Journée mondiale de l’alimentation:
La crise financière ne doit pas
faire oublier la crise alimentaire
16 octobre 2008
La crise financière internationale ne doit pas faire
oublier la crise alimentaire et inciter les pays développés
au protectionnisme, a mis en garde mercredi l'organisation de
l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). «Le
climat de grande incertitude qui règne désormais
sur les marchés internationaux et la menace d'une récession
mondiale pourraient inciter les pays au protectionnisme et à la
révision de leurs engagements en matière d'aide
internationale au développement», a déclaré Jacques
Diouf, directeur général de la FAO, selon un communiqué de
l'organisation.
Des centaines de milliards de dollars... C'est ce que les pays
industrialisés s'étaient engagés à fournir
pour le secteur agricole des pays en développement. C'était
il y a quelques mois, les prix des matières premières
flambaient. Une crise alimentaire qui avait entraîné en
2007 une augmentation de 75 millions du nombre de personnes souffrant
de la faim dans le monde, et notamment en Afrique et en Asie.
Dans quinze pays africains, la faim toucherait plus de 35% de
la population. Et avec la crise économique mondiale, les
ONG craignent que les pays donateurs, confrontés à leurs
propres difficultés, ne tiennent pas leurs promesses en
matière d'aide au développement et d'investissement.
La crise alimentaire avait pourtant permis une prise de conscience
de la nécessité de soutenir le secteur agricole
dans les pays en développement. Mais selon le Programme
alimentaire mondial, l'aide alimentaire internationale est tombée
en 2008 à son niveau le plus bas.
Et ce alors que le secteur agricole doit aujourd'hui faire face à un
nouveau problème : la chute des prix de l'alimentaire,
dans le sillage du ralentissement économique général.
Par Marie Dupin, Rfi
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