Interview de Benjamin Boukpéti
«J’ai hâte de rentrer
au Togo et partager la joie avec le peuple»
27 août 2008
Benjamin Boukpéti qui se rend d’après des
sources fiables ce samedi 30 septembre à Lomé avec
sa médaille de bronze, est sans doute la grande surprise
de ces 29è Jeux Olympiques.
Le togolo-français qui
ne s’est rendu qu’une
seule fois dans son pays d’origine, s’entraîne
avec l’équipe de kanoé kayak de France. Il
est aujourd'hui celui qui a fait entrer le Togo dans l’histoire
des JO.
Quelques jours après cette performance, il s’est
confié à nos confrères de Sport FM.
Benjamin Boukpéti, quelle est votre image
la plus forte de la compétition?
Pour moi, l’image la plus forte dans la compétition, c’est
quand j’étais avant dernier de la première manche de qualification
et que là il fallait tout donner, avoir du courage et vraiment trouver
la force de revenir dans la compétition et de disputer la belle manche.
C’est comme revenir de l’enfer pour aller au ciel.
Benjamin Boukpéti sur le podium brandissant
le bronze, aujourd’hui, votre image a fait le tour
du monde. Quel impact cette médaille-là pourrait
avoir sur la suite de votre carrière ?
L’impact, je crois que c’est peut-être me donner
la chance de pouvoir continuer réellement mon activité.
C’est qu’au début de mon investissement, c’était
difficile. Mais maintenant, j’aurai l’opportunité de
pouvoir vraiment continuer à faire du haut niveau inter
slalom. J’espère que ça va donner un peu
d’envie aux gens notamment à la population ici de
donner les moyens et de réaliser leur rêve.
On sait que vous avez évolué en France
mais vous n’êtes pas moins Togolais, vous avez
brandi ce drapeau togolais. Quelle conséquence votre
médaille pourrait-elle avoir sur la pratique et le
développement du canoë kayak au Togo?
(Rires) Là, c’est un peu difficile à dire
parce qu’il faut tenir compte du niveau de l’infrastructure
qui est sur place. Vous savez le président de la Fédération
M. Amavi a été toujours extrêmement enthousiasmé dans
l’idée de me voir participer à toutes les
compétitions internationales. Et là, j’imagine
des jeunes vouloir l’apprendre et j’espère
que je pourrais être là en ce moment pour leur montrer
comment ça se passe.
Est-ce que dans cette compétition, vous avez
eu le soutien des autorités togolaises?
Bien entendu. Rien ne sera possible si les gens qui m’ont
entouré ne m’ont pas aidé. Depuis ma sélection
en janvier pour le titre de champion d’Afrique arraché au
Kenya, j’ai été administrativement bien suivi.
J’ai eu de bonnes relations avec le Comité national
olympique togolais.
On vous attend à Lomé avec votre médaille
pour mieux vous redécouvrir. Quand peut-on vous espérer avec
votre médaille?
Ça va dépendre des compétitions après la cérémonie
de clôture puisque le reste de la délégation n’a
pas encore terminé. Je pense que le mieux c’est quand même
de rentrer une fois lorsqu’on aura tout terminé pour célébrer ça
avec tout le monde.
Votre pays le Togo est frappé par les inondations,
quel mot avez-vous à l’endroit du peuple qui
vous avait suivi lors de cette compétition?
Ça c’est incroyable de voir le Togo ravagé par les eaux.
Je viens d’apporter quelque chose d’extraordinaire sur les eaux
tumultueuses de la Chine et j’espère que le peuple aura le courage
comme je l’ai eu pour aller chercher la qualification en demi-finale.
Moi, j’ai hâte de rentrer au Togo et partager la joie avec le peuple.
Transcription de la Rédaction
|