Togo: Présumée tentative
de coup d’Etat:
Kpatcha Gnassingbé cherche à rencontrer
Faure en tête-à-tête
12 mai 2009
Depuis la nuit du 12 au 13 avril dernier, le microcosme togolais
est marqué par une affaire de «tentative d’atteinte à la
sûreté de l’Etat». Il y a aujourd’hui
des faits nouveaux dans cette affaire qui est au centre de toutes
les conversations.
De sources concordantes, le principal accusé Kpatcha
Gnassingbé chercherait à rencontrer en tête-à-tête
son frère, le chef de l’Etat. Mais ce dernier qui
n’aurait pas totalement fermé toutes les portes
de discussion, aurait donné son accord à condition
que d’autres témoins assistent à l’entrevue.
Ce qui ne serait pas du goût du présumé cerveau.
Et c’est sur ce point qu’achoppent pour l’heure
les choses.
En outre dans un communiqué publié le 30 avril
dernier, le Procureur de la République a indiqué que «10
cils ont été déférés, inculpés
et mis sous mandat de dépôt. En revanche, 18 militaires
dont 5 officiers, 10 sous-officiers et 3 hommes de rang ainsi
qu’un officier adjoint de police sont sous sanction disciplinaire
de leur corps respectif avant leur remise aux autorités
judiciaires». «Que ce soit au niveau des
civils comme des militaires, des aveux circonstanciés
ont été faits par les principaux inculpés.
Les discours qui devaient être prononcés après
le renversement des institutions de la République ont été saisis
et mis sous scellés», poursuit le communiqué.
De source judiciaire, on indique que «cette sortie
du Procureur n’est pas gratuite» et que les
personnes inculpées seraient passées aux aveux. «La
plupart des gens arrêtés ont reconnu qu’il
y avait un projet de déstabilisation du régime
en cours d’exécution», ajoute notre
source.
Selon les informations en notre possession, l’ancien ministre
de la Défense et des anciens Combattants aurait avoué les
faits qui lui sont reprochés. Confronté aux révélations
des autres personnes interpellées, Kpatcha serait passé aux
aveux en mettant en avant les mêmes griefs qu’ils
portent contre son frère, à savoir: le fait qu’il
communique peu et celui d’avoir privilégié ses
amis au détriment de la famille. Ce qui reste à confirmer
par sa déposition. «Il y a une manipulation
des faits dans l’entourage de Faure. Cette information
est à prendre avec des pincettes», observe
un proche de Kpatcha.
La même source rapporte que les autorités togolaises
n’entendent pas régler cette affaire dans le cadre
familial. «La justice est en marche dans cette affaire.
La logique est d’aller jusqu’au bout pour que les
Togolais sachent qu’il n’y a aucun montage dans cette
affaire. Le procès va commencer d’ici à la
fin de l’année», ajoute-t-elle.
Aussi la version de la clé USB est-elle confirmée
par plusieurs sources proches du dossier. «Ce disque
amovible contiendrait le plan d’attaque détaillé ainsi
que d’autres informations ayant trait au putsch en préparation.
Cette affaire est sérieuse. On ne peut pas l’inventer
pour atteindre un quelconque dessein. Ceux qui doutaient avant
et qui ont ensuite suivi les faits ont commencé par se
raviser», affirme l’une de ses sources.
«Il y a une part de vérité dans ce qui
s’est passé. Mais le problème, c’est
que les autorités togolaises se sont mal prises»,
fait remarquer un diplomate qui a requis l’anonymat.
Affaire à suivre.
R Kédjagni.
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