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Togo: Le clan Gnassingbé se réarme:

Débarquement d’armes de guerre au Port autonome de Lomé

12 février 2009

Alors que les populations togolaises triment, le clan Gnassingbé ne trouve mieux de s'acheter des armes de guerre pour préserver un pouvoir usurpé. Mais quoi qu'il fasse l'heure du changement a sonnéLes Togolais savent bien que depuis son accession à la souveraineté internationale, leur pays n’a jamais eu à livrer une guerre à un quelconque Etat comme c’est le cas pour d’autres pays pour lesquels, livrer bataille est devenu une pratique coutumière. Pourtant, chaque année, le recrutement dans l’armée nationale n’a jamais connu de répit. Et Dieu sait que le rythme du départ à la retraite dans l’armée n’a aucune corrélation avec celui des recrutements. D’où un effectif somme toute pléthorique pour l’armée togolaise qui comme toutes les armées du monde, est cruellement budgétivore.

Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février dernier, un navire du nom de LEOPARD consigné par une société de consignation de la place, aurait débarqué au Port autonome de Lomé et plus précisément au poste 4, des roquettes, lance-roquettes et munitions. Ce matériel de guerre et ces munitions seraient-ils destinés à l’armée nationale (FAT)? Si cette hypothèse est confirmée, il y a lieu de se poser la question de savoir pourquoi une telle commande d’armement. Car, passer pareille commande supposerait que le Togo serait en guerre et que son stock de roquettes, lance-roquettes et munitions aurait été épuisé, d’où l’urgence de le renouveler.

Le Togo n’étant pas en guerre, passer pareille commande à pareil moment de la part des hommes au pouvoir, serait synonyme de faire preuve de méchanceté, en banalisant les multiples problèmes existentialistes qui minent quotidiennement la vie de millions de Togolais, pour donner la priorité à l’achat de matériel de guerre. L’Etat n’est même pas en mesure d’assurer le déplacement d’une catégorie de ses fonctionnaires à raison de 5000 FCFA par tête et par mois, sur une longue période. Alors que le carburant est à 350 F le litre au Bénin à côté, tout ce qui a pu être accordé aux Togolais c’est de le ramener de 600 à 500 F, ce qui fait dire à beaucoup que les autorités togolaises font des affaires sur le dos de leurs compatriotes.

Dans la mesure où le Togo n’est pas en guerre, ce ne serait pas aussi sans objet, de faire le lien avec le récent redéploiement intempestif d’une impressionnante artillerie lors du 13 janvier 2009 auquel un bémol a été mis entre-temps en guise d’harmonisation avec l’esprit de réconciliation nationale tant prôné. Dans cet esprit, l’arrivée d’une telle cargaison répondrait-elle à l’idée selon laquelle, pour certains compatriotes, les autorités togolaises voudraient lancer un avertissement au nouveau pouvoir ghanéen?

On peut encore se demander si cette commande d’armes et munitions entre dans le cadre de la menace dernièrement adressée aux Togolais depuis Kara.

Il y a une autre question à se poser dans cette affaire. Seraient-ce des armes commandées par la Côte d’Ivoire et qui transiteraient par le Togo? La question n’est pas sans importance dans la mesure où, dans la même journée du jeudi 5 février 2009, tous les Togolais ont aperçu le PM ivoirien, Guillaume Soro dans leurs murs. Serait-ce une simple coïncidence ? La question reste posée.

En tout état de cause, au cas où cet achat d’armes serait fait par le pouvoir togolais pour les besoins des FAT, il y a lieu de regretter ce qui suit : Le budget togolais souffre d’un déficit à combler, les médecins togolais et le corps médical en général ont un cahier de doléances non encore satisfait entièrement par les autorités et la menace de grève n’est pas définitivement écartée. On n’oublie surtout pas les étudiants de l’ENAM qui ont rencontré leur ministre de tutelle il y a quelques jours pour des négociations et n’auraient obtenu que des promesses. Les structures sanitaires manquent toujours de moyens pour la prise en charge des malades. Les fonctionnaires togolais traînent toujours leurs problèmes irrésolus jusqu’ici malgré le dialogue social tripartite auquel le pouvoir ne semble pas donner toute l’importance qu’il mérite.

A toutes les demandes d’amélioration de leurs conditions de vie formulées par les fonctionnaires, les étudiants et autres acteurs de la vie publique nationale, la réponse toute trouvée des autorités est: «Il n’y a pas de sou». Et pourtant!

Alain SIMOUBA


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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