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Togo: Suite à la revalorisation
du SMIG/SMAG:
L’intersyndicale des travailleurs
très «indignée» par l’attitude
du gouvernement
21 août 2008
Au lendemain de la hausse du prix des produits pétroliers,
le Conseil des ministres du 13 août 2008 a rendu publiques
certaines mesures d’accompagnement censées aider
les travailleurs et les populations à juguler l’inévitable
accentuation de la vie chère qui va en découler.
L’Intersyndicale des travailleurs du Togo (ISTT), après
avoir pris acte desdites mesures, tient à faire la mise
au point suivante.
1. A aucun moment,
les représentants des travailleurs n’ont négocié une
revalorisation du SMIG/SMAG qui le porterait à 28.000f.
En conséquence, l’ISTT se déclare indignée
par les termes du communiqué du Conseil des ministres
alléguant de «négociations que le gouvernement
a engagées avec les acteurs sociaux, notamment (. . .)
les organisations syndicales», au cours desquelles «il
a été décidé la revalorisation du
SMIG et du SMAG horaire à 161,54 FCFA horaire, soit 28.000FCFA
par mois». L’ISTT s’interroge sur les
mobiles qui sous-tendent de telles allégations, si ce
n’est l’intention de compromettre les responsables
syndicaux, de les couper de leurs bases, et finalement de diviser
les travailleurs.
2. Les revendications salariales
soumises au gouvernement depuis 2006 et contenues dans le Protocole d’Accord
tripartite signé le 11 mai 2006 ne sont nullement concernées
par ces mesures conjoncturelles et ne trouvent pas en elles leur satisfaction.
Car, lesdites revendications avaient été introduites dans le
temps pour améliorer un tant soit peu le pouvoir d’achat des travailleurs
qui n’a cessé d’être gravement érodé depuis
ces deux dernières années. La série de mesures prises
au Conseil des ministres ne peut donc pas être servie comme palliatif,
et surtout pas dans le contexte engendré par la crise actuelle du pétrole.
3. Ces mesures ne répondent
aucunement, par ailleurs, à la demande de l’ISTT relative à la
formalisation de la commission mixte de réflexion (CMR) sur la vie chère
qui devrait trouver des solutions concrètes au phénomène.
4. Le paiement
du dernier mois d’arriéré de pension aux
retraités ne saurait nullement remplacer une mesure d’accompagnement à l’endroit
des pensionnés en général et de ceux de
la Caisse de retraite du Togo (CRT) en particulier : tous les
retraités du Togo, ceux de la CNSS comme de la CRT seront
appelés à faire face à la flambée
des prix découlant de la hausse des prix des produits
pétroliers, au même titre que les travailleurs en
activité et l’ensemble de la population.
5. Une indemnité de
transport conjoncturelle et transitoire de cinq mille (5.000)
francs par mois pour cinq (5) mois, ne résout aucun des
soucis financiers des travailleurs; par contre, la suppression
de cette indemnité (décembre 2008) ne fera qu’aggraver
leur misère. Cette doléance des travailleurs relative à une
indemnité de déplacement a été présentée
en son temps, non pour compenser une hausse de prix du carburant,
mais pour les soulager tant soit peu dans leurs difficultés
pour se rendre à leur travail. L’accorder pour 5
mois, puis lui substituer une réduction insignifiante
de 10% de l’IRPP est une décision inconséquente.
La mise en œuvre en l’état d’une telle
mesure reviendrait, de surcroît, à bafouer une règle
fondamentale du Droit du travail, celle du «droit acquis»,
qui «ne se retire pas».
6. La mesure de réduction
de 10% de l’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP)
est incompréhensible et incomprise: ni l’ISTT, ni la frange des
travailleurs censée en bénéficier ne perçoivent
son fondement et en quoi elle peut remplacer l’indemnité de transport
de cinq mille (5.000) francs qui correspond à 50.000f d’IRPP!
7. Par ailleurs,
pour répondre au souci d’allègement de la
souffrance des travailleurs et de la population, l’ISTT
avait aussi proposé la mise en place d’une politique
nationale de protection sociale couvrant la population et les
travailleurs de l’Administration publique. En attendant
la formulation et la mise en œuvre de cette politique,
seule une assurance-maladie pourrait soulager partiellement les
travailleurs. Des «mesures relatives à la police
d’assurance et accidents corporels», pour les
agents de l’Etat, telles que proposées, ne répondent
pas à cette préoccupation des travailleurs.
8. Suite à des investigations
relatives au panier de la ménagère, le taux du SMIG/SMAG à même
de se rapprocher du taux de détérioration du pouvoir d’achat
dans notre pays serait largement au-delà de 30.000 f par mois. Le taux
de 28.000f fixé aujourd’hui est donc totalement inapproprié ;
il est d’ailleurs dépassé depuis 2004, c’est-à-dire,
bien avant la flambée des prix des dernières années.
9. Dans toutes les mesures
annoncées, L’ISTT n’a perçu nulle part, le souci
du gouvernement de prendre enfin en compte les intérêts des travailleurs
des secteurs parapublic et privé, ainsi que ceux des déflatés
de certaines entreprises fermées sans liquidation et dont les employés
souffrent le martyre au quotidien.
10. En outre,
au seuil de la rentrée scolaire 2008-2009, qui s’annonce
catastrophique sur le plan des prix des articles scolaires et
du transport des élèves, l’Etat reste devoir
près de 90 mensualités d’allocations familiales
aux agents permanents et temporaires de la Fonction publique.
Sur ces constats, l’Intersyndicale des travailleurs du
Togo (ISTT) déclare nulles et de nul effet les mesures
prises au Conseil des ministres du 13 août 2008. L’ISTT
reste à l’entière disposition des autorités
publiques pour une étude plus approfondie de la situation
socio-économique des travailleurs en vue de rechercher
des solutions plus adaptées à la satisfaction des
besoins des travailleurs et de la population.
11. Enfin, l’ISTT
lance un appel pressant à tous les travailleurs pour qu’ils
redoublent de vigilance et se tiennent mobilisés pour
des actions futures en défense de leurs intérêts.
Fait à Lomé, le 14 août 2008
Pour L’ISTT,
Le porte-parole en exercice
TSIKPLONOU Mokli Ephrem
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