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Déclaration d’Agbéyomé Kodjo en ce début d’année

«L’heure de la modernité a sonné. L’ordre ancien doit être balayé»

12 janvier 2009

Agbéyomé Kodjo, le président de OBUTSEn ce début d’année 2009, le président de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), Messan Agbéyomé Kodjo, a présenté ses vœux aux Togolais. Dans sa déclaration, l’ancien Premier ministre n’est pas du tout tendre avec le pouvoir en place. «Le Togo reste une République, il ne sera jamais une monarchie», dit-il. Lecture.

Vœux à la nation de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS)
Togolaises et Togolais

Mes chers compatriotes
L’année qui s’achève a été particulièrement pénible pour le Togo.
Le pilotage à vue de nos Gouvernants, leur irresponsabilité dans l’exercice des charges publiques, ont continué à plonger les Togolais dans une grande misère, et accentué la mise à l’index de notre pays dans le concert des Nations.

L’image de notre pays est aujourd’hui si abîmée que les Togolais éprouvent un sentiment de honte lorsqu’ils doivent afficher et assumer leur identité nationale hors de nos frontières.

On assiste à l’effondrement des valeurs morales, à l’affaissement de l’autorité de l’Etat.

Pour les gouvernants qui ont en charge la conduite de l’action publique, le sens de l’intérêt général a cédé la place à celui de leurs intérêts particuliers.

Lorsque ceux qui se livrent à des actions illicites avec arrogance et mépris, prennent des libertés avec les deniers publics, ne sont nullement  inquiétés et sont,  à contrario, protégés par la puissance publique, qui les exonère du devoir élémentaire de rendre compte, comment donc s’étonner dans un tel climat, du triomphe de l’impunité au Togo. 

Hier encore, la dissolution du FER et l’exonération de responsabilités de ceux qui ,au lieu d’entretenir nos routes, et de réhabiliter les ponts qui récemment ont cédé, ont détourné durant des années, les ressources de cette institution à d’autres fins, parfois personnelles, est un cas flagrant qui révolte plus d’un togolais,

Le refus du Gouvernement d’auditer les comptes de ce service public, qui, depuis sa création, a enregistré plus d’une centaine de milliards de francs CFA de recettes, a été annoncé il y a quelques mois, par un proche du Président de la République, sur l’une de nos chaînes de télévision  nationales.

Que dire aussi de l’importante manne financière procurée par les emprunts obligataires censés servir à l’entretien de nos routes, dont on ignore la destination finale, mais qui, in fine, alourdissent la dette extérieure du Togo qui se chiffre maintenant à plus de 2 Milliards de Dollars US?

Bref, le régime actuel n’éprouve aucun besoin à rendre compte à son peuple, de la politique qu’il conduit prétendument en son nom. Pis encore, il pousse le cynisme à abreuver l’opinion de bonnes intentions, tout en bafouant les citoyens dans leurs droits les plus élémentaires.

Se nourrir, se soigner, se loger, se vêtir, s’éduquer, se former, travailler, se cultiver, sont désormais l’apanage exclusif des courtisans et des affidés qui gravitent autour du noyau central du pouvoir.

La symbolique du maïs captée par le parti dominant, alors que cette denrée primaire de base est devenue inaccessible pour l’écrasante majorité de nos compatriotes est l’exemple criant du caractère néfaste à l’excès, de ce régime pour le peuple togolais

Où se trouve donc le sens de l’Etat et de la solidarité nationale, quand un groupe d’individus, surgis de nulle part, peuvent manger à satiété et étaler un luxe insolent et de mauvais goût, pendant que l’écrasante majorité doit se contenter du bouillon d’eau chaude et de piment pour seul repas quotidien?

Où se trouve le sens de la responsabilité, quand certains de par leur situation familiale, politique, régionale ou ethnique, peuvent s’offrir un train de vie ostentatoire dont l’acquisition est loin d’être fondée sur le talent ou le mérite, alors que nos hôpitaux manquent de nivaquine et de coton, nos salles de classe manquent de tables blancs, de craie, et surtout des personnels enseignants?

Oui! Le Togo vit un véritable drame national!

Oui! Le Togo est un pays sinistré, agonisant, qui a besoin d’une thérapie de choc!

Chers Compatriotes, je ne souhaite pas raviver votre douleur, j’ai pris soin d’évoquer quelques éléments qui structurent notre vécu quotidien pour vous dire qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie.

Moi aussi j’ose vous dire: n’ayez pas peur!

L’utilisation de l’argent pour l’achat des consciences, les menaces et intimidations de tous ordres, sont les armes de prédilection de ceux qui nous privent de nos droits, veulent détruire en nous la vertu et la vaillance séculaires inscrites dans nos gènes.

Mais ils se trompent  parce que l’héritage légué par la longue filiation de nos ancêtres, s’écoule en nous comme une sève qui permet à nos cœurs d’aspirer toujours plus à la liberté et d’exiger chaque jour davantage, la justice!

Le Togo, notre nation, la chère terre de nos aïeux, est notre propriété collective. En ce début de 21ème siècle, il n’est plus dans l’ordre des choses qu’elle reste l’apanage d’un clan, d’un groupe de copains, encore moins de ceux qui la considèrent comme un legs éternel, dû à leur filiation des dirigeants passés, et non à leur mérite ou leurs compétences.
Le Togo reste une République, il ne sera jamais une monarchie!

Pour cela, j’en appelle à votre vigilance, pour empêcher que l’on vous vole le changement auquel vous aspirez depuis de longues années. Tout récemment, en violation des termes de l’Accord Politique Global de 2006, après avoir reçu le 4 décembre les partis signataires, le gouvernement s’est mis en tête de modifier le code électoral, et notamment la composition de la CENI unilatéralement et sans concertation véritable.

Cette manœuvre n’a pas d’autre but que de priver les partis non représentés à l’Assemblée nationale, de représentation au sein de la CENI, et donc de toute possibilité de contrôle sur la régularité des opérations électorales.

J’entends alerter immédiatement l’ensemble de l’opinion togolaise sur ce mauvais coup en préparation, contre la démocratie, de même que l’opinion et les grandes institutions internationales, partenaires du Togo pour les mettre devant leurs responsabilités.

L’heure de la modernité a sonné. L’ordre ancien, doit céder la place à l’avènement des nouvelles générations, il doit être balayé pour permettre, enfin, la libération de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés.
Je sais qu’au fond de vous, tout comme moi, vous préférez, vivre dignement que de sombrer lentement dans l’abandon et l’honneur perdu.

C’est pourquoi, je vous invite, à rejoindre les milliers de togolaises et togolais qui ont déjà adhéré à l’objectif de rénovation de notre pays que je propose, à participer activement au mouvement qui est déjà en marche et ne cesse de grandir.

Nous aurons bientôt un rendez-vous capital avec l’histoire. Et le moment n’est plus très loin où l’occasion  nous sera donnée de concrétiser la formidable aspiration au Changement  qui anime les Togolais.

Je souhaite de tout mon cœur que l’année 2009, soit une année qui prépare notre marche vers la liberté, afin que nous puissions commencer enfin à vivre, retrouver notre dignité, redonner à nos enfants des raisons d’espérer et de trouver foi en l’avenir.

Bonne année 2009,

Que Dieu vous bénisse et bénisse le Togo!


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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