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Dans la perspective de la présidentielle de 2010:

Me François Boko: «Un retour prochain au Togo, ce n’est pas encore à l’ordre du jour»

04 février 2009

Me François BOKO appelle à la formation d'une plate-forme des acteurs de l'opposition pour arracher l'alternance politique en 2010La nouvelle courait depuis plusieurs jours les rues et les médias togolais. Me François Akila-Esso Boko serait entrain de faire ses valises pour un retour au Togo afin de participer aux élections présidentielles de 2010, respectant ainsi les clauses de résidence d’un an sur le territoire à tout candidat à l’élection présidentielle.

Le site d’informations focusinfos a même cru détenir le scoop auprès des proches de l’ancien ministre de l’Intérieur du Togo.

Nous sommes allés aux nouvelles et nous avions pu joindre au téléphone l’intéressé dans la matinée du 04 février depuis Antananarive à Madagascar qui est à feu et sang pour savoir ce qu’il fait en ces temps difficiles sur la grande île. C’est ainsi qu’il nous a affirmé conduire une mission de quatre experts (une Belge, un Français et un Italien) de l’Union européenne pour la formulation d’un programme d’appui à la justice malgache financé à hauteur de 25 millions d’euros dans le cadre du 10è FED.

Revenant sur l’objet de notre coup de fil, Me François Boko dit qu’il a été surpris par cette information et affirme que son «retour au Togo ce n’est pas encore à l’ordre du jour». N’empêche néanmoins qu’il suit de près les tractations en cours entre les forces démocratiques pour unir leurs voix pour une candidature commune en 2010. Dans cette perspective, l’ancien ministre réitère son appel à la «nécessité de la mise en place rapide d’une plate-forme réunissant les forces démocratiques, des acteurs de la société civile et des leaders politiques autour d’une politique et d’une action communes pour arracher l’alternance en 2010 afin de délivrer le peuple togolais». Si cet appel reçoit un écho favorable poursuit-il «je compte y apporter ma contribution».

S’agissant de l’organisation des élections proprement dite, l’ancien ministre de l’intérieur déplore que le régime togolais met déjà tout en place pour empêcher la transparence du scrutin. «Faure Gnassingbé fait croire d’un côté qu’il veut s’inspirer du modèle ghanéen et au même moment il met en branle la machine à verrouiller le processus électoral. Ce double langage permanent est typiquement caractéristique de la méthode qu’emploient les héritiers du système décadent dont les professions de foi pour flouer l’opinion et la communauté internationale sont en contradiction avec les actes qu’ils posent quotidiennement au Togo» a dit Me Boko.

«Si Faure Gnassingbé veut réellement s’inspirer du modèle ghanéen en matière de succès démocratique, renchérit-il, qu’il donne au peuple togolais sa Constitution de 1992 (puisque celle-ci règle tous les problèmes qui se posent aujourd’hui au peuple togolais dans sa marche vers la démocratie: elle limite le mandat présidentiel à deux quinquennats, équilibre les pouvoirs au sein de l’exécutif entre le Chef de l’Etat et le Premier ministre…) et qu’il accepte l’élaboration d’ un code électoral répondant aux standards internationaux avec l’appui d’une expertise qualifiée comme le recommande la Commission de l’Union européenne à la suite de sa mission d’observation en 2007». «Si Faure Gnassingbé relève ces deux défis, devrait-il conclure, on peut croire en ce moment en la sincérité de sa dernière profession de foi».

Du reste François Boko pense que seule l’unité d’actions de l’opposition et des forces alternatives peut permettre d’arracher ces deux conditions préalables à l’organisation d’un scrutin transparent.

A cet effet, il appelle la communauté internationale et en particulier la Commission européenne à exiger la mise en œuvre de ses recommandations issue de sa mission d’observation électorale afin de garantir la fiabilité du scrutin présidentiel de 2010.

Interrogé sur l’action du Premier Ministre, Me Boko a déploré que «M. Gilbert Houngbo ne mesure pas l’enjeu politique majeur des réformes institutionnelles, constitutionnelles et politiques préconisées par l’Accord politique global pour la stabilité du pays. Il est vraiment illusoire de croire que les mesurettes sociales et économiques de rafistolage suffisent à stabiliser un pays qui sort de 40 années d’une gestion chaotique dont les auteurs du pillage et de la prédation sont encore au sommet de l’Etat». Me Boko s’esclaffe: «Qu’on cesse d’amuser la galerie, Ce ne sont pas par de procédés teintés de propagande et de précampagne qu’on peut réhabiliter un système dynastique vomi par le peule togolais». 

Pour Me Boko, «il est dommage qu’une partie de l’élite togolaise serve de caution à un système d’un autre âge. Car en vérité lorsqu’on continue de célébrer le 23 septembre, le 05 janvier, le 13 janvier, le 24 janvier, le 05 février et bientôt l’anniversaire de la mort de Maman N’danida… on est entrain de faire le remake des années 67. Et l’élite togolaise qui sert de caution à ce régime doit se souvenir de ce que furent et sont devenus nos compatriotes qui se sont laissés ainsi instrumentaliser».

Enfin sur la prétendue embellie qu’il y aurait  désormais entre «le militaire rebelle et le régime», Me Boko répond qu’il n’a aucun problème personnel avec les jeunes tenants de ce régime passéiste et que ce qui compte à ses yeux est le combat pour engager et ancrer le Togo sur la voie de la démocratie. Et tant que les signes clairs et cohérents de cet engagement démocratique ne seront pas donnés par le pouvoir, Me Boko ne donnera aucune caution à un rafistolage grotesque dans lequel on joue avec le pouvoir tel un objet hérité sans ambitions politiques. Ce qui compte affirme-t-il donc «est l’instauration d’un système politique légitime et cohérent avec les aspirations profondes du peuple togolais. Tout le reste n’est qu’un combat d’arrière garde anachronique et qui ne correspond plus à l’air du temps. Quelque soit le bourrage d’esprit, l’embrigadement idéologique et l’instrumentalisation qu’on fait de leurs prétendus clivages ethniques,  les Togolais n’accepteront plus d’être floués par un clan et une dynastie qui n’ont d’autres objectifs que de monopoliser le pouvoir d’Etat à des fins personnelles. Qu’on se le tienne pour dit, pour la survie du pays et pour la réconciliation nationale, l’alternance politique est inévitable en 2010. Il faut à présent l’organiser», a terminé Me François Boko.

Innocent Sossou, Conseiller à la rédaction Etiame.com


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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