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Fraternité ou Haine:

Cordiale Familiale

27 mai 2009

Le mot fraternité est riche de sens. Puisse cette libre tribre d'un compatriote nous servirFraternité:
C’est un mot important. Il nous touche, par définition, de près, puisque à part nos parents qu’y a-t-il de plus proche de nous qu’un frère ou une sœur? C’est donc un mot très chargé affectivement, ce qui rend son approche subtile voire difficile, plein de subjectivité. Il est en outre utilisé en politique. Il fait partie de la devise de la République Française. 3 mots qui doivent résumer à eux seuls tous les corpus législatifs et réglementaires du fonctionnement d’un état moderne. Il est 3eme et bon dernier, derrière Liberté  et égalité. Ce ci renforce son importance, et brouille un peu plus l’analyse ! Ce mot, fraternité,  vous fait passer de la relation intime entre celui ou celle qui vous a vu grandir à l’un des trois mots censés résumer  la République. Il y a de quoi être troublé et pris de vertige quand on cherche à réfléchir sur un tel mot!

Dans son acception familiale et biologique, la fraternité est un état, je suis le frère ou la sœur de… Dans la fratrie, la fraternité n’est pas une conception philosophique mais un état de fait biologique. De cet état la société suggère un certain nombre d’a priori comportementaux, des actes, des postures… Je suis censé être généreux, éprouver de la compassion, être tolérant, avoir de l’amour la liste est loin d’être exhaustive... Cet état de fraternité, biologique, induit-il des comportements «moraux» ou sont-ils «moraux» parce que biologiques?

Par ailleurs tout le monde sait que les choses ne sont pas toujours aussi idylliques.  Du célèbre «famille je vous hais», au meurtre de Caïn par Abel on a pu constater que les haines les plus féroces, sont à l’encontre de ceux qui nous sont les plus proches.

Selon la légende Joseph a été vendu par ses frères, par jalousie, par amour d’ABRAHAM à Joseph.

Romulus et Rémus; deux frères jumeaux, l’un tuera l’autre par ambition politique et croyance sacrificielle.

Les ennemis de la fraternité utilisent la fraternité comme élément de profit pour eux, tout en restant égoïstes et narcissiques.
Ce mot est pour eux un élément de conquête par la douceur, en jouant le disque d’imbécillité à l’autre.

Hilter et les nazis avaient enlevé l’humanité aux juifs pour les assimiler aux ras, afin de pouvoir avoir la conscience tranquille pour les tuer sans remords.

Première approche du mot
1 - Les premières utilisations viennent principalement  des religions judéo-chrétiennes. Les pères fondateurs de la religion chrétienne sentaient la fragilité des liens communautaires qu’ils instauraient. L’accord sur une même vision de la société, sur les mêmes rites, ne suffit pas donner un caractère indissolubles aux liens.  Il fallait faire mieux et plus solide que la religion  romaine .Ils se sont sentis obligés de trouver une référence, une analogie qui rendent indiscutable la force et la nature de ce lien. Il fallait sortir de la stricte sphère juive. Il fallait pouvoir intégrer le monde romain et le monde grec. Il y avait nécessité de trouver un lien qui transcende les clivages culturels. Les hommes ont donc été rendus fils de Dieu donc tous reliés par un lien fort et indissoluble puisqu’ils devenaient frères, comme issus du même Père. On ne parle pas de la Mère ce qui est bien naturel en ces temps de polygamie. Il s’agit là d’une des toutes premières récupérations idéologique dans une histoire qui n’en manquera pas par la suite.
           
Dans la Bible, principalement dans le nouveau testament, le mot frère est utilisé plusieurs fois. Il l’est dans ses deux acceptions, biologique et communautariste. Ceux qui ne croient pas,  par définition ne font pas partie de la communauté, et donc la fraternité que l’on pourrait être tenté de leur attribuer  devient toute théorique voire nulle.  C’est ramener la fraternité à la communauté des croyants. La mansuétude que l’on est en droit d’attribuer à l’ignorant est vite contrebalancée par:
- au mieux: il faut vite le convertir,
- au pire: il est trop différent de nous et il faut l’abattre.

