| Reportage
sur la conférence de presse de Me François Boko à
Hambourg en Allemagne (Source: infostogo.de)
Sur invitation de la Diaspora
togolaise en Allemagne, une conférence débat est tenue le
22 Avril 2006 dans un Amphithéâtre de l’université
de Hambourg.
L’occasion en valait la chandelle puisqu’il s’agit de
la première rencontre qui devait se dérouler entre les forces
vives du progrès de la diaspora en Allemagne et le commandant Esso
Boko.
Venus de plusieurs coins de l’Allemagne, les invités devaient
d’abord prendre leur mal en patience car cette rencontre qui devait
débuter à 12 h30 fut repoussée à 15 h 30 afin
de permettre aux Togolais de participer à la grande marche organisée
spontanément par les associations de défense des droits
de l’homme pour dire non aux déportations programmées
des réfugiés togolais et africains.
Accompagné par une forte délégation de 8 membres
dont les responsables de l’alternative citoyenne et de la diaspora
togolaise en France, Me Francois Boko fut ovationné par un public
acquis à sa cause et le tout dans une ambiance bon enfant maintenue
par le groupe folklorique des Togolais de Rostock.
Après une minute de
silence et de l’hymne national, vinrent le tour de Mlle Zinabou
et de Mr. Abdoulaye Massoud de présenter respectivement le mot
de bienvenue et du 1er thème du meeting qui s’intitulait
« Impacts du durcissement de la dictature au Togo sur les réfugiés
Togolais».
Consacré au problème des réfugiés en général,
ceux de l’Allemagne en particulier, le thème des impacts
du durcissement de la dictature…...qui intéressait plus d’un
dans la salle, a fait l’objet d’un développement par
Mr. Abdoulaye Massoud en d’autres termes, mais de la manière
suivante :
Une conférence des Togolais d’une telle envergure ne saura
se dérouler sans pour autant se prononcer sur la problématique
des réfugiés que nous sommes.
Il est tout à fait salutaire
que le comité d’organisation de la présente conférence
ait pu introduire à travers les thèmes à développer,
celui intitulé : « Impacts du durcissement de la dictature
au Togo sur les réfugiés Togolais».
Parlant de la dictature et de son durcissement, surtout de l’impact
que cela puisse avoir sur les réfugiés, est bel et bien
notre cas quand on sait que nous sommes un peuple victime d’une
dictature quarantenaire de feu Gnassingbé père et de surcroît
contraints de vivre le changement dans la continuité sous le règne
d’un autre Gnassingbé fils.
Cette extension phénoménale
du pouvoir porte en elle seule le durcissement de la situation surtout
qu’elle s’est opérée dans les conditions les
plus calamiteuses et les plus douloureuses.
Je vais devoir profiter de
l’occasion pour rendre hommage à celui qui, il y a un jour
pour jour, a attiré l’attention de tous, sur les menaces
qui se profilaient autour des élections en préparation et
décidé de rendre le tablier du Ministre de l’intérieur
d’alors en refusant la solidarité dans la bêtise. J’ai
désigné Me François Akila Esso Boko.
Maintenant que le domaine de
définition de la dictature et de son durcissement dans notre pays
est malheureusement établi, la question sera de savoir quels impacts
cela a sur les réfugiés Togolais?
Je peux affirmer sans pour
autant prendre le risque de me tromper de dire que les effets sont énormes
et variables selon ce que l’on est issu de tel ou tel pays d’accueil.
Permettez moi de me prononcer
sur le cas que je connaisse le mieux, je veux parler des réfugiés
Togolais en Allemagne.
Parlant de la situation des réfugiés Togolais en Allemagne,
les impacts sont indirectement ressentis mais de manière diversifiée
et exacerbée.
Dès les années
90, alors que la situation des droits de l’homme devenait catastrophique
sous le règne dictatorial de feu Eyadema mettant ainsi le peuple
sur le chemin de l’exil, l’Allemagne est le 1er pays en Europe
qui a largement ouvert ses portes aux réfugiés Togolais
à la recherche d’une terre d’accueil.
