Crise à la Fédération
togolaise de football:
Balayer la maison et redresser la barre
03 septembre 2008
«Un peuple a toujours besoin d’un homme qui comprenne
sa volonté, la résume, l’explique et le mène
où il doit aller. Si l’homme se trompe, le peuple
résiste, et se lève ensuite pour suivre celui qui
ne se trompe pas» (Gobineau, Essai sur l’inégalité des
races)
L’entraîneur des Eperviers, le Français Stambouli
vient de claquer la porte de la Fédération togolaise
de football non sans dénoncer l’amateurisme, le
clientélisme et l’absence d’hommes de poigne
qui peuvent diriger cette fédération et redresser
la barre du sport roi du pays.
Au Togo, tout le monde savait que les élus du 9 janvier
2007 qui sont revenus aux affaires après le blanchiment
de leur président, ne pouvaient plus travailler ensemble.
Tout le monde était au parfum du rôle qu’avait
joué chaque acteur dans les tribulations judiciaires de
Tata Avlessi. Tout le monde savait qu’au lendemain de la
première sanction de huit ans de toute activité ayant
trait au football, les autres membres du bureau ont, par le truchement
du Secrétaire Général, envoyé une
lettre de félicitation à la Confédération
africaine de football (CAF). Au lieu de tirer les conséquences
de tout ce qui s’était passé et prendre des
mesures adéquates dès le départ, on leur
a demandé d’aller reprendre le travail comme si
de rien n’était. «Chasser le naturel,
il revient au galop», dit-on. Les inimitiés
qui étaient au cœur du bureau, n’ont pas tardé à refaire
surface. L’ordre n’était plus de mise, chacun
faisant ce que bon lui semblait.
C’est dans ce méli-mélo qu’est intervenu
le congrès de Sokodé (ville située à plus
de 300 km au nord de Lomé) censé marquer un nouveau
départ pour le football. En dépit des coups bas
et des querelles, il a été décidé que
le bureau reste en place jusqu’en 2011, c’est-à-dire
la fin de son mandat. Il nous est revenu que des garde-fous ont été pris
pour redresser les «têtus». Le Comité moral
de suivi a été ouvert aux envoyés de la
FIFA pour les besoins de la cause. Rien n’a en revanche
changé. Certains membres du bureau continuent d’outrepasser
leurs prérogatives et d’user des contorsions pour
donner satisfaction à leur ego. Bien que le Président
soit à Lomé, le premier vice-président et
le trésorier se sont présentés dans une
institution bancaire de la place pour faire des opérations
financières. Pour faire avaler la couleuvre à leurs
interlocuteurs, ils ont argué que le président
n’était pas au pays alors qu’il n’en était
rien. Les tentatives d’explication du félon de secrétaire
général sur une radio de la place ont bien surpris
les Togolais. Cet homme de lois va jusqu’à raconter
des choses impensables en soutenant sans vergogne qu’en
l’absence du président, le premier vice-président
a habilité à faire des opérations bancaires
avec le trésorier général alors que ce sont
les signatures du président et du trésorier qui
sont déposées à la banque.
Certes, la politisation du football est une réalité au
Togo. Au temps de Rock Gnassingbé et du Comité provisoire
de gestion (CPG), les activités étaient financées
par le gouvernement. L’objectif étant souvent de
faciliter la tâche à l’un des leurs. C’est
un fait dans le microcosme sportif togolais. Mais il faudra qu’il
règne la sérénité et la transparence
au sein du bureau. S’ils continuent d’entretenir
le désordre et de montrer des velléités
de détournement comme cette affaire de banque, le gouvernement
n’aura pas le courage de leur allouer des fonds. Les difficultés
qui ont entouré le match amical entre Togolais et Congolais
sont nées de ces situations désastreuses. Que faut-il
alors faire?
Il faut balayer la maison comme le demandent l’association
des entraîneurs et celle des agents des joueurs FIFA.
Cette initiative de ces personnes qui ne vivent que du cuir rond
mérite d’être saluée et soutenue. Arrivé à un
moment, il faut avoir le courage de dire non. Les responsables
de clubs et de ligues qui sont des faiseurs de roi, sont invités à prendre
rapidement leurs responsabilités. Ils doivent prier ces
Messieurs d’aller se faire apprécier ailleurs aux
fins de libérer ce football togolais. Pour reprendre un
ancien Premier ministre du pays, nous disons qu’«il
est temps d’agir».
Zeus AZIADOUVO, correspondant permanent à Lomé
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