Au 18è siècle l’anglais Jonhatan Swift l’avait parfaitement résumé «les hommes ont suffisamment de religion pour s’entre-tuer mais pas assez pour s’aimer ».

Aspects politiques et philosophiques de la Fraternité
En politique, les choses sont elles de même nature? Pourquoi utilise-t-on ce mot? En quoi ce mot est-il justifié? Est-il à sa place? 

L’homme est semble-t-il la seule espèce du règne animal a être capable d’auto extermination.
Rares sont les guerres qui n’ont eu que des motifs de pures conquêtes. Il faut quasiment toujours un support idéologique à l’agression à l’extermination: «Ils sont d’une «race» inférieure», ce sont des ennemis du parti, de notre classe, de la révolution, de dieu».
 Dans la controverse de Valladolid, en 1560 environ, menée entre le représentant du pape et des jésuites en poste en Amérique du Sud   la qualité d’humain n’a pas été octroyée aux humains noirs venant d’Afrique, alors qu’on venait de l’ attribuée aux humains habitants ces contrées avant l’arrivée de Colomb…(il  s’agissait  d’extermination, d’esclavage, d’acculturation).

Il faut toujours justifier une incomplétude dans la qualité d’homme, pour se préparer à l’extermination d’un groupe humain. Ce ci veut dire qu’a contrario qu’il y a des choses qui ne peuvent se faire entre vrais humains; qu’il existe un sentiment d’appartenance à l’universalité à ceux que nous reconnaissons, comme étant de notre famille humaine, c’est ce que je pense être une fraternité, fusse-t-elle minimale.

Les ennemis de la fraternité utilisent la fraternité comme élément de profit pour eux, tout en restant égoïstes et narcissiques.

Ce mot est pour eux un élément de conquête par la douceur, en jouant le disque d’imbécillité à l’autre.

Hilter et les nazis avaient enlevé l’humanité aux juifs pour les assimiler aux ras, afin de pouvoir avoir la conscience tranquille pour les tuer sans remords.
                       
 Les mots parentés  de  la Fraternité
1 – la politesse. C’est une discipline normative plutôt que contraignante. Elle vise moins à l’ordre qu’à une sociabilité aimable. C’est par elle que, mimant les manières de la vertu, nous avons une chance peut-être de devenir vertueux. Même l’amour à besoin que l’on y mette les  formes.

«La politesse observait la Bruyère, n’inspire pas toujours la bonté, l’équité, la complaisance, la gratitude; elle en donne au moins les apparences et fait apparaître l’homme au dehors comme il devrait être intérieurement. Toutefois, je ne mésestime pas l’observation qu’un nazi poli, ou d’un raciste, reste toujours un nazi. «La  morale est un semblant d’amour, la politesse est un semblant de morale kant?»

2 - La douceur.  C’est le refus de faire souffrir, de détruire. Il semble que l’histoire de l’humanité prouve que l’on ne puisse vivre sans douceur. Pour les grecs, la douceur, c’est le contraire de la guerre. C’est le contraire de la colère, de la violence de la dureté. « Au niveau le plus modeste, la douceur désigne la gentillesse des manières, la bienveillance que l’on témoigne envers autrui.

3 - La générosité: Je vous propose la définition de Descartes : « Ainsi je crois que la vraie générosité, qui fait qu’un homme s’estime  au plus haut point qu’il se peut légitimement estimer, consiste seulement, partie en ce qu’il connaît qu’il n’ y a rien qui véritablement lui appartienne que cette libre disposition de ses volontés , ni pourquoi il doive être loué ou blâmé si non pour ce qu’il en use bien ou mal ; et partie en ce qu’il sent en soi-même une ferme et constante résolution d’en bien user, c’est à dire de ne manquer jamais de volonté pour entreprendre et exécuter toutes les choses qu’il jugera être les meilleures. » Même si la rédaction est laborieuse. On comprend bien qu’il s’agit du don,  du don de soi , éventuellement jusqu’au sacrifice, du don d’argent. On ne peut donner que ce que l’on a . Elle est indissociable de la maîtrise de soi de la liberté de le faire. Marcel Mauss disait que nous étions dans la civilisation du don. La générosité si elle est absolue et universelle dispense de la justice. (Hume)