Tout porte à croire
que les autorités allemandes de l’immigration qui à
l’époque ne se faisaient priés avant d’accorder
le séjour aux demandeurs d’asile Togolais, n’imaginaient
pas que 15 ans après, la situation au Togo ne devrait pas encore
trouver un début de solutions afin d’envisager le retour
des réfugiés dans leur pays d’origine dans la sécurité
et dans la quiétude.
Aujourd’hui le refus
global et systématique des réfugiés Togolais par
l’autorité allemande de l’immigration est l’ultime
des conséquences de cet état de choses, donc le principal
impact du durcissement de la dictature sur les réfugiés.
Puisqu’un impact entraîne d’autres, plusieurs réfugiés
Togolais en Allemagne sont sur le coup de différentes situations,
les unes aussi tragiques que les autres. Il s’agit de :
Impacts juridiques
Rejets incessants des demandes d’asile,
Recours sur recours sans suite
favorable
Menaces de rapatriement
Emprisonnement des réfugiés
dans les conditions difficiles.
Rapatriements souvent manu
militari
Impacts psychologiques
le dépaysement
le stress
le traumatisme
l’angoisse
les suicides et les tentatives
de suicide
Impacts sociaux
la désorientation ou le déséquilibre professionnel
la sous-estimation de compétence
réfugiés mal
employés ou sous employés
l’appauvrissement graduel
l’âge et la mort
loin de la terre natale
Impacts directs
Au Togo, on ne peut pas dire que les gens sont chez eux. C’est une
prison ouverte qui ne dit pas son nom où on est soit un otage,
un prisonnier ou un réfugié dans son propre pays contraint
de subir directement les stigmates d’une dictature endurcie à
bien des égards.
Il s’agit de :
l’insalubrité
la pauvreté
la souffrance
la misère
le vol
le viol
le bradage
la terreur
l’ignominie
le macabre
La liste des impacts est encore longue et ne saura jamais être exhaustive.
Au fait, les impacts du durcissement
de la dictature ne se dissertent pas mais ça se vit individuellement
et collectivement par un peuple dont la réaction peut se révélée
comme un retour de la manivelle : réaction secondaire ou impact
réactionnaire.
Impact réactionnaire
C’est celui là
qui ne se fait pas encore sentir des Togolais qu’ils soient réfugiés
de l’intérieur ou de l’extérieur malgré
tous les drames qu’ils subissent quotidiennement du fait d’un
régime familial ou clanique qui tourne autour des dialogues incongrus
afin de gagner encore plus de temps et se maintenir et faire encore plus
de mal: je veux bien parler de la réponse que les cinq millions
d’hommes et de femmes Togolais ( civils comme militaires, de l’est
à l’ouest, du nord au sud) puissent réserver à
ce régime ne serait-ce que pour leur fierté et leur liberté.
Ainsi vint le moment tant attendu
par le public.
En présence de plusieurs
responsables politiques et d’associations en lutte pour le changement
au Togo, Me Francois Boko prononça un discours sans ambages. Un
discours qui redonne espoir à la jeunesse togolaise qui a la soif
du changement radical et de la libération totale de leur pays.
L’ex-Ministre de l’intérieur dont la force de caractère,
l’honnêteté intellectuelle, l’humilité,
le courage, l’engagement et la détermination mais aussi le
sens d’ouverture et de solidarité constituant les valeurs
qui fondent sa philosophie et qui déterminent son comportement,
a débuté son discours par des remerciements aux autorités
allemandes qui ont joué un rôle déterminant dans son
exfiltration tout en exprimant sa gratitude à l’égard
de l’ex-Ministre Allemand des Affaires Etrangères, Mr Joschka
Fischer qui a envoyé un avion spécial pour le récupérer
à Lomé.
