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Togo: Arrestation de Kpatcha Gnassingbé:
C’est qui le monarque?
Eh ben! C’est
moi, Faure Gnassingbé
15 avril 2009
Le frère du président togolais a finalement été interpellé,
ce mercredi matin, devant l'ambassade américaine à Lomé,
où il avait tenté de se réfugier, après être
parvenu à échapper à une tentative d'arrestation à son
domicile. Il est désormais clairement accusé d'être
l'instigateur d'une tentative de coup d'Etat contre le chef de
l'Etat, Faure Gnassingbé.
Les officiers, interpellés dimanche soir chez Kpatcha
Gnassingbé, auraient finalement parlé et avoué aux
gendarmes qu’il y avait bien un coup d’Etat en préparation
au Togo. Les conjurés devaient profiter du voyage du président
Faure Gnassingbé en Chine pour prendre le pouvoir.
Et de sources proches de la gendarmerie, parmi les initiateurs,
Kpatcha Gnassingbé figurerait au premier plan. La gendarmerie
a donc tenté à nouveau de l’arrêter
dans la nuit à son domicile, mais il a réussi à s’enfuir.
Il a d’abord cherché à se réfugier à l’ambassade
des Etats-Unis, avant d'être interpellé devant le
bâtiment, autour duquel s'étaient positionné des
militaires et des gendarmes.
Questions autour d'une interpellation
À Lomé plusieurs versions circulent au sujet de cette recherche
d’asile du frère du chef de l'Etat. On ne sait pas s’il
a réussi à s’introduire ou non dans les locaux de l'ambassade
avant d’être remis à la gendarmerie, ni s’il a été pris à l’entrée
de cette représentation diplomatique. De même, on ne sait pas
s’il dispose ou non d’un avocat. C’est le procureur de la
République qui doit le dire. Dans la capitale togolaise, on parle également
d’une réunion de la famille Gnassingbé qui doit se tenir à Lomé-2,
un quartier de la ville.
La classe politique togolaise n’avait pas encore réagi,
en fin de journée, ce mercredi, à l’arrestation
de Kpatcha Gnassingbé. Les réactions concernent
jusqu'ici seulement l’intervention des militaires dans
la résidence du député, dans la nuit de
dimanche à lundi. L’opposition considère
que ce n’est pas aux gendarmes d’intervenir dans
ce type d’opération. Selon Patrick Lawson, vice-président
de l'Union des forces de changement (UFC), «l’interpellation
de citoyens, pour quelque motif que ce soit, est une opération
de police judiciaire qui ne relève nullement de la compétence
des Forces armées togolaises (FAC) et encore moins de
la Force d’intervention rapide (FIR)», une unité d’élite
commandée par le colonel Félix Katanga, beau-frère
du député. Ce parti d’opposition a l’intention
de saisir la présidence de l’Assemblée nationale
en vue d’un débat dans lequel doit être notamment
discutée la question de l’immunité parlementaire.*
«Divergences dictées par des ambitions»
Du côté du parti au pouvoir, le Rassemblement du
peuple togolais (RPT), on reconnait l’existence de «certaines
divergences qui peuvent être dictées par des ambitions» qui
seraient donc à l’origine de ces événements.
Selon Solitoki Esso, secrétaire général
du RPT, «ces ambitions deviennent dangereuses, lorsqu’elles
vont à l’encontre de la communauté, de la
société». Pour ce responsable, il faut «aller
vers l’apaisement et inviter les uns et les autres à cela».
Elu en octobre 2007 député de la circonscription
de Kara (environ 420 km au nord de Lomé), principal fief
du parti au pouvoir et surtout de la famille Eyadema, Kpatcha
Gnassingbé était, jusque-là, considéré comme
un «poids lourd» du RPT. Après avoir
dirigé la zone franche du port de Lomé, il a été ministre
de la Défense de 2005 à 2007, un poste sensible
dans un pays où l'armée a un rôle important
et dont il a été écarté.
Faure Gnassingbé a succédé à son
père Eyadema en 2005 à la suite de violences et
d'élections contestées. Eyadema régnait
sur le pays d'une main de fer depuis 1967. La prochaine élection
présidentielle doit se tenir en 2010.
Source: Rfi
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