Togo: L’UFC
fait sa rentrée politique dans la perspective de 2010 :
Gilchrist Olympio: «Le
gouvernement et le régime RPT porteront l’entière
responsabilité de toute dégradation qui résulterait
de leur radicalisme»
07 janvier 2009
L’Union des Forces de Changement (UFC) est heureuse de
vous réitérer ses vœux sincères et
chaleureux de prospérité pour l’année
2009. Elle vous félicite pour votre importante contribution
aux efforts visant l’instauration de la démocratie
et de l’Etat de droit dans notre pays.
L’UFC voudrait, par cette première conférence
de presse de l’année 2009, partager avec vous, les
préoccupations de l’heure sur l’actualité socio économique
et politique.
Avant de passer en revue les points d’actualité,
il nous importe de faire un constat général d’une
gravité inquiétante: il apparaît clairement
que depuis les élections du 14 Octobre 2007, le gouvernement
et le régime RPT s’enferment dans un unilatéralisme
et un radicalisme sournois qui conduisent inexorablement notre
pays vers des lendemains incertains.
L’UFC dénonce et condamne sans appel cette attitude
rétrograde qui :
- compromet dangereusement l’avenir de notre pays,
- entretient en permanence un climat d’insécurité,
de violence et de terreur,
- empêche l’organisation d’élections
crédibles,
- ne laisse aucune chance à la réconciliation
nationale,
- augure de situations d’affrontement.
Le gouvernement et le régime RPT porteront l’entière
responsabilité de toute dégradation qui résulterait
de leur radicalisme.
L’UFC en appelle à toute la classe politique pour
combattre ces comportements d’un autre âge. Elle
exhorte le régime RPT à se ressaisir et, dans l’intérêt
supérieur du Togo et du Peuple togolais souverain, à renouer
avec l’esprit de l’APG en recherchant le consensus
indispensable à l’adoption et à la mise en œuvre
des réformes politiques. A cet égard, il devient
capital de réactiver le Comité de Suivi qui est
le mécanisme clé de règlement consensuel
des divergences.
1- Les réformes politiques et les prochaines échéances électorales
L’UFC n’a de cesse, dès le lendemain des élections
législatives d’Octobre 2007, d’appeler les
autorités togolaises à l’adoption et à la
mise en œuvre sans délai des réformes politiques:
- nécessaires au parachèvement des 22 engagements,
- recommandées par différents rapports de missions
internationales, notamment la mission Doudou Diene,
- recommandées par les missions d’observation
des dernières élections législatives (Commission
et Parlement européens).
Malgré nos efforts pour prévenir les blocages
et aplanir les difficultés dans un cadre de discussions
RPT/UFC, force est de constater qu’aucun progrès
n’a été enregistré jusqu’à présent.
Fidèle à sa politique de double langage et de
duplicité, le régime RPT tente d’imposer à la
classe politique, un code électoral désarticulé avec
une CENI déséquilibrée ainsi qu’une
Cour constitutionnelle et une HAAC aux ordres, un mode de financement
public des partis politiques et un statut de l’opposition
iniques et tronqués, un cadre permanent de dialogue sans
rapport avec celui prévu par l’APG…
L’UFC rejette les prétendues réformes faites
par le gouvernement sans le moindre consensus, en particulier
le code électoral dont l’adoption unilatérale
est inacceptable et constitue un casus belli.
Ces manœuvres sordides n’ont d’autres objectifs
que de plomber les prochaines élections, notamment la
présidentielle de 2010.
L’UFC met en garde le chef de l’Etat contre les
conséquences du radicalisme du parti au pouvoir. L’Union
des Forces de Changement se verra contrainte de quitter le processus
de sortie de crise en cours et d’appeler les populations à empêcher
par tous les moyens une énième mascarade électorale,
si le RPT persiste dans son radicalisme.
2- Assemblée Nationale
L’action de l’UFC vise constamment le bien-être
des populations, leur sécurité, ainsi que l’instauration
de la bonne gouvernance et de la saine gestion des finances publiques.
Au cours de la première année de cette législature,
les députés UFC à l’Assemblée
nationale, en dépit de leur nombre et malgré les
entraves du RPT, se sont attelés à défendre
avec acharnement, les intérêts des populations togolaises,
lors des inondations et dans les domaines tels que la sécurité,
la vie chère, la pauvreté, l’environnement,
la décentralisation, etc.