Me Boko a continué en retouchant sur les faits qui lui ont amené
à démissionner de son poste de Ministre de l’intérieur
car n’en voulant pas cautionner la forfaiture programmée
par la hiérarchie militaire qui est malheureusement de connivence
avec le chef du gouvernement de l’époque Mr Koffi Sama et
de certains ministres.
Tout en parlant d’un membre de la C E D A O qui aurait trahi sa
cachette de l’Ambassade d’Allemagne au Togo, il n’a
pas manqué de dénoncer les tentatives du régime qui
aurait tout tenté pour l’éliminer physiquement alors
qu’il se trouvait au domicile de l’Ambassadeur d’Allemagne
au Togo
Dans son intervention, il a été aussi question des réfugiés
politiques en Allemagne qui font souvent l’objet de rejet ou de
fin de procédure à cause du mensonge du régime qui
fait croire que la situation se normalise malgré la terreur dans
laquelle vit le peuple. Il a profité pour lancer un appel à
la communauté internationale qui devait rester vigilante vis des
déclarations du régime togolais qui n’hésite
pas à acheter des pages dans certains journaux pour faire sa publicité.
Il a demandé à tout le monde de soutenir les réfugiés
Togolais vivant au Ghana et au Bénin et qui sont souvent victimes
de l’intolérance des milices du régime qui se déguisent
en autochtones pour aller semer des troubles dans les camps. Dans le cadre
de la recherche des solutions idoines à la longue et grave crise
qui secoue notre pays, Me François Boko a dit ceci :
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens de la diaspora togolaise en Allemagne
Permettez-moi en cela de vous féliciter pour la pertinence du thème
de votre rencontre citoyenne de ce jour.
L’union des forces de progrès pour sauver la Patrie.
Je voudrais m’approprier le thème de vos assises et lancer
de façon solennelle encore une fois un appel à l’union
sacrée de tous ceux qui luttent pour l’avènement d’un
nouvel ordre politique au Togo. J’invite notamment les responsables
de l’UFC, du CAR, de la CDPA, de l’ADDI , de l’ADP(
Alliance) à se concerter quotidiennement avant et après
les fameuses séances de dialogue pour harmoniser leurs points de
vue et aboutir à des positions consensuelles et communes opposables
au pouvoir afin que celui-ci n’exploite pas comme à l’accoutumée
leurs divergences parfois légitimes. Il est dommage que les différentes
forces politiques n’aient pas
travaillé comme nous leur avons suggéré, il y a 2
mois pour l’élaboration d’une plate forme revendicative
commune opposable au pouvoir. Ceci aurait permis d’éviter
les divisions intestines qui font le jeu de ceux qui refusent le progrès
dans notre pays. Néanmoins, une concertation au forceps peut permettre
de réduire ces craintes et de présenter une alternative
crédible au peuple togolais. Mais cette alternative ne doit pas
être laissée aux seuls soins des partis politiques. La mobilisation
citoyenne doit pouvoir constituer le ferment et le ressort essentiel de
l’unité d’action des forces luttant pour le progrès
au Togo. Dans ce sens, les acteurs de la société civile
émergeante doivent sortir de leur léthargie et se positionner
résolument comme alternative face au refus du pouvoir d’ouvrir
le Togo à la démocratie et aux atermoiements d’une
opposition minée par des querelles intestines. Les syndicats doivent
aussi être à l’avant-garde du mouvement alternatif
car c’est le refus du progrès politique au TOGO qui est la
source principale de la précarité dans laquelle vivent les
travailleurs tant du secteur privé que public. Dans ces conditions,
il ne sert à rien de multiplier les revendications face auxquelles
le pouvoir manipulateur oppose un dialogue social pour gagner du temps
alors qu’il sait que l’état des finances publiques,
l’absence d’aide extérieure et l’absence de réformes
crédibles compromettent la satisfaction des revendications posées.
