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Togo: Après six mois de gestion, quel bilan pour Gilbert Houngbo:

 Retraite dorée, tour du monde et investisseurs douteux

19 mars 2009

Gilbert Houngbo, un Premier ministre très calculateur qui a su assuré sa retraite en acceptant son poste sous la monarchie des GnassingbéLes six mois que s’est donnés le «technocrate» Gilbert Houngbo pour changer le vécu quotidien des Togolais s’est achevé le 16 mars dernier. Il nous souvient que le 16 septembre 2008, l’actuel Premier ministre avait présenté son programme aux députés. Il s’était alors engagé à combler les attentes des populations en 6 mois. Pour ce faire, il avait concocté une panoplie de programmes: la réfection des routes, la réhabilitation des infrastructures sanitaires, le soutien au monde scolaire...

Comme pour rentrer dans les bonnes grâces des Gnassingbé, Houngbo avait juré de changer la situation misérable des citoyens dans un délai de 180 jours ni plus ni moins. Et à chaque fois qu’il fait ses sorties médiatiques, il confirme son engagement devant le peuple qu’il prenait à témoin. A cette époque, beaucoup d’observateurs de la politique togolaise se demandaient sur quoi le PM comptait pour faire ces promesses?

Certains se sont mêmes demandés si le keynésien a eu le quitus du chef du clan avant de semer des promesses à tout vent. Aujourd’hui les 6 mois sont bouclés. Malheureusement les Togolais continuent de tirer le diable par la queue. Le paradis sur terre promis n’a accouché que d’une souris. Malgré les initiatives et les bonnes intentions du PM, tout semble reculer «faurtement» à «cent ans en arrière». On est à l’étape première des promesses. Houngbo va-t-il donner un autre délai utopique ou scientifique? Attendons de voir.

Aveu d’impuissance de Houngbo
Evidemment nos confrères de la radio mondiale RFI n’ont pas manqué de poser la question à Gilbert Houngbo. Comme on pouvait s’y attendre, le technocrate a donné une réponse métaphysique. «Ce serait irresponsable de la part d’un dirigeant, peu importe le pays, de donner l’impression qu’en six mois on pourrait bâtir Rome», a dit Gilbert Houngbo. Aveu d’impuissance! Et pourtant personne ne l’a obligé à faire le serment.

On espère qu’il était en possession de toutes ses facultés quand il s’était engagé devant Dieu et devant les hommes à reconstruire en 6 mois un pays que le clan a pris 40 ans à détruire. Si Houngbo trouve aujourd’hui que c’est une mission impossible alors qu’il s’en prenne à lui-même et tire les conséquences de son incapacité à gérer le quotidien du peuple.

Estimant qu’on ne peut pas danser et s’apprécier soi-même, le Premier ministre a laissé aux Togolais le soin d’apprécier eux-mêmes le travail fait en 180 jours, un résultat généralement décevant.

Retraite dorée, tour du monde et investisseurs douteux
Gilbert Houngbo savait pertinemment le nid de vipères dans lequel il mettait ses pieds. Notre rédaction avait eu à le souligner dès sa nomination que le fait pour ce fonctionnaire international d’accepter un poste dans un Togo géré depuis plus de 40 ans par la famille Gnassingbé qui est plus spécialiste dans les coups tordus, la politique du pire et de la toupie, est synonyme d’un calcul très partisan.

Au départ, beaucoup de diplomates, soutiens du clan Gnassingbé dont l’inénarrable Louis Michel avait demandé que Faure Gnassingbé fasse signe au patron Afrique du PNUD pour faire diversion et laisser croire que le Togo prenait une nouvelle tournure par la nomination d’un cadre compétent à la tête du gouvernement. Houngbo qui avait pris langue avec de nombreux amis qui lui auraient déconseillé d’accepter cette offre, aurait finalement été pris par l’appât d’une mirobolante somme d’argent qui lui avait été promis par l’usurpateur Faure Gnassingbé. Pour lui, point n’est besoin de se demander si réellement il pouvait en toute indépendance gérer un gouvernement sous la monarchie, mais de savoir si sa retraite sera assurée. Ainsi, d’après des sources bien informées, 1 million de dollars aurait été déposé sur son compte personnel par celui qu’on sait. Une fois cette transaction effectuée, Houngbo était descendu à Lomé pour accepter la gestion du gouvernement et promettre par le même coup, convaincre les bailleurs de fonds et des investisseurs étrangers qui seraient ses connaissances à investir au Togo.

Sitôt sa prise de fonction, il va donc commencer un tour des capitales occidentales surtout pour organiser sa trouvaille des «journées économiques» sur le Togo afin de promouvoir et faire connaître les atouts de notre pays dans les pays occidentaux. Or on s’est rendu compte que ces tours des pays européens ont été plus dispendieux et qu’en réalité, le gouvernement dépensait plus qu’il ne recevait de promesse des investisseurs à se ruer sur notre pays. Que ce soit à Bruxelles ou à Paris, Gilbert Houngbo a bien appris et compris les habitudes de la maison. Investisseurs douteux (généralement ses connaissances) qu’il recevait en audience et que la caisse de résonance du pouvoir, la télévision nationale se donnait le plaisir de couvrir, discours laudateurs sur le changement de cap du Togo vers la démocratie et la bonne gouvernance (alors que la corruption, le clientélisme et l’unilatéralisme) sont institutionnalisés, suites et chambres luxueux réservés au Premier ministre et à sa suite dans les grands palaces qui accueillent les présidents des grandes puissances du monde (ce qui fait le plaisir des ambassadeurs qui profitent pour s’en mettre plein les poches)…  

Le problème du Togo est que tous ses fils qui dans les milieux occidentaux, sont pris pour de fonctionnaires modèles, sont vite attirés par le gain facile et les promesses mirobolantes que promettent le clan Gnassingbé et son chef Faure. Or il n’est plus à démontrer que les enfants de feu le dictateur Eyadèma Gnassingbé sont de grands voyous dont les dossiers scandaleux sont connus des services étrangers. Il va sans dire qu’aucun togolais fut-il aussi honnête, ne peut sans un rapport de force, tenir tête aux prédateurs de l’économie togolaise. Un adage bien connu de chez nous dit en substance qu’on «ne partage pas avec sa langue un morceau de viande tabou». Soit on milite pour la démocratie et le changement véritable et on se retrouve dans l’opposition au pouvoir tout en se donnant les moyens d’arriver à ses fins, soit on collabore avec le régime RPT et on le fait savoir sans d’autres contorsions intellectuelles. Dangereux sont ceux qui croient faire le centre dans un pays comme le Togo ou les Gnassingbé et acolytes broient tout sur leur passage. Il est utopique de faire croire qu’on pourrait changer ce régime de l’intérieur. Ceux qui l’ont essayé se sont broyé les doigts.

Houngbo, devant le constat d’échec de ses six mois de gestion, s’il a encore un peu de dignité et d’estime de soi, doit jeter l’éponge pour ainsi faire comprendre au peuple qu’il doit prendre son destin en main et trouver d’autres moyens pour chasser cette pourriture qui le régente. Le contraire signifierait qu’il est complice des souffrances des togolais et sera tôt ou tard traité comme tout collaborateur du clan.

Anani Djidégbé, Etiame.com

 


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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