Togo: Le clan Gnassingbé rattrapé par
les faits:
Les armes présentées à la
presse étaient celles qui avaient servi au massacre
d’avril 2005 dans le pays
17 avril 2009
Robert Bakaï a convié la presse togolaise et internationale
pour une conférence de presse au cours de laquelle il
a présenté de supposées armes saisies aux
domiciles de Kpatcha Gnassingbé à Lomé et à Kara.
Selon les enquêteurs de la gendarmerie, l’arsenal
trouvé aux lieux cités allaient servir à renverser
le régime de Faure Gnassingbé.
Mais des confidences viennent d’affirmer à notre
rédaction que les armes présentées à la
presse le 16 avril 2009 étaient en réalité celles
qui avaient servi à la boucherie électorale d’avril
2005 sur lesquelles des enquêtes avaient été menées
par les institutions internationales des droits humains. Et ces
enquêtes avaient conduit dans la famille Gnassingbé principalement
chez Kpatcha et son frère jumeau Toyi Gnassingbé.
Evidemment Félix Abalo Kadanga commandant de la FIR (Force
d’intervention rapide) et son adjoint Bagoubadji Gnassingbé,
de même que Essolizam Gnassingbé sont aussi sur
la liste de ceux qui doivent être inculpés pour
assassinat et meurtre sur des togolais pour ces événements
de 2005. Mais des questions restent posées quant à la
finalité de cette présentation d’armes à la
presse.
Où Kpatcha Gnassingbé qui n’est pas un militaire
a-t-il pu se procurer toutes ces armes retrouvées à son
domicile? Comment a-t-il pu avoir toutes ces armes sans que les
services de renseignement togolais très efficaces pour
protéger le régime, n’aient pu les intercepter à temps?
Pourquoi c’est seulement maintenant que le clan Gnassingbé présente-t-il
ces armes à la presse alors que depuis plus de trois ans,
des rumeurs avaient couru sur l’imminence d’un coup
d’Etat de Kpatcha contre son demi-frère Faure Gnassingbé?
Ces armes avaient-elles déjà servi? Contre qui
et en quelles circonstances? Les armes «saisies» pourraient-elles
renverser ce régime de Faure Gnassingbé si puissamment
armé et militarisé?
En réalité, les armes et le matériel présentés à la
presse étaient les mêmes qui avaient été utilisés
contre les pacifiques populations togolaises en 2005 et dont
Kpatcha et son frère jumeau Toyi étaient les chefs
d’orchestre. Lors de ces douloureux événements,
Toyi et Kpatcha avaient été vu à plusieurs
reprises en tenues de guerre (les treillis présentés à la
presse) distribuant des armes à des voyous de la JRPT
en leurs domiciles et au siège du RPT transformé pour
l’occasion en quartier général.
Faure Gnassingbé était parfaitement au courant
des faits et gestes de ses frères et les cautionnait,
l’essentiel étant de conserver le pouvoir à n’importe
quel prix. Le monarque est donc comptable de la boucherie d’avril
2005 et les armes présentées à la presse étaient
les tiennes. C’est simple aujourd’hui de vouloir
court-circuiter son demi-frère du moment que la perspective
de la présidentielle de 2010 pourrait être la fin
du règne des Gnassingbé. Le flou kafkaïen
qui entoure les événements de ces derniers jours à Lomé en
est la preuve que le clan Gnassingbé est une pourriture
et une gangrène qui ronge le Togo.
L’opposition très amorphe pourrait tirer profit
de ce désastre pour reprendre véritablement la
lutte pour la victoire finale, celle de la démocratie.
Mais mis à part un communiqué laconique de l’UFC
et de kofi Yamgnane aucune initiative sérieuse n’est
envisagée pour faire pression et pousser à bout
ce clan gangstérique. Or la preuve est faite au niveau
de la communauté internationale que le Togo ne saurait
continuer à suivre cette voie obscure dans laquelle le
conduit la famille Gnassingbé depuis plus de 45 ans déjà et
qu’il faudrait se réveiller pour faire quelque chose.
Mais où sont-ils nos opposants pour saisir cette belle
occasion qu’offre le duel entre les deux frères?
Nulle part.
Au Madagascar, il a fallu moins que cela pour mettre un terme
aux dérives autoritaires et affairistes de Ravalomanana.
Bizarrement d’autres enfants Gnassingbé ne sont
pas pour l’instant inquiétés dans ce qui
se trame dans notre pays et on se demande bien pourquoi Esso-Houna,
Lala et Toyi Gnassingbé toujours en complicité avec
Kpatcha ne sont pas mis aux arrêts. Nous poursuivons nos
enquêtes pour en savoir un peu plus sur la manigance de
Faure Gnassingbé et de ses mici dominici.
Jules Symféïtchéou,
Etiame.com
La liste des matériels de guerre saisis aux
domicile de Kpatcha Gnassingbé:
1- Loupes de commandement munies du système
de transmission
2- 2 jeeps Land Cruiser
3- 2 fusils
4- 5 armes et des fusils mitrailleurs chinois
5- Des AK 47 avec leurs munitions et
chargeurs
6- 14 HK MP5-3 avec leurs accessoires
7- Une mallette de fusils et 2 PA, 2
fusils de fabrication israélienne et 2 PA
8- Des silencieuses
9- Deux pistolets, et 8 PA et des revolvers
10- 6 armes de chasses
11- 4 carabines silencieuses de gardes- chasses
12- 3 fusils de chasse de calibre 12
13- Une caisse de grenade lacrymogène
14- Des paires de jumelles
15- 15 postes émetteurs et récepteurs
avec leurs accessoires
16- 4 ordinateurs portables et imprimante portable
17- Des portables satellites
18- Une centaine de cellulaires et des kits
Moov et Togocel
19- Lot de gilet pareballes
20- Des plaques minéralogiques étrangères
21- Des cordelettes
22- Des postes chargeurs
23- Des bottes de combat
24- Des tee-shirts, casquettes, complets de
treillis et des lots des tissus de treillis
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