Ainsi, les syndicats doivent accompagner la mobilisation citoyenne car
elle seule peut constituer une alternative pour résorber la crise
que traverse le Togo qui est avant tout une crise politique à répercussion
sociale, économique, culturelle etc…
Ne confondons pas la maladie aux manifestations de celle-ci. L’union
des forces de progrès, la mobilisation citoyenne et celle des syndicats
doivent permettre de poser 4 exigences principales devant aboutir à
un accord politique susceptible de sceller un nouveau départ à
travers la mise en place d’un nouveau gouvernement.
La première exigence est la nécessité d’une
table ronde de réconciliation qui permettra de poser les vrais
problèmes qui minent la marche vers le progrès politique
et d’en trouver les solutions qu’un gouvernement pourra mettre
en œuvre sous le regard très avisé d’un organe
de suivi et d’évaluation. Au cours de cette table ronde,
sera posée et débattue la question de la constitution notamment
les dispositions à réintégrer en vue de ramener l’apaisement
car les modifications de 2002 ont vidé notre loi fondamentale qui
n’a plus rien de fondamentale. Le Premier ministre n’est plus
nommé dans la majorité parlementaire, ses pouvoirs ont été
réduits à un simple technicien de service, un valet du président,
rendant ainsi sans signification et sans objet politique les prochaines
élections législatives dont on nous fait miroiter les vertus.
La table ronde pourra également débattre de l’épineuse
question de la restructuration de l’armée. La réforme
de l’armée ne veut aucunement dire « réformer
les soldats » comme certains manipulateurs du pouvoir ont pu inculquer
à nos troupes pour braquer nos soldats et susciter leur méfiance
vis-à-vis des mesures pourtant positives. Celles ci visent la professionnalisation
de notre armée en vue de la soustraire des champs de ceux qui les
instrumentalisent à des fins de pouvoir. La restructuration de
l’armée et pour éviter toute équivoque sémantique
signifie : l’octroi d’un statut aux forces armées,
la définition d’un profil de carrière pour la promotion,
les avancements, les stages de nos soldats qui ne doivent plus être
gérés au pifomètre, ou avec l’arbitraire actuel
qui récompense ceux qui commettent les basses besognes.
Elle signifie aussi la conception et la mise en œuvre au sein de
nos armées d’une culture républicaine mettant fin
à l’idolâtrie en cours dans nos troupes.
La restructuration de l’armée occasionnera la maîtrise
des effectifs qui permettra d’augmenter les salaires de nos soldats,
de définir une politique sanitaire crédible ainsi qu’une
politique sociale susceptible d’offrir une habitation à chaque
soldat au moment de son départ à la retraite. C’est
faisable car d’autres armées de la sous région ont
réussi ce challenge et il n’y a pas de raison que ce pari
ne soit pas tenu.
Après la table ronde, l’exigence de justice doit permettre
de poser les fondations d’une vraie réconciliation susceptible
de susciter un nouveau départ. L’exigence de cette justice
ne s’enferme pas ici dans des démarches dogmatiques ou judiciaires
classiques. Il s’agit de faire preuve d’inventivité
au regard du rapport des Nations Unies qui à l’analyse des
faits établis doit permettre dans le cadre d’une commission
justice et vérité de faire une catharsis collective à
travers la connaissance de certaines infractions commises. Ce mécanisme
doit permettre de mettre face à face victimes et auteurs de façon
symbolique pour établir la culpabilité et la réparation
et sceller le grand pardon. Cette procédure pourra exorciser le
mal, ramener la confiance et remédier à la culture de l’impunité
qui fait que plus personne ne croit à un pardon factice. Avant
de pardonner comme le demande à longueur de journée le pouvoir
togolais, encore faut-il savoir qui a fait quoi et qui doit pardonner
à qui.
La troisième exigence est celle de l’ouverture d’une
transition gérée par un nouveau gouvernement censé
mettre en œuvre l’accord politique issu de la table ronde,
en réconciliant le pays et en organisant à la fin de la
transition un processus électoral pour donner au peuple la liberté
de choisir ses dirigeants.
