Nord-Est Togo: Un litige au sein de
la famille Titikpina dégénère à Tchamba:
Plusieurs blessés et le chef canton
en exil
16 janvier 2009
L’origine de la crise
Une incompréhension au sein de la famille Titikpina a
engendré, il y a quelques jours, une violence qui a embrasé la
ville de Tchamba, une localité située à 350
km au nord-est de Lomé. On dénombre des blessés
et des exilés dont le chef canton, demi-frère du
ministre de la Sécurité et de la Protection civile,
le Colonel Atcha Titikpina. Le 30 décembre 2008, une bande
de jeunes à la solde du Colonel Atcha Titikpina armés
de coupe-coupe, gourdins et autres armes blanches s’étaient
introduits chez de paisibles citoyens pour semer la panique au
sein de la population. Les jeunes, selon nos informations, se
sont rendus au domicile du chef canton afin d’attenter à sa
vie. Alerté, le chef canton Titikpina Oudjabou se sauva
et trouva refuge chez les voisins avant d’être évacué par
un détachement de la gendarmerie de Sokodé, une
ville voisine. Le chef ayant eu la chance de fuir avec sa famille,
tous ses proches furent poursuivis dans la ville. Les jeunes
ont fait le tour de plusieurs quartiers et menacé de tuer
tous ceux qui s’opposeraient au ministre.
Le ministre a séjourné à Tchamba du 31
décembre 2008 au 2 janvier 2009. Depuis son passage, des
tentatives d’enlèvement et d’attaques ont été fréquentes
et se sont même intensifiées. Certaines des potentielles
victimes informées à temps, ont réussi à prendre
la fuite. M. Gachi n’a malheureusement pas eu cette chance.
Ce dernier a été admis aux soins intensifs du CHR
de Sokodé. Il a été laissé pour mort
par ses agresseurs après avoir reçu des coups de
machettes.
Selon les témoignages, plusieurs personnes ont été obligées
de fuir la ville au regard des menaces qui pesaient sur leur
vie. Parmi celles-ci, on cite le sieur Tina Odegbami dont la
voiture aurait été confisquée depuis des
mois par le ministre. D’autres personnes comme Titikpina
Bawa, Ibrahim Affo et Adam Awal, tous trois résidant en
Allemagne et en vacances à Tchamba, ont également
pris la poudre d’escampette pour se refugier dans les villages
environnants.
Après la chasse à l’homme, les jeunes se
sont lancés dans la destruction des biens. C’est
ainsi que la clôture de la maison du chef canton ainsi
que les fenêtres de son domicile ont été détruites.
Un champ de 4 hectares appartenant au chef a été incendié.
L’origine de la crise
Une affaire de chefferie serait au cœur du litige entre
le Colonel Atcha Titikpina et son demi-frère Titikpina
Oudjabou. Il est fait état qu’à la mort de
leur père qui était le chef canton de Tchamba,
la gestion du trône royal a été confiée à une
autre famille. Mais le ministre a usé de toute son influence
pour faire revenir la chefferie dans la famille qui a alors été confiée à Oudjabou.
Au départ, les deux frères étaient très
unis mais par la suite, les relations ont commencé à se
dégrader. Et la goutte d’eau qui a fait déborder
le vase est le soutien que le chef canton aurait apporté à Mme
Apoudjak contre Agbèrè Kabala, le candidat du Colonel
lors des primaires organisées au sein du RPT pour le compte
des législatives du 14 octobre 2007. Depuis lors, le ministre
nourrirait des récriminations contre son frère
et chercherait à l’évincer du trône
royal pour le remplacer par son bras droit Agbèrè Kabala.
Les populations qui étaient au parfum des relations tumultueuses
entre le ministre et son frère avaient apporté massivement
leur soutien au chef canton. Ce qui n’aurait pas plu au
Colonel.
Les vieux démons se sont réveillés le 29
décembre dernier. Sous le prétexte que la Justice
n’aurait pas dit le droit dans le différend d’indemnités
versées aux orphelins du défunt Titikpina Mashoud,
frère ainé du Colonel, les jeunes proches de lui
se sont soulevés pour semer la panique dans la ville.
En fait, le différend opposait Titikpina Kader à son
oncle, M. Titikpina Oudjabou, chef canton de Tchamba, jusque-là suspendu
officiellement pour une période de 6 mois de ses fonctions
de chef par la seule volonté de son frère, le Colonel
Atcha Titikppina. Le différend apparaît comme une
nouvelle tentative du ministre d’en finir avec son demi-frère
Titikpina Oudjabou.
Aux dernières nouvelles, suite à l’intervention
de certaines autorités politiques, le calme est revenu
dans la ville. Un cadre de la préfecture que nous avions
contacté, estime que les commanditaires des violences
sont connus et doivent être poursuivis. «Que
l’on ne s’arrête pas qu’aux petits exécutants
interpellés et que le droit s’applique. Ce sera
une mesure dissuasive pour d’autres qui tenteront d’aller
encore dans cette voie», a déclaré notre
interlocuteur.
Toutes nos tentatives pour joindre le ministre de la Sécurité et
de la Protection civile pour avoir sa version des faits se sont
révélées vaines.
M A.
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