Interview:
Jean-Pierre Fabre «Dans
les prochains jours, il y aura un vaste mouvement...»
15 mai 2009
Depuis
quelques semaines, le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
(CPDC) censé discuter des questions d’intérêt
national se trouve bloqué. A quoi cela est dû et
quelle est la réaction de l’opposition face à cette
situation? Ce sont là des questions que nos confrères
de Radio Nostalgie ont posées à Jean-Pierre Fabre,
Secrétaire Général de l’UFC.
Pourquoi remarque-t-on le statu quo au CPDC?
Le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) est
convoqué par le représentant du chef de l’Etat,
le ministre Pascal Bodjona. Il y a longtemps qu’il ne
l’a plus fait. La dernière réunion du CPDC
a eu lieu le lundi 30 mars et depuis, on n’a plus assisté à aucune
réunion du CPDC.
Est-ce que ce n’est pas parce qu’il y a
eu des points de désaccord?
Pas du tout! Si vous voulez dire que le RPT se trouve coincé au
CPDC entre l’UFC et le CAR et souhaiterait reporter la
discussion ailleurs ou que le RPT ne pense plus tirer profit
de l’existence du CPDC et veut faire en sorte que le CPDC
ne fonctionne plus, je serais d’accord avec vous. Le constat
est là: le CPDC ne fonctionne pas. Le RPT a cherché à contourner
le cadre de dialogue.
Vous l’avez dit, le ministre Bodjona ne
convoque plus les réunions et l’opposition aussi
contemple...
L’opposition ne contemple pas, elle s’organise.
Nous ne sommes pas engagés dans cette lutte-là pour
entendre dire que nous sommes toujours à la remorque du
RPT ou du gouvernement, oubliant que ceux-ci opèrent par
coup de force. Ils n’ont rien de mieux que ça.
J’entends souvent dire qu’ils ont des laboratoires
qui réfléchissent sur les choses. Tout ça
c’est faux. On se comporte en masochiste. On se fait peur,
on se fait mal, on glorifie le RPT et on dénigre l’opposition.
Que les choses soient placées dans leur contexte. Le
RPT opère par coup de force. Nous avons les moyens de
leur résister. C’est feu Agbobli qui disait que
le RPT est la façade civile de l’armée.
Donc, il faut analyser les choses telles qu’elles sont.
Si on n’arrive pas à des choses importantes, on
ne peut pas vous le faire savoir. Dire que nous restons les bras
croisés à encaisser un autre coup du RPT, c’est
méconnaître le niveau de notre détermination
et de notre engagement politique.
Cela veut dire que vous êtes déterminés
pour 2010?
Nous sommes plus que déterminés pour 2010. C’est
ceux qui ont peur qui disent qu’il faut opposer la force
armée au RPT. J’estime que la révolution
populaire est invincible. Le mouvement populaire est un raz-de-marée
qui peut emporter tout sur son passage. On n’a pas besoin
d’armée pour ça. Les Togolais savent que
leur salut se trouve dans la prise en main de leur destin.
Vous parlez de soulèvement populaire, mais est-ce
que vous ne voyez pas cette population désabusée
pour les mouvements de rue?
Pas du tout! Quand on parle de soulèvement, cela n’a
rien à voir avec la violence. Il s’agit de dire
non au système RPT. Il y a beaucoup de moyens pacifiques
pour s’opposer à un système totalitaire.
Nous sommes aussi bien en contact avec les partis politiques
qui sont réellement de l’opposition et les organisations
de la société civile. Vous verrez, dans les prochains
jours, il y aura un vaste mouvement. Ce n’est pas parce
qu’on ne voit rien qu’on doit conclure que rien ne
se passe.
Voulez-vous dire qu’il y a certaines formations politiques
qui ne sont pas réellement de l’opposition?
On ne
peut pas être de l’opposition et en même temps être
au pouvoir.
A quels partis faites-vous allusion?
Je ne fais allusion à personne, parce que j’ai besoin
de tout le monde. Nous avons besoin d’une opposition unie
pour nous opposer au régime en place, parce que ce qui
se passe est très grave et je n’encouragerai pas
la division de l’opposition.
Vous voyez comment le RPT vient de régler par la force
la question de sa désunion? Nous, nous avons besoin de
nous unir pour affronter très sérieusement le RPT.
Source: Radio Nostalgie
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