4 - La gratitude: La gratitude ne nous enlève rien, c’est le don en retour , mais sans perte et presque sans objet. La gratitude n’a rien à donner, que ce plaisir d’avoir reçu

5 - L’hospitalité. Dans le monde antique, à l’origine, lorsque l’individu est encore peu protégé par les lois, l’hospitalité est un devoir fondamental et sacré. En Grèce, l’étranger qui demande asile est toujours accueilli comme un envoyé des dieux, sinon comme une divinité en personne. Les poèmes homériques font de fréquentes allusions à l’hospitalité. On est tenu de donner un repas à l’hôte, de le faire asseoir devant le foyer, de lui fournir une couche
En accueillant son hôte, le Romain lui remet la moitié d’un objet, généralement une tête de poisson ou une tête de bélier en terre cuite, et garde l’autre moitié. Ainsi sont scellés par ce geste et par ce symbole un pacte et l’attachement de deux personnes. Sur ces objets sont gravés les noms des contractants. L’hospitalité publique est aussi régie par des conventions internationales, des traités d’amitié ou d’alliance qui ont pour objet de sauvegarder la liberté et les biens des étrangers à Rome. On se rend compte que de nos jours le concept à beaucoup perdu de son importance humaniste.

6 - La compassion: C’est une vision plus orientale, Africaine qu’occidentale de la relation à l’autre. Le Dalaï Lama est appelé par ses fidèles le seigneur de la Compassion. Sympathie et compassion sont synonymes, l’un en grec l’autre en latin. En occident on consomme énormément de sympathie, et l’on fait peu de cas de la compassion.

7 - L’amour: c’est l’attachement de 2 personnes entre elles, certe c’est un peu court pour l’une de nos principales sources d’inspiration, on peut le décomposer en 2 sous ensembles: l’amour n’est pas un devoir (kant) ,

8 – Eros: celui-ci, en grec, est appelé érôs, en latin amor  (français: amour) ou cupido, cupiditas. C’est le désir, l’envie, la passion amoureuse. Erôs est un amour de prise, un amour captatif, intéressé. Erôs est  l’amour des amants, l’amour enflammé,

9 – Agapé  d’après universalis: Le mot grec agapè  signifie affection, amour, tendresse, dévouement. Son équivalent latin est caritas , que nous traduisons par «charité» Généralement, la langue profane emploie agapè pour désigner un amour de parenté ou d’amitié, distinct de l’amour- passion, distinct du désir amoureux. C’est un amour de bienveillance, de prévenance, de courtoisie, un amour désintéressé. Agapè convient principalement à l’amour fraternel, à l’amour paisible et pur, à l’amour altruiste.
 Les textes majeurs qui célèbrent l’agapè chrétienne sont l’hymne à l’amour de la première lettre de Paul aux Corinthiens (XIII) et la première Épître dite de Jean.

10 - La solidarité. C’est le mot à la mode pour parler de fraternité, c’est une forme édulcorée, voire virtuelle de la fraternité.

En Conclusion 
Pour moi, une tâche importante de ce début de siècle serait alors de redonner à la fraternité sa pleine dimension philosophique et anthropologique, pourquoi pas une «philanthropie fondamentale» 
         
Ce travail de refondation anthropologique amènerait alors la fraternité à des questions politiques plus concrètes sur le sens du «vivre ensemble». Un vivre ensemble inéluctablement appelé à se renouveler, compte tenu des impasses actuelles, à partir; de nouvelles expériences collectives, interindividuelles, voire intérieure qui n’ont pas encore été  mises en lumière. C’est cette mise en lumière rationnelle que l’on peut attendre d’une nouvelle réflexion sur la notion de fraternité. Serait alors jeté un nouvel éclairage sur le sens de notre humanité.

Jacob ATA-AYI
 

 

 


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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