A l’occasion des interpellations et des questions orales
ainsi que lors des votes relatifs aux programmes d’action
du gouvernement et aux lois des finances, nos députés
se sont particulièrement distingués par la qualité et
la pertinence de leurs contributions visant à contraindre
le gouvernement et le régime RPT à :
- mener une lutte effective contre la corruption, la gabegie
et les détournements de fonds,
- s’astreindre aux bonnes pratiques, à la bonne
gouvernance et à une saine gestion des finances publiques,
- orienter l’action gouvernementale prioritairement vers
les secteurs sociaux, les infrastructures essentielles, la
démocratie et l’Etat de droit.
L’UFC déplore et condamne la censure dont toutes
ces contributions sont l’objet dans les médias publics,
notamment sur TVT, avec la complicité d’une HAAC,
totalement à la solde du régime RPT. C’est
le lieu de réitérer l’exigence d’une
recomposition de la HAAC, formulée à maintes reprises
par l’UFC.
3- Vœux au chef de l’Etat
Les raisons qui ont motivé le refus du Groupe parlementaire
UFC de prendre part aux cérémonies de présentation
de vœux au chef de l’Etat l’année dernière,
demeurent valables cette année puisque rien n’a
changé depuis. Il est par exemple inacceptable que le
président de l’Assemblée nationale aille
livrer, au nom de tous les députés, un discours
RPT qui ne saurait engager le Groupe parlementaire UFC.
L’UFC déplore et condamne une fois encore, ce rituel
de parti unique qui oblige toutes les autres institutions de
la République à manifester leur subordination
au chef de l’Etat.
En outre, nous constatons que les pressions répétées
de l’UFC ont contraint l’exécutif togolais à abandonner
cette fois-ci, la dérive tribaliste du chef de l’Etat
qui s’oblige à organiser chaque année, une
cérémonie de présentation de vœux
aux seules ‘’populations du nord’’, encourageant
ainsi, la division que le régime RPT tente d’imposer à notre
pays. Cependant, l’UFC dénonce et condamne la transformation
des vœux au chef de l’Etat, en campagne électorale
déguisée dans les régions administratives
du pays, aux frais du contribuable togolais.
4- Insécurité, impunité et processus ‘’Vérité,
Justice et Réconciliation’’
Alors que les populations togolaises, victimes de graves atteintes
aux droits humains, attendent justice et réparations à travers
un processus Vérité, Justice et Réconciliation,
elles assistent impuissantes à une recrudescence de l’insécurité,
de la violence et de la terreur entretenues dans le pays en toute
impunité par le régime RPT, à l’approche
de l’échéance électorale de 2010.
En témoignent la disparition non élucidée
d’Atsutsé K. Joachim Agbobli, Président du
MODENA, les exécutions sommaires, les violences et voies
de fait exercées sur les citoyens le long des itinéraires
du cortège présidentiel, les affectations arbitraires
de responsables de partis de l’opposition, les exactions
et traitements humiliants et dégradants à l’encontre
de députés de l’opposition, notamment aux
frontières et devant le siège du parlement, les
corps de paisibles citoyens retrouvés sans vie dans les
villes et dans les campagnes. Aucune enquête n’est
diligentée par les pouvoirs publics pour identifier et
poursuivre les auteurs et les commanditaires des crimes.
Il apparaît clairement que le processus Vérité,
Justice et Réconciliation en cours dans notre pays, ne
rassure pas nos compatriotes. Les populations togolaises doutent
que ce processus soit de nature à mettre un terme à l’impunité et à favoriser
la réconciliation nationale.
L’UFC rappelle qu’une véritable réconciliation
nationale ne saurait se concevoir sans l’élimination
de toutes les mesures discriminatoires et d’exclusion introduites
unilatéralement dans le cadre électoral par le
régime RPT. Voilà pourquoi, l’UFC réaffirme
que le processus Vérité, Justice et Réconciliation
doit être mené de front avec l’adoption et
la mise en œuvre des réformes constitutionnelles
et institutionnelles.