Enfin la quatrième exigence est celle d’un dispositif électoral
capable d’organier des scrutins crédibles dénués
de toute crainte de défaite, cette crainte qui provoque souvent
des stratégies les plus inimaginables des fraudes électorales.
Le pays apaisé pourra connaître des élections moins
conflictuelles sous la supervision d’une observation internationale
et sécurisée comme en 1994 par un dispositif de forces internationales.
Cette exigence est primordiale pour donner au vote tout son sens et garantir
la liberté de campagne indispensable à l’expression
libre du suffrage.
Ces exigences relèvent du bon sens et peuvent permettre de résorber
la crise de succession que connaît le TOGO depuis un an ainsi que
la crise politique que ce pays traverse depuis plus d’une décennie.
Nos voisins ont fait des pas de géants pendant ce temps, et il
nous appartient aujourd’hui de réaliser le miracle togolais
pour rattraper le temps perdu.
Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens,
Le défi du progrès est énorme tant les forces qui
s’opposent à lui, bien que minoritaires, ont une grande capacité
de nuisance. Elles sont habiles dans l’exploitation des divisions
et manipulent avec succès le double langage et l’intoxication
pour tromper la communauté internationale. Cette communauté
internationale une fois lassée de notre situation peut se satisfaire
des solutions de rafistolage. Voilà pourquoi plus que jamais, l’unité
d’action, devra être de mise, en vue de fédérer
les énergies, harmoniser les positions et définir une plate
forme revendicative commune susceptible d’arracher le progrès.
Nous sommes à une période cruciale de cette lutte que nous
autres venons d’embrasser même s’il faut le souligner
mon combat pour le progrès a commencé déjà
sous les drapeaux.
Parce que nous sommes les derniers venus dans l’arène, on
caricature nos intentions. C’est de bonne guerre. Le RPT a annoncé
les couleurs, aucun qualificatif dédaignant n’est de trop
: traître, officier félon, ambitieux manipulé par
l’opposition et les puissances occidentales. Que les uns et les
autres se rassurent. Si l’opposition et le RPT réunis à
l’hôtel de 2 février à Lomé pour le dialogue
tant attendu, trouvent un compromis dynamique susceptible de résorber
la crise, je me rallierai au consensus républicain. Ils ont l’impérieux
devoir de trouver ce compromis qui ne doit brader ni le progrès
encore moins la mémoire des centaines de nos compatriotes ayant
versé leur sang pour la liberté.
Mais s’ils échouent, ils ne pourront pas contenir pendant
longtemps la soif de liberté des togolais, encore moins empêcher
des citoyens nourrissants plus d’ambitions pour leur pays et d’ouvrir
une nouvelle page de l’histoire du Togo.
Après plus de 2heures de débats sur la situation togolaise,
la conférence a pris fin autour de 19 heures.
Dans la soirée, Me Esso Boko a reçu les représentants
des partis politiques et associations démocratiques.
Il a saisi cette occasion pour s’entretenir avec les membres de
la rédaction d’Infos-Togo.
Cet entretien qui était consacré à l’impunité
du clan Gnassigbé sera publié dans les prochains jours.
Pour terminer, nous disons que ce 22 Avril 2006 restera un jour mémorable
pour la diaspora togolaise en Allemagne qui a eu l’honneur et le
plaisir d’accueillir celui qu’il conviendrait désormais
d’appeler le feu follet de la jeunesse ou tout simplement le rassembleur.
Hambourg, Allemagne le 22 Avril
2006.
Un reportage des envoyés spéciaux d’Infos-Togo
Ouro Sama Chariffou
Alassani Sando Fousseni
Akue Adoté
Tchaa Koli Tchalaki
Asouma Mouhamed
Ouro Agouda Akpo
Komlangan Kossiwa
Abibou Mouhame
Tchagolé Enkibou
Korodowou Badassawè
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