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Togo: Enquête:
Révélations sur l'affaire
Kpatcha Gnassingbé
25 mai 2009
Selon des sources internes à l’enquête que
mène, depuis le 15 avril, le procureur Robert Bekaï,
Kpatcha, le demi-frère du président Faure Gnassingbé,
détenu à la prison civile de Lomé et interrogé au
camp de la gendarmerie pour tentative de coup d’État,
aurait reconnu être le propriétaire de la clé informatique
USB saisie à son domicile et contenant une quinzaine de
documents compromettants, aussitôt mis sous scellés
par la justice.
Parmi ces pièces, dont J.A. s’est procuré copie,
figurent notamment un plan de contrôle militaire de la
capitale et une proclamation de prise du pouvoir par les forces
armées. Cette dernière fustige «le désordre» et «la
gabegie» qui, selon les présumés putschistes,
régneraient sur un pays «sans autorité visible»,
devenu «une grande plaque tournante de la drogue».
Profitant d’un voyage du chef de l’État en
Chine, les mutins projetaient de mettre en place un «comité national
de rectification et de réconciliation» dont
la présidence aurait été confiée
au commandant Abi Atti, 46 ans, ancien patron des forces spéciales
de la gendarmerie (la Fosep). Le CNRR s’engageait à organiser
rapidement des élections « crédibles et
transparentes » auxquelles Kpatcha Gnassingbé, selon
d’autres documents, avait l’intention d’être
candidat. Entre-temps, ce dernier devait réoccuper son
poste de ministre de la Défense, dont il avait été écarté en
décembre 2007.
Parmi les fichiers figurant sur la clé USB se trouve
d’ailleurs un projet de communiqué qui lui est attribué,
dans lequel Kpatcha apporte son soutien à un coup d’État
qu’il vient, dit-il, de « suivre avec une grande
surprise mais avec beaucoup d’attention », avant
de demander « à tous et à chacun d’éviter
la chasse aux sorcières et les règlements de comptes ».
Si l’on en croit un procès-verbal récapitulatif
d’interrogatoires de la gendarmerie en date du 5 mai, dont
J.A. a également obtenu copie, l’agent de liaison
entre Kpatcha et les militaires n’était autre qu’Essolizam
Gnassingbé, 30 ans, patron d’une société de
communication et demi-frère, lui aussi, du président.
Toujours selon ce PV, les aveux d’Essolizam auraient entraîné ceux
d’Atti, puis de Kpatcha. Une trentaine de militaires et
de civils ont été arrêtés dans le
cadre de ce complot présumé.
Selon une source proche du chef de l’État, ce sont
les services de renseignements de l’ambassade américaine à Lomé – auxquels
Kpatcha aurait imprudemment confié son projet et auprès
desquels il a ensuite tenté en vain de trouver refuge – qui,
après avoir fait mine de l’encourager, ont prévenu
Faure Gnassingbé de l’imminence du putsch «fratricide».
Dans sa déposition aux gendarmes chargés de l’enquête,
le commandant Atti aurait été explicite à ce
sujet: «Le ministre Kpatcha m’a dit qu’il
a reçu l’ambassadeur des États-Unis chez
lui et qu’il est soutenu par les Américains. Il
m’a dit qu’il leur a soumis une liste des officiers
pouvant assurer la transition et que j’ai été préféré par
ces derniers, parce que je ne suis pas entaché du problème
de trafic de drogue ou de violation des droits de l’homme.»
Source: JA
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