Togo: Tentative d’atteinte à la
sûreté de l’Etat, selon Lomé:
Coup de bluff ou véritable
guéguerre entre frères?
13 avril 2009
Kpatcha Gnassingbé, le frère du président
togolais Faure Gnassingbé, a échappé à une
attaque chez lui la nuit de dimanche à lundi. Selon les
témoins, des hommes lourdement armés ont fait irruption
chez lui et ont tiré sur sa maison. Kpatcha Gnassingbé,
ancien ministre de la Défense de 2005 à 2007,
accuse le colonel Félix Katanga, commandant des Forces
d'intervention rapides (FIR), son propre beau-frère, d'être à l'origine
de cette attaque. Dans l’après-midi de lundi, le
procureur de la République a parlé d'une «atteinte à la
sécurité de l'Etat».
Selon le communiqué du procureur de la République
Robert Bakaï, «des échanges de coups de
feu ont eu lieu entre les services de sécurité et
la garde de l’honorable député Kpatcha Gnassingbé», à l’occasion
d’investigations liées à une «tentative
d’atteinte contre la sureté de l’Etat».
Le procureur affirme également que des actions étaient «en
préparation», à quelques heures du
départ du président de la République,
Faure Gnassingbé, à l’étranger et
que des «présumés comploteurs» devaient être
interpellés. Dans ce cadre, toujours selon le procureur, «certains
militaires de même que des civils de l’entourage
de l’honorable député Kpatcha Gnassingbé» devaient être
entendus. C’est ainsi que les gendarmes chargés
de cette interpellation «ont essuyé des tirs
nourris» provenant de la résidence du député.
Le communiqué affirme que «cette situation
inattendue a donné lieu à un échange de
tirs entre les éléments de la garde du député et
un groupe des forces de défense appelé en appui». Plusieurs
personnes, dont cinq officiers, ont déjà été interpellées
dans le cadre de cette enquête.
Kpatcha Gnassingbé raconte l'attaque
Kpatcha Gnassingbé a reçu lundi matin des journalistes
et il a raconté, le visage fatigué, l’attaque
qui s’est déroulée dans sa résidence.
Il a ainsi accusé son beau-frère, le colonel Félix
Katanga, commandant des FIR de commander les assaillants.
Après des tirs nourris sur le salon, la chambre des enfants
et la chambre à coucher de Kpatcha Gnassingbé,
le colonel rentre dans la maison. Kpatcha Gnassingbé l’entend
dire: «Excellence !vous vous rendez ou je vous tue,
en tout cas aujourd’hui c’est la mort».
Il a fallu l’arrivée du colonel Roc Gnassingbé,
un autre demi-frère, commandant du sous-groupement blindé,
pour que le colonel Félix Katanga accepte de se retirer.
Dans leur repli, les assaillants ont emmené quatre gardes,
une domestique et un cuisinier, dont on ignore le sort. Dans
la maison, il n’y a eu ni morts ni blessés, mais
les dégâts sont importants. Le président
Faure Gnassingbé qui était attendu en Chine ce
lundi à dû surseoir son départ.
Source:
rfi.fr
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