Le Togo se penche sur son passé pour
mieux préparer l’avenir:
La FIDH demande l'accélération
du processus vérité, justice et réconciliation
28 mars 2009
La FIDH et son organisation membre la LTDH se félicitent
de la création par décret signé par le président
togolais Monsieur Faure Essozimna Gnassingbe le 25 février
2009 de la Commission vérité, justice et réconciliation
(Commission), chargée de faire la lumière sur les
violences et les violations des droits de l’Homme perpétrées
entre 1958 et 2005.
Nos organisations appellent à la mise en place rapide
de cette commission avec toutes les garanties de son indépendance
et de son efficacité et l’adoption d’un règlement
intérieur et mode de fonctionnement donnant une place
importante aux victimes et témoins.
Le décret précise que cette Commission «indépendante» sera
chargée d’établir un «rapport circonstancié sur
la nature, l’étendue et les causes des actes de
violence à caractère politique commis par le passé au
Togo et reconstituer le contexte dans lequel ces violences se
sont produites». Par ailleurs, elle derva «identifier à la
suite d’enquête et d’investigations, les auteurs,
les institutions, les organisations et autres responsables de
ces violences et violations des droits de l’Homme» ; «faire
des recommandations au gouvernement quant au sort à réserver à ces
auteurs» ; «proposer au gouvernement des
mesures à prendre pour les réparations des préjudices
subis par les victimes».
«Par cette décision, le Togo affirme que la
réconciliation nationale et la volonté d’inscrire
le pays dans le respect des droits de l’Homme passent
par la lutte contre l’impunité des crimes du passé et
la prise en compte des victimes.» a déclaré Souhayr
Belhassen, présidente de la FIDH.
Pour que cette Commission réponde effectivement à ses
objectifs, nos organisations insistent sur le fait qu’elle
devra être composée de personnalités compétentes
et indépendantes faisant consensus ; disposer d’important
moyens d’enquête ; disposer de ressources financières
et humaines suffisantes pour mener à bien son mandat ;
avoir des locaux dans différentes régions du pays
; faire un travail important de sensibilisation et d’information
sur son mandat, afin aussi de faciliter son accès par
les victimes ; laisser une large place à la participation
des victimes et des témoins ; assurer leur protection
et soutien psychologique ; permettre le témoignage d’auteurs
des violences et de violations des droits de l’Homme ;
proposer des modes différents de réparation ; faire
des propositions relatives à la prévention de nouvelles
violences, y compris via des réformes institutionnelles
et législatives, pour ancrer le pays dans le respect des
droits de l’Homme.
Source FIDH
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