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Dangereuse virage ethnique sous la monarchie
togolaise
Faure
Gnassingbé promeut le tribalisme au sein
de la population
30 décembre 2008
Faure
Gnassingbé vient comme à son habitude de donner
une mauvaise image de lui en inaugurant le Salon industriel
et commercial de Kara (SICKA). Il a pris partie pour les détourneurs
de projet et les partisans du tribalisme morbide. Quoi de plus
normal, puisqu’il est lui-même un «magouilleur» en
chef, chef d’un clan et tribaliste de premier rang en
mettant à des postes de haute responsabilité,
des gens de son ethnie, des affidés incompétents
et des personnes soupçonnées de fraudes graves,
de vol ou qui ont sur leur conscience le sang des victimes
innocentes de togolais. Il est donc faux l’idée
que les gens se font du régime en place en le qualifiant
d’ouvert ou en voie d’ouverture. Rien ne changera
sous les Gnassingbé. La seule chose possible qui puisse
ouvrir les voies à la démocratie au Togo est
le balayage de cette pourriture qui régente le Togo.
L’organisation du SICKA de Kara est une nouvelle fois,
venue confirmer les thèses des togolais.
Les faits
Soucieux du développement du Togo, un opérateur économique,
Tino Class a initié la Foire Internationale et Commerciale
de Kara (FICK). Elle devrait être célébrée
tous les deux ans dans le mois de décembre pour permettre à cette
population de vivre d’une manière ou d’une
autre les fêtes de fin d’année. Ainsi, la
première édition qui s’est tenue le 19 décembre
2006 a été inaugurée par Faure Gnassingbé.
Selon les observateurs, «Cette première édition
a connu beaucoup de succès». Ce qui a poussé les
initiateurs à se lever tôt et travailler en amont
pour rééditer l’exploit. C’est dans
ce sens que des campagnes médiatiques ont été lancées
sur le plan national et international, des matériaux
pour la construction des stands auraient été mis à disposition,
des opérateurs économiques nationaux et internationaux
informés… Tout est prêt pour l’organisation
de l’édition de cette année mais c’est
compter sans la mauvaise foi de certains Togolais qui ne créent
rien et qui sont prompts à détourner des projets
d’autrui sur fond de tribalisme.
«Ils m’ont approché en tant que collaborateurs,
et m’ont demandé de leur fournir tous les dossiers
du projet et le bilan de la 1ère édition.
Ils m’ont promis qu’après étude,
ils vont me donner leur part pour que les dépenses
soient partagées et ensemble on va organiser la 2è édition.
Mais au finish, ils ont tout fait pour détourner le
projet à leur compte», a expliqué le
promoteur de la FICK, Tino Class.
Pour lui, tout a commencé en 2006 lors
du lancement de la FICK. «J’ai approché certaines
personnes clé pour qu’ensemble on puisse organiser
cette manifestation en prenant soin de leur souligner que l’Etat
ne va pas nous financer. Ce qui a poussé d’autres à se
désintéresser du projet. Sauf M. Bidamon alors
DG de Togocel qui, en juillet 2006, a signé son accord
pour m’accompagner.
Et depuis ce moment, il n’a pas réagi jusqu’à la
veille de la cérémonie d’inauguration. Voyant
que c’est le chef de l’Etat qui viendra en personne
procéder à la cérémonie d’inauguration,
ils se sont tous dépêchés à Kara
et ont proposé de me voir. Ce que je n’ai pas refusé.
L’assise s’est tenue dans la nuit du 18 décembre
2006. Ils ont émis leur vœu d’être à mes
côtés s’il arrivait que le président
décide de rencontrer les organisateurs. Ce que je n’ai
pas refusé. Effectivement, après l’inauguration,
le président m’a appelé et on est tous
allés rencontrer M. Faure. Pour eux, après cet
entretien, le président allait nous remercier avec des
millions. Ce qui n’est pas arrivé. Découragés,
ils m’ont tous abandonné après le départ
du président. Ils sont revenus à Lomé y
compris Bidamon. J’étais resté à Kara
jusqu’à la fin», a-t-il confié au
cours d’une rencontre avec les journalistes.