5- Les revendications sociales
Au moment où les populations togolaises succombent sous
le poids de la misère, de la pauvreté et de la
précarité, au moment où les travailleurs
et singulièrement le corps enseignant et le corps médical
réclament en vain le minimum pour leur survie, le gouvernement
et le régime RPT gaspillent les deniers de l’Etat
dans l’acquisition de véhicules de luxe à des
coûts exorbitants et dans la confection à grands
frais, de posters géants à l’effigie du
chef de l’Etat et de son défunt père.
L’UFC manifeste sa solidarité au corps médical
et à tous les travailleurs en lutte pour l’amélioration
de leurs conditions de vie et de travail. Elle dénonce
et condamne avec force, les dépenses farfelues qui grèvent
inutilement le budget de l’Etat au détriment des
secteurs sociaux et des infrastructures essentielles.
6- Chef d’Etat et Gouvernement
Aujourd’hui plus que jamais, l’exécutif togolais
se ressent du déficit de légitimité, de
crédibilité et de responsabilité qu’il
traîne comme un boulet. Aucun effort de gouvernance et
de bonnes pratiques. Incompétence, immobilisme et incapacité se
conjuguent avec un pillage systématique des ressources
publiques pour maintenir le pays dans la pauvreté, la
misère et la précarité.
7- Communauté internationale
En renouvelant sa gratitude aux pays amis et à tous les
partenaires qui soutiennent et accompagnent notre pays dans ce
processus de sortie de crise, l’UFC tient à appeler
leur vigilance pour qu’ils ne se laissent nullement abuser
par les discours lénifiants du gouvernement et du régime
RPT. En effet, c’est avec arrogance et mépris, que
le parti au pouvoir remet en cause l’esprit de l’APG
en refusant toute démarche consensuelle dans l’adoption
et la mise en œuvre des réformes politiques.
L’UFC rappelle que l’élection présidentielle
de l’année 2010 est une élection à hauts
risques, tout comme les précédentes. En témoigne
déjà, la recrudescence des intimidations, de la
violence et de la terreur dans le pays.
Il est manifeste que les autorités togolaises n’ont
aucune volonté d’organiser des élections
propres et satisfaisantes, comme le font les pays voisins.
Voilà pourquoi, l’UFC demande tout particulièrement à la
communauté internationale de s’investir plus activement
dans l’accompagnement de la mise en œuvre des réformes
politiques ainsi que dans la préparation et l’organisation
de la prochaine présidentielle, afin d’éviter à notre
pays la réédition de la situation calamiteuse de
2005.
8- L’alternance politique au Ghana
L’UFC note avec satisfaction que des élections crédibles,
libres, équitables et transparentes viennent de se dérouler
au Ghana. Elle relève que le caractère exemplaire
de ce processus électoral est intimement lié à l’indépendance
et au bon fonctionnement des institutions du pays, notamment
la Commission électorale, ainsi qu’à la maturité de
la classe politique et du peuple Ghanéens. L’UFC
rend hommage à la loyauté et à la probité des
dirigeants de ce pays, qui n’ont pas cherché à s’accrocher
au pouvoir en tripatouillant la Constitution et le code électoral.
L’UFC salue la victoire du candidat de l’opposition,
le Professeur John Evans Atta Mills du NDC et lui adresse ses
vives félicitations et ses vœux de succès
dans ses nouvelles fonctions.
9- Les populations togolaises
L’UFC réitère ses vœux de bonne et
heureuse année aux populations togolaises et leur renouvelle
ses sincères remerciements pour la confiance qu’elles
lui témoignent et le soutien qu’elles lui apportent.
En les assurant de sa constante solidarité dans les dures épreuves
quotidiennes résultant de l’incurie du pouvoir RPT,
l’UFC salue le courage et la détermination des populations
togolaises en lutte pour le bien-être et l’épanouissement
de tous.
L’UFC appelle les Togolaises et les Togolais à une
vigilance accrue face aux harcèlements, intimidations
et autres manœuvres sordides orchestrées par le
RPT en vue de les abuser, de les exploiter et de les détourner
du véritable changement indispensable à l’amélioration
de leurs conditions de vie.
L’UFC exhorte les populations togolaises à rester
constamment mobilisées pour faire échec à l’imposture,
au pillage des ressources nationales et à la régression
socioéconomique et politique de notre pays le Togo.
Fait à Lomé, le 07 Janvier 2009
L'UFC
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