obtient son CEPE avec
mention très bien, en 1970, date à laquelle il
entame ses études secondaires au collège Saint
Joseph.
Un très bon élève
Tavio était un très bon élève, toujours
classé parmi les premiers. Il était le potache
qu'on aimait bien. Sauf qu'il écrivait comme un … crabe.
Et il a gardé cette calligraphie extrêmement nerveuse,
jusqu'à l'âge adulte.
Le football était son violon d'ingres. Cela a failli
déjà lui coûter la vie. C'était en
1969 à Kokétimé, où il avait été élève
quelques années auparavant. La partie était âpre,
comme on savait en livrer à cet âge-là.
Sur une balle aérienne, deux têtes entrent en collision.
Celle de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à enfler à vue
d'œil. On appela un médecin à son chevet:
ce médecin était un certain Dr Marc Attidépé.
Depuis qu'il est rentré d'exil, tous les samedis après-midi,
il retournait à l'école catholique de Kokétimé revivre
l'ambiance de son enfance. Son autre grande passion était
les bandes dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek
le Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et suivait Tintin et
Milou dans toutes leurs pérégrinations. Même
devenu homme politique, il ne dédaigne pas emprunter les
BD de ses neveux.
Ce fils unique, seul garçon parmi trois filles, n'avait
pas été choyé par sa mère. Son éducation
fut tout à fait spartiate, comme la petite bourgeoisie
de l'époque savait en donner à ses rejetons. S'il
arrivait à Tavio de se rendre coupable de quelques menus
méfaits, il recevait fessées et gifles comme tout
le monde: Sa maman l'obligeait à laver lui-même
son linge. Et s'il refusait d'obtempérer, il était
tout simplement privé du prochain repas.
Après son baccalauréat au collège Saint
Joseph en 1977, (mention bien), il part en France, à Poitiers.
Deux ans après, il monte à Paris, disant qu'il
en avait ras-le-bol de la province, de Poitiers et de ses maths-physiques.
Il reste donc à Paris où il étudie l'informatique
et l'organisation: Plusieurs stages dont un chez Matra, la grande
firme francaise, l'aide à affûter ses armes.
Il savait se "débrouiller" comme on dit. Il
est inventif et imaginatif. Témoin, cette histoire dont
les téléspectateurs francais se souviennent pour
l'avoir apprise sur FR3, l'une des chaînes francaises.
Pour arrondir ses fins de mois, un étudiant togolais du
nom de Tavio Amorin avait monté une petite affaire tout à fait
surprenante de simplicité et d'originalité: il
avait passé une annonce, s'était constitué un
fichier. Les clients l'appelaient pour lui communiquer l'heure à laquelle
ils voudraient avoir leurs croissants pour le petit déjeuner.
Tavio passait alors commande au boulanger, livrait les croissants,
et palpait à son tour la galette sous forme de ristournes
et de pourboires. Cette initiative lui a valu les honneurs de
la troisième chaîne francaise dans une émission
de jeunes.
Il travaille ensuite chez des importateurs de produits tropicaux
en qualité de responsable des achats. Quand il décide
de revenir en Afrique, c'est par cette filière qu'il est
envoyé à Abidjan.
Il n'aurait pas pu rentrer au Togo pour des raisons politiques.
Venu en vacances au Togo en 1980, et eu égards à ses
liens familiaux avec Francisco Lawson, lui-même en exil,
il a eu maille à partir avec un officier supérieur
de l'armée en poste à Kara, qui avait proféré des
menaces à son endroit: «où que tu sois,
on te retrouvera». A la suite de cet incident, il n'a plus
remis pieds au Togo jusqu'à la proclamation de la loi
d'amnistie en 1991. Entre temps, il obtient en France le statut
de réfugié politique, mais n'a jamais pris la nationalité francaise,
contrairement à ce que beaucoup croient.
Admirateur de Nkrumah
Pour son âge, il avait une culture politique tout à fait
remarquable. C'est qu'il ne faisait jamais les choses à moitié.
Bien que n'ayant pas fait des études de droit, il s'est
interessé à la chose juridique, et à la
chose politique. Sa formation politique est à la foi livresque
et reçue "sur le tas" avec les jeunesses du
parti communiste francais, puis avec les jeunesses du parti socialiste
francais, tendance Jean-Pierre Chevènement.
Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George Padmore, de Marcus
Garvey et de toutes les grandes figures du mouvement panafricaniste,
Tavio considérait que la plus grave offense qui ait été commise à l'égard
de l'Afrique, ce fut la balkanisation du continent. D'où son
admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux apparaissent
comme les pionniers de l'unité africaine.