De retour à Lomé, ses tentatives de prendre attache
avec ces supposés collaborateurs sont restées sans
suite jusqu’au début de cette année. «Après
le lancement de la deuxième édition le 26 février
dernier, le groupe m’a appelé. Après expertise,
ils ont pris leur engagement de m’aider à rembourser
les dettes qui s’évaluaient à 21 millions
de F CFA. Un protocole d’accord a même été signé le
14 avril 2008. Depuis ce jour, ils n’ont plus réagi.
Quand je les appelle, ils me disent qu’ils sont pris,
qu’ils vont me rappeler après. Tout se passe comme
s’ils se moquent de moi. Dépassé par les évènements,
j’ai porté l’affaire chez un huissier. Ce
dernier les a sommés mais ils n’ont pas réagi.
C’est un silence de cimetière qui a régné autour
de cette affaire», a-t-il poursuivi.
Mais Tino Class découvrira plus tard le pot aux roses. «C’est
dans ce méli-mélo qu’on se trouve et à ma
grande surprise, mes associés ont procédé au
lancement de SICKA le 24 octobre dernier. Le comble, c’est
qu’ils font croire que la FICK est devenue SICKA. Ils
se sont basés sur mes initiatives pour élaborer
leur truc. Mais Dieu aidant, ils ont oublié de changer
l’adresse E-mail et cela se voit sur les invitations
qu’ils ont envoyées aux gens. Dans l’un
de leurs documents distribués, ils ont écrit «…on
peut noter pour cette deuxième édition…» alors
qu’ils sont à la première édition.
Il y a aussi mon logo qui figure sur les papiers remis
aux invités. Toutes ces preuves montrent qu’ils
sont en train de détourner mon projet en leur faveur.
Vexé, j’ai écrit au Président de
la République mais comme ceux-ci sont des proches du
pouvoir, ils ont tout fait pour que les courriers n’arrivent
pas à destination. J’ai demandé l’audience à maintes
reprises mais sans suite. C’est là que j’ai
porté l’affaire au Tribunal mais jusqu’à présent
elle est sans suite».
«Et me voyant tout seul sans force, sans soutien,
j’ai décidé d’abdiquer puisque des
menaces et des intimidations pleuvent de tout côté.
D’autres arrivent même à me dire que je
ne suis pas de la région, de ne pas essayer de mettre
pied à Kara. D’autres m’appellent pour
me conseiller d’abandonner ce projet car ces gens sont
forts. Le mal, c’est qu’ils utilisent des numéros
privés», a-t-il ajouté.
Les détourneurs ont la bénédiction
de Faure Gnassingbé
Au vu de tout ce qui s’est passé, on est tenté de
répondre par l’affirmative. Il est curieux que Faure
Gnassingbé qui a inauguré la première édition
de la FICK en 2006, ait accepté honorer de sa présence
la cérémonie d’ouverture du SICKA qui est à sa
deuxième édition. S’est-il au moins posé la
question de savoir où et quand a été organisée
la première édition? S’est-il demandé pourquoi
la FICK est devenue le SICKA et pourquoi on a changé de
promoteur? En répondant à ces questions, l’usurpateur
du pouvoir au Togo, en tant que premier magistrat, aurait pu
amener les protagonistes à un accord surtout que le tribalisme
s’est invité dans le débat. Il aurait pu
se mettre au-dessus de la mêlée en n’allant
pas inaugurer ce salon. Mais il ne l’a pas fait et a apporté sa
caution aux «larrons » de projet.
De plus, les personnes incriminées par le promoteur de
la FICK: Ably Bidamon, DG de la douane togolaise; Guy Lorenzo,
ministre délégué auprès du Président
de la République chargé du Commerce et de la Promotion
du Secteur privé et Hervé Pana, initiateur du SICKA
sont de très proches du chef de l’Etat. Ceux qui
ont créé le SICKA et prévu leurs manifestations
sur la date arrêtée par la FICK, ont surfé sur
l’argument ethno-tribal pour bouter dehors Tino Class et
ses hommes. On a laissé croire qu’il faut être
Kabyè ou de la région avant de participer au développement
de ce milieu. Un danger que promeut malheureusement Faure Gnassingbé.
Chasser le naturel, il revient au galop.
Jules Symféïtchéou,
Coco Tchak & R. Kédjagni
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