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Présidentielle 2010: Un scrutin des plus conflictuels en perspective:

Vers l’exclusion des candidatures de la diaspora

26 février 2009

Faure Gnassingbé, le tripatouilleur de la Constitution togolaise, celui qui usurpe le résultat des urnes, refera sans doute l'histoire en 2010 si on dispose d'une opposition aussi amorphe et bête«Le scrutin est ouvert sur convocation du corps électoral par décret pris en conseil des ministres soixante (60) jours au moins et soixante- quinze (75) jours au plus avant l’expiration du mandat du Président en exercice, stipule l’article 61 de la Constitution. A considérer la date à laquelle le dernier scrutin présidentiel a eu lieu - c’était le 14 avril 2005- les Togolais seront donc de nouveau appelés aux urnes dans exactement dans un an. Certaines indiscréditions voient même le pouvoir avancer le scrutin en février 2010. Tout compte fait, c’est le dernier virage pour cette élection à enjeu important. Mais à l’allure où vont les choses, on fonce tout droit vers une aventure électorale.

Chantier énorme, retard inquiétant
On ne le dira jamais assez, le chantier à réaliser pour l’organisation de la présidentielle de l’année prochaine est «énormissime». Le plus gros du travail concerne bien évidemment les réformes institutionnelles et constitutionnelles devant assurer la transparence du scrutin. Il faut revoir de fond en comble tous les textes électoraux. Le code électoral a besoin d’être dépoussiéré, la constitution également, pour les débarrasser des écueils discriminatoires introduits par le clan Gnassingbé lors des nombreux tripatouillages. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a besoin d’être recomposée, ainsi que les autres institutions intervenant dans le débat électoral comme la Cour constitutionnelle. La question du découpage électorale doit aussi être abordée pour lui enlever son caractère inique qui a fait l’affaire du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) en octobre 2007. Par ailleurs, le processus Vérité, Justice et Réconciliation doit être véritablement enclenché et les auteurs des violences politiques d’avril 2005 jugés, afin de décourager la récidive en 2010, quand on sait l’encre et la salive que fait couler une élection présidentielle au Togo.

Le chantier à entreprendre est donc énorme. Mais le temps qui reste est assez court quand on sait que toutes ces réformes et actions durent souvent. La tragi-comédie qui se joue actuellement au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) n’est pas pour arranger les choses.

C’est cette structure qui est habilitée par l’Accord Politique Global (APG) du 20 août 2006 pour étudier les questions d’intérêt national. Mis en place au forceps le mercredi 04 février après une levée de boucliers de l’opposition parlementaire suite au forcing perpétré par le RPT pour faire passer son projet de lois inique, aucune avancée n’est à mettre à son actif. Depuis la seconde séance, les discussions achoppent sur la question du recours ou non à la Facilitation. Après sept (07) séances au cours desquelles les protagonistes ne se sont jamais mis d’accord, une suspension des travaux a été demandée par l’Union des Forces de Changement (UFC).

On croyait que les partis allaient mettre à profit cette trêve pour arriver à un consensus. Mais elle n’aura servi à rien. Le RPT reste toujours calqué sur sa position de ne pas concéder ce recours à la Facilitation. Juste par obscurantisme. Les travaux du CPDC ont repris lundi, mais les positions n’ont guère évolué. Ce qui en rajoute à l’intrigue. Les chantiers qui attendent d’être engagés sont assez énormes, mais les protagonistes de l’institution censée plancher là-dessus ne sont pas encore arrivés à s’entendre sur le simple règlement intérieur devant régir les discussions.

Cette situation de blocage manifeste fait les affaires du RPT, qui n’est d’ailleurs pas innocent dans sa survenue. Et cela lui donne les arguments nécessaires pour mettre le moment venu, les pieds dans le plat et organiser unilatéralement les choses. Ce qui n’est pas près de créer les conditions d’un scrutin apaisé en 2010.

Exclusion des candidats de la diaspora
Des voix ne cessent de s’élever pour réclamer des candidatures d’éléments de la diaspora à ce scrutin de 2010, face au constat de l’incapacité des forces démocratiques présentes au Togo et à l’obscurantisme du pouvoir des Gnassingbé prêt à tout pour se maintenir éternellement au pouvoir.

Des candidatures se sont fait annoncer déjà. C’est le cas du patron de Sursaut-Togo, le Franco-Togolais Kofi Yamgnane. L’autre présidentiable qui se trouve dans le cas, est sans nul doute le Président national de l’UFC Gilchrist Olympio, qui a déjà déclaré sa candidature. Mais tout ce beau monde se trouve bloqué par une disposition introduite dans le code électoral, celle de l’obligation de résidence sur le territoire togolais dans les douze(12) mois précédant le scrutin, comme stipulé à l’article 168.

La plupart de ces présidentiables ont quitté leur pays pour sauver leur peau et s’il faut revenir, ils devaient y être poussés par les conditions. Mais voilà, on est à un an de ce scrutin, mais rien n’est fait pour leur créer ces conditions de retour. A supposer que les parties au sein du CPDC arrivent au forceps à décanter la situation, on serait déjà à deux pas du scrutin. Ils ne pourront donc plus honorer cet engagement de résidence et ainsi, ils seront écartés de la course pour 2010. Ce qui n’est pas pour favoriser la réconciliation nationale et l’apaisement clamés sur tous les toits.

Les mêmes causes risquent donc de produire les mêmes effets. C’est le moment où chacun doit se sentir interpellé pour apporter sa contribution et éviter le pire. L’opinion nationale et internationale doit prendre ses responsabilités. C’est encore ici que la société civile est interpellée. Elle ne doit pas seulement attendre et réclamer à cor et à cri sa part du gâteau lorsque les choses se seraient arrangées. C’est ici qu’elle doit jouer son rôle en faisant des pressions sur les protagonistes du CPDC afin qu’ils arrivent à des compromis pour sauver le Togo en 2010. Sinon à l’allure où évoluent les choses, on fonce tout droit dans le mur.

Pablo E.


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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