Quatre ans après Eyadèma, les
Togolais observent ce qu’il aura semé:
Le Togo continue d’être la
risée du monde entier
24 avril 2009
Dans aucun pays en d’Afrique, sauf dans les monarchies
traditionnelles connues, la succession ne se passe de père
en fils. Au Togo, la constitution avait tout prévu cependant.
Le Togo, réputé dans l’inauguration des événements
malheureux qui prêchent contre la bienséance et
le bon sens, on se souvient des contorsions juridico-politiques
pour l’accession au pouvoir de Faure Gnassingbé et
qui constituaient un coup d’Etat constitutionnel.
Fambaré Natchaba fut empêché de rentrer
au Togo pour assurer légalement la vacance du pouvoir.
Harcelé de partout, Faure se défendait de finir
le mandat de son père qui venait de décéder
le 5 février 2005, après avoir brûlé à peine
deux ans d’un nouveau mandat usurpé de 5 ans. Le
Togo n’est la propriété de personne pour être
dirigé de père en fils contre la volonté du
peuple, il faut le dire net.
Lors de la commémoration en février 2008 du troisième
anniversaire de la disparition du Gal Gnassingbé Eyadèma,
il avait été impossible au clan d’avoir
accès au caveau familial, l’animosité entre
les enfants d’Eyadèma, notamment Kpatcha et Faure
dont chacun a ses sympathisants dans la fratrie, battait son
plein. La clé du caveau fut alors portée disparue
par une manœuvre de sabotage au sein de la propre progéniture
d’Eyadèma. L’événement avait
fait beaucoup de bruits et avait été une grande
honte pour les Gnassingbé.
Nous n’avions pas manqué à l’époque,
dans un article paru le 3 mars 2008, de parler «du
bel héritage laissé par l’inégalable
père de la nation». En fait de honte pour la
famille, c’en était vraiment une ; et au-delà,
c’était une véritable honte nationale dont
le feuilleton se poursuit encore aujourd’hui en 2009. Nul
ne saurait prétendre être dans le secret des dieux,
pour dire avec force convictions que les Togolais et le monde
vivent l’épisode final.
Les habitants du quartier Kégué avaient été secoués
dans leur repos du week-end pascal dans la nuit du dimanche 12
au lundi 13 avril par des crépitements d’armes de
guerre. Le lendemain, on apprendra qu’une escouade de gendarmes
appuyés plus tard par des éléments de la
FIR (Force d’Intervention rapide) était descendus
au domicile de l’ancien Ministre de la défense et
des anciens combattants, député du RPT pour son
interpellation.
La raison : il serait soupçonné de préparer
un coup d’Etat contre son demi-frère Faure Gnassingbé.
Que ce soit un coup monté pour le mettre hors d’état
de nuire, comme le prétendent certains Togolais, ou que
ce soit vrai qu’il se préparait réellement à attenter à la
sûreté de l’Etat, cela nous préoccupe
peu ici.
Notre préoccupation première se situe ailleurs,
notamment ramener les gens vers la source ou l’auteur principal
du drame qui se joue actuellement dans le pays. Nous avons nommé le
père de ces deux enfants : le Gal Gnassingbé Eyadèma.
Si la succession avait été faite normalement en
2005, tout le monde conviendra avec nous, que nous n’assisterions
pas aujourd’hui à ces ridicules querelles de personne
et révélations à la face du monde et qui
ne font que ternir davantage l’image du Togo. Il n’est
un secret pour personne que le choix de Faure pour gérer
le pays après le père, avait été planifié depuis
longtemps du vivant d’Eyadèma. C’est ce qui
avait justifié entre autres, le passage de Faure à l’Assemblée
nationale pour son initiation et sa préparation.
Celui qui a confisqué le pouvoir d’Etat pendant
38 ans et pris soin de le léguer par personnes interposées
(l’Armée) à sa descendance, est le seul et
principal responsable de la situation actuelle que vit le pays.
Cela, nous osons l’appeler un crime tout autant que le
crime dont Faure accuse certains dans son discours.
Ce qui se passe depuis quatre ans au Togo et qui vient de connaître
un terrible rebondissement, doit interpeller tous ces chefs d’Etat
peu soucieux de l’avenir de leurs pays et de leur peuple
et qui cherchent à transmettre le pouvoir d’Etat à leurs
propres enfants contre tout bon sens, mus par l’unique
souci de confiscation.
Nous pensons à Wade du Sénégal, Bongo du
Gabon, Biya du Cameroun, etc. Pendant toute la semaine écoulée,
les médias internationaux (radio comme presse écrite)
par des bulletins d’informations ou débats, ont
consacré suffisamment de temps à l’actualité brûlante
du Togo et chacun y était allé de ses révélations,
commentaires et analyses aussi humoristiques que railleurs. Nous
avons trouvé cela déshonorant pour le régime
togolais et le pays tout entier.
Encore faudrait-il que ce souci de transmission de pouvoir de
manière illégal et anticonstitutionnel ou par toutes
sortes de fraudes, apporte du mieux dans la vie de la nation.
Loin de là. L’exemple que donne jusqu’ici
Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat
togolais est assez parlant et c’est à juste titre
que l’Editorialiste Jean Baptiste-Placca s’insurge
en ces termes: «Non, on se battait pour le pouvoir
au sein d’une famille qui règne sur le destin des
Togolais depuis plus de 42 ans. En général, ceux
qui sont capables de tant de violences pour le pouvoir ont un
projet pour leur peuple. Mais au regard de l’état
désastreux dans lequel se trouve le Togo, on se demande
quelles peuvent bien être les ambitions de la famille Gnassingbé pour
ce peuple. Le père, le Gal Eyadèma régna
pendant 38 ans, Faure, un de ses nombreux fils, s’est emparé du
pouvoir à sa mort. Et maintenant c’est Kpatcha,
un autre de ses enfants qui est accusé de vouloir renverser
son frère».
Alain SIMOUBA
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