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Les dirigeants africains en colère après le sommet du G20 à Washington:

Mais méritent-ils un respect au regard de leur gestion du continent?

05 décembre 2008

Ces Chefs d'Etats africains qui crient au scandale, méritent-ils un respect?Les 14 et 15 novembre 2008, les dirigeants du G20 - huit pays les plus industrialisés et onze pays émergents en plus de l’Union européenne - se sont réunis à Washington pour plancher sur la démarche à adopter pour faire face à la crise économique et financière mondiale. Il est à retenir deux choses. Face à la crise économique, les pays du G20, qui représentent plus de 80% de l’économie mondiale, s’engagent à prendre des mesures coordonnées et concertées de soutien à l’économie et à refuser tout recours au protectionnisme.  Pour juguler la crise financière, ils mettront en place avant le 31 mars 2009 une nouvelle régulation financière internationale pour qu’une telle crise ne puisse plus se reproduire. C’est dans cette optique qu’un autre sommet est prévu pour le 2 avril 2009.

Ce grand rendez-vous auquel seule l’Afrique du Sud a pris part en tant que membre, a suscité l’ire des dirigeants africains. Ils n’ont pas compris pourquoi l’Afrique, berceau de l’humanité, ait été oubliée. Et ils ont crié au scandale sur les médias internationaux. Pour eux, on a manqué d’égards à l’Afrique. Mais, en toute sincérité, que faisons-nous pour mériter cette estime? En tuant nos concitoyens pour conserver le pouvoir? En organisant des hold-up électoraux? En tripatouillant la constitution pour rester à vie aux affaires? En marchant sur les textes qui régissent la nation? En brillant dans les dépenses de prestige comme le Président congolais Denis Sassou Nguesso qui ne s’est pas empêché d’ériger à coup de plusieurs milliards une statue en mémoire de l’explorateur français Savorgna de Brazza? En maltraitant nos concitoyens comme le fait actuellement le géronte zimbabwéen Robert Mugabe? L’Afrique est le continent le plus riche en ressources minières et énergétiques mais elle reste le plus pauvre. Ces biens de la nature sont dilapidés par une clique avec la complicité notoire de l’extérieur. N’avons-nous pas choisi notre situation de dépendance?

Tout compte fait, les éternels mendiants africains sont allés se consoler à Doha au Qatar. Ils sont nombreux à effectuer le déplacement dans ce pays du Golfe. C’est un conclave qui regroupe les délégations de 120 pays. Comment soutenir davantage les pays en développement ? Par quels mécanismes financiers ? Voilà les questions qui sont au cœur des retrouvailles de quatre jours à Doha. Et comme il est de notoriété publique que les riches ne vont pas à la sauterie de l’indigent, la plupart des grands leaders mondiaux ont brillé par leur absence. Si Nicolas Sarkozy a fait le déplacement de Doha, c’était par obligation institutionnelle, sa charge du Président en exercice de l’Union Européenne. Il a encore mystifié ses interlocuteurs en se faisant passer pour l’avocat des pays pauvres. On y note également la présence du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) Ban Ki-moon. Il a encore tenu un de ses discours sincères. «La crise financière n’est pas la seule à laquelle nous faisons face. Nous sommes confrontés aussi à une crise du (processus de) développement et à une accélération du phénomène du changement climatique», a-t-il déclaré avant d’inviter les plus riches à ne pas se cacher derrière cette crise financière pour se dérober à leurs promesses d’aider les plus pauvres. Sans oublier les envolées lyriques du tout-puissant président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui a dénoncé «l’avidité» du capitalisme qui «touche à sa fin», lançant au passage des piques à l’Occident. Des sorties qui ont sûrement fait chaud au cœur des dirigeants africains, à l’instar du Président togolais Faure Gnassingbé qui est également à Doha pour les traditionnelles photos. Rien de plus. Cette rencontre ne changera rien.

Zeus AZIADOUVO, correspondant permanent etiame.com à Lomé


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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