Entre le père et le fils, les rapports étaient
ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui s'estimaient
mutuellement et se comprenaient à demi mot. Et si l'éducation
spartiate dont il avait été question plus haut
ne permettait pas entre le père et le fils une familiarité trop
grande, Tavio à force d'être resté constamment
dans le sillage de son père, d'humer et de s'imprégner
de son parfum, a fini par s'identifier totalement à ce
patriote courageux et généreux.
A l'endroit de sa mère, Tavio nourrissait une véritable
vénération. La mère et le fils étaient
pourtant bien si loin de s'entendre parfaitement sur tous les
sujets. Maman Tavio n'aimait pas le goût prononcé que
manifestait son fils pour la politique. Elle ne ratait aucune
occasion pour le lui faire comprendre. Elle revendiquait son
droit d'attendre de son fils qu'il entame une carrière
véritable, fonde un foyer et fasse "plein de petits".
Mais pour le fils, la politique était au-dessus de tout
et passait avant tout. La maman, dès le début du
renouveau démocratique et vu la part prise par son fils
aux travaux de la conférence nationale souveraine, avait
très peur pour lui. Elle était convaincue que la
politique était un jeu dangereux et que Tavio ne devait
pas se mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils,
le sort en était jeté, le destin s'était
mis en branle. L'enfant était hapé par le flot
impétueux des courants irrésistibles qui conduisaient
le Togo vers la démocratie. Tavio était de tout
son être, de toute son âme, plongé dans la
fièvre démocratique qui a fini par le consumer.
Prémonition
Mercredi, la veille de l'attentat qui devait l'emporter, il rendait
visite à sa mère. Il revenait lundi d'une mission à Damas
(Syrie) et c'était la première fois depuis son
retour de mission, que la mère revoyait son enfant.
Elle le fixa longuement. La soudaine intensité du regard
maternel ne manqua pas d'intriguer le fils qui fit remarquer: «Mais
tu me regardes tout le temps! (…) Ça me fait
de la peine parce qu'un beau jour on va m'assassiner. Et ta
douleur… Non je n'ose pas penser à ce que sera
ta douleur.»
Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio
tombait sous les balles de son assassin.
La maman avait beaucoup souffert moralement des dangers et des
risques énormes de la vie qu'avait choisie de vivre son
fils. Après le 3 décembre 1991, Tavio s'était
exilé à Cotonou. Il revint à Lomé pour
une réunion du Haut Conseil de la République. Sa
mère le voyant arrivé à la maison, manqua
de tomber dans les pommes. Ce fut un grand choc pour elle. Elle
avait été soulagée de le voir partir pour
l'exil. Et voilà Tavio qui revenait…
Depuis qu'il est rentré au Togo, il ne s'était
jamais protégé. Il n'avait même pas de gilet
pare-balles. Il n'avait pas d'arme. Il disait: «"Même
si je prenais des gardes du corps, si cela devait arriver, ce
sont ces mêmes gardes qui vont me tirer dessus».
Mais quand il était rentré du voyage lundi, il était
un peu plus corpulent que d'habitude. Il portait un gilet pare-balles: «Voilà,
dit-il ce que j'ai ramené pour me protéger».
Il avait donc son gilet lundi. Mardi également. Mercredi,
il ne l'avait pas porté. Jeudi non plus. Et c'est précisément
ce jour que les balles l'ont fauché.
Karlsruhe, Allemagne, le 23 juillet 2008.
Pour le MO5, Tino Agbélenko Doglo, Porte-parole
COMMEMORATION A BRUXELLES DE L’ASSASSINAT
DE TAVIO AMORIN
Le 23 juillet 1992, le régime brutal Gnassingbé-RPT
agressait mortellement Tavio Amorin, membre fondateur du MO5.
Aujourd’hui 16 ans après, les assassins identifiés
ne sont toujours pas inquiétés. Au contraire, ils
sont protégés par le système liberticide
et corrompu qui règne depuis plus de 40 ans au Togo.
L’arbitraire continue dans le pays avec la complicité,
cette fois-ci, d’une certaine « opposition. »
Pour commémorer ce tragique événement,
et dénoncer l’apparence trompeuse de ce régime
sauvage, le Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5) organise à Bruxelles
une réflexion autour du thème : QUEL COMBAT CONTRE
L’IMPUNITE AU TOGO ?
Introduction par Eloi Koussawo, Coordinateur Général
du MO5.
DATE : Samedi 26 juillet 2008.
HEURE : A partir de 14 heures.
LIEU : Espace Marx, Rue Rouppe N°4 à 1000 Bruxelles.
Indication : Gare du Midi, Métro Annessens (Non loin
de la place Rouppe).
Contacts : 0495418198 / 0485849331
Cordiale invitation à tous. Entrée libre et gratuite.
Bruxelles, le 19 juillet 2008.
Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5.
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