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Togo: Au RPT, on ne change pas:
Faure Gnassingbé, un double langage
permanent
14 janvier 2009
On aura tout vu avec le RPT. On aura également tout entendu.
Que de bonnes paroles! Et que d’actes contraires! Depuis
le règne du défunt dictateur Eyadèma Gnassingbé,
jamais le Rpt (rassemblement du peuple togolais), le parti qui
règne sans partage au Togo depuis 1968, n’aura été aussi
fourbe, aussi cynique et aussi cruel.
Certes on savait le dictateur manipulateur, corrupteur, assassin,
et tout ce qui en résulte comme conséquences, mais
on le savait non cynique sévissant sans hypocrisie.
Mais depuis que ses rejetons ont fait main basse sur le Togo
usurpant du pouvoir un 5 février 2005, on n’a jamais
vu autant de cynisme de Faure Gnassingbé déclarant
un jour son «amour» pour le Togo, promettant
ciel et terre, prenant de bonnes résolutions, mais un
autre jour, posant des actes aux antipodes de la démocratie,
du bon sens et de toutes mesures allant dans le sens du règlement
des problèmes qui minent ce petit pays de la sous-région
ouest africaine.
Nous l’avons toujours dit et répéter, les
rejetons Gnassingbé et le Rpt ne comprennent qu’un
seul langage, celui du rapport de force, de la violence. Est-ce
ce qu’il leur faut pour libérer le Togo? On serait
tenté d’approuver cette option. Car quoi qu’on
dise, le «petit» comme se plaisent à l’appeler
ses protecteurs européens, n’est ni plus ni moins
qu’un dictateur, un méchant et par-dessus tout,
un égoïste qui se suffit à lui-même.
Et les preuves ne manquent pas pour corroborer nos écrits.
On est au 13 janvier, une triste date qui divise profondément
les Togolais. A sa prise de pouvoir, l’usurpateur avait
promis, au regard des contestations, que cette date sera celle
de recueillement et de réconciliation. Mais le 13 janvier
de l’année suivante aura été une année
de fête avec un 13è mois accordé à l’armée,
soubassement du pouvoir, comme au bon vieux temps du dictateur
Eyadèma.
Les années suivantes n’échapperont
pas aux mêmes fastes. Et ceux qui croyaient qu’avec
l’Accord
politique global de l’été 2006 et les perspectives
des échéances électorales présidentielles
de 2010 qui s’annoncent cruciales, que le RPT et son président
Faure Gnassingbé allaient changer de cap et se fixer les
bonnes manières afin de réconcilier les Togolais
pour éviter les différentes boucheries électorales
des années précédentes, se gourent lourdement.
Le 13 janvier 2009 sera aussi une fête
avec en prime, un défilé militaire et civil, une
réjouissance
populaire, une journée chômée et payée
et un cocktail offert aux frais de la princesse. Or le 13 janvier
1963, le jeune peuple togolais pleurait l’assassinat de
son premier président démocratiquement élu.
Et ils sont plus des ¾, ces togolais qui se réclament
actuellement de l’héritage des années de
lutte pour l’indépendance dont Sylvanus Olympio
assassiné, fut le catalyseur.
En tournée dans les casernes tout dernièrement,
Faure Gnassingbé disaient aux militaires qu’il leur
faisait «confiance» en leur distribuant des billets
de banque, une manière de les corrompre et de les tenir
aux aguets de tout risque qui pourrait entamer son déclin,
le phénomène guinéen et le rerour au pouvoir au Ghana du NDC
de Jerry John Rawlings faisant effet.
Lors de la dernière présidentielle ghanéenne,
le monarque en chef claironnait que les élections de
2010 au Togo seraient à l’image de celles du Ghana:
démocratiques et transparentes. Or son Ministre d’Etat
et griot en chef Pascal Bodjona a unilatéralement, aux
dépens des partis politiques de l’opposition, donné le
ton de la prochaine présidentielle en fixant le quota
et la composition de la Commission électorale nationale,
celle censée organisée et supervisée ladite élection.
Qui donc trompe qui?
Pendant que ses instruments de propagande, médias
publics et certains organes privés financés par
Faure Gnassingbé et
donc par l’argent du contribuable, tentent de donner une
image positive de celui qui aura en quelques années seulement
créer plus de tord aux populations togolaises que les
38 ans de règne de son père, le fils continue les
abus, nommant à des postes juteux ses amis, cousins, frères
et maîtresses au détriment de tout mérite.
Dans le même temps, il laisse échapper sa vie ostentatoire,
voitures de luxe maybach coûtant des millions d’euros
dans un pays sans routes, ni autoroutes, ni ponts, des
festins à longueur de soirée avec champagnes et
boissons rares, des voyages et des visites dans des endroits
paradisiaques au moment où les Togolais vivent avec moins
d’1 euro par jour. Que du mépris! Et nous pouvons
étaler les exemples...
Les seules mesures capables de redonner confiance au peuple
togolais et de faire croire en des élections libres, transparentes
et démocratiques, passent par une révision en profondeur
des institutions de la République: abrogation de l’actuel
code électoral, redécoupage électoral,
réécriture de la Constitution ou retour de celle
de 1992, la seule soumise au vote public, composition équitable
de la Cour constitutionnelle et suprême, formation d’un
véritable gouvernement de transition avec pouvoir réel
et dont la principale prérogative sera de doter le Togo
d’une 5è République.
En dehors de toutes ces normes précitées, la seule
lutte qui vaille pour le peuple de retrouver la voie de la démocratie,
sera un balayage systématique par tous les moyens de ce
régime moribond.
Jules Symféïtchéou,
etiame.com
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