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Togo, Economie: Dissolution de la SOTOCO:

Les pilleurs peuvent toujours jouir des fruits de leur prédation

27 janvier 2009

L'ancien fleuron de l'agriculture togolaise est passé sous le feu des prédateurs, famille Gnassingbé y comprisPlongée dans un coma profond depuis quelques mois, les médecins qui s’acharnaient au chevet de la Société Togolaise de Coton (SOTOCO) savaient que la maladie dont souffrait cette structure était incurable. Le gouvernement vient de leur donner raison en signant l’acte de décès de la SOTOCO. C’était en Conseil des ministres du vendredi 23 janvier, le deuxième de la semaine. «La profonde crise que traverse la SOTOCO depuis la campagne 2000-2001, a amené le gouvernement à s’engager dans un processus de redressement de la filière cotonnière et de restructuration de la SOTOCO.

Ce processus a abouti à des conclusions pertinentes qui ont permis au Conseil de Surveillance de la société de proposer sa liquidation et la création d’une nouvelle société qui transforme la société d’Etat SOTOCO en une société d’économie mixte avec la participation de l’Etat et la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton.

A cet effet, le conseil a pris deux décrets portant respectivement dissolution de la Société Togolaise de Coton (SOTOCO) et dissolution du Comité Fiduciaire. Le Conseil a également pris un autre décret portant création de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT)», lit-on dans le communiqué qui a sanctionné ce Conseil des ministres.

Il y a de cela dix mois que les maux dont souffre la SOTOCO et qui l’ont précipitée dans l’abîme ont été diagnostiqués. Ces maux ont pour nom: mauvaise gouvernance financière, problème de management, malversations, mauvais fonctionnement du Conseil d’Administration… «La filière cotonnière en général et la Société Togolaise de Coton en particulier traversent depuis quelques années une profonde crise qui a affecté les revenus des paysans et l’économie du pays. Aujourd’hui, grâce aux dispositions qu’il a prises, l’Etat a payé la dette relative aux revenus directs de production qui se maintient à 21,5 milliards de F CFA et entamé l’apurement de la dette bancaire qui était évaluée à 40 milliards de F CFA [...]. Concernant les comptes de l’exercice 2003, 2004, 2005 et 2006 dont les résultats sont largement déficitaires, le Conseil de Surveillance a, au vu des conclusions de l’audit financier de la SOTOCO, décidé de prendre tout simplement acte desdits résultats.

S’agissant du Conseil d’Administration de la SOTOCO, le Conseil de Surveillance a noté quant aux dysfonctionnements, de nombreuses anomalies constatées dans la gestion financière et la valorisation de la fibre coton d’une part et le management de la société d’autre part sont imputables à une mauvaise gouvernance de la société mais aussi à un mauvais fonctionnement de son Conseil d’Administration», avait établi le gouvernement à l’époque.

Des mesures hardies avaient été prises pour faire la lumière sur les dysfonctionnements relevés entre autres, la mise en place d’une mission de vérification de la véracité ou non de surfacturation indiquée dans l’audit ; la mise en place d’une comptabilité analytique d’un contrôle financier afin de garantir la fiabilité de la gestion de l’information ; la prise de mesures pour la récupération des montants déclarés surfacturés à l’issue de la mission de vérification.

Mais on n’en saura pas plus sur ces études. Les résultats sont rangés dans les tiroirs. Aujourd’hui, la SOTOCO est tout simplement dissoute. Les prédateurs, ceux qui ont mis à genou la société peuvent jouir en toute impunité des fruits de leurs rapines. Ainsi fonctionne malheureusement notre pays. Les sociétés d’Etat, le FER, l’ex-OTP/IFG, la BTCI…la liste est longue, sont moribondes et la gestion de leur Conseil d’Administration est décriée. Les responsables des pillages sont connus mais on ne leur demande pas de compte, on change seulement le nom des sociétés et les pilleurs sont placés dans d’autres secteurs. On a l’impression qu’au Togo certaines personnes sont autorisées à disposer des deniers publics sans avoir des comptes à rendre à qui que ce soit.

«C’est quand même aberrant que les personnes qui ont lessivé la SOTOCO ne soient pas poursuivies non pas parce que les affaires sont prescrites ou qu’il n’y a pas de preuve mais juste parce qu’elles sont porteuses de gènes d’intouchables. Toutes les sociétés qui faisaient la gloire du Togo sont en déconfiture totale. On dirait qu’il s’est opéré un transfert de patrimoine des sociétés vers leurs dirigeants. Le Togolais moyen comprendra qu’il est pris en otage par des démagogues sans scrupules. A l’évidence, on prendra les mêmes et on recommencera. Résultat, on ira droit dans le mur une nouvelle fois», fait observer, indigné, un citoyen.

M.A. Liberté